Entretien avec Bruno Lafourcade, auteur du roman policier Le Hussard retrouve ses facultés (Auda Isarn, collection « Le Lys Noir »).

Propos recueillis par Fabrice Dutilleul.

Vous venez de publier deux livres, dont un polar, Le Hussard retrouve ses facultés. Qui est ce hussard ?

Le Hussard appartient à une série policiÚre qui paraßt aux éditions Auda Isarn, dans la collection Lys Noir. Ce héros, dont chaque aventure est écrite par un auteur différent, a été imaginé par Francis Bergeron et Pierre Gillieth.

Le Hussard s’appelle en rĂ©alitĂ© Julien Ardant, et il exerce l’honorable profession de libraire – mĂȘme si le nom de sa librairie, Les DĂ©combres, suppose que l’on ne doit pas y trouver les Ɠuvres complĂštes de Mme Angot. Il a vĂ©cu un drame : sa fiancĂ©e, Sophie, est morte pendant les attentats du 13 janvier 2015, alors qu’elle dĂźnait au Petit Cambodge. Depuis, Julien mĂšne une vie de justicier occulte : accompagnĂ© d’un ancien mercenaire, LĂ©opold von Kluge, et d’un journaliste anticonformiste, Pierrick Le Venez, il traque l’injustice partout oĂč elle se prĂ©sente ; il s’en prend aux passeurs de migrants, aux trafiquants de toutes sortes, aux agents dormants de Daech, aux militants associatifs criminels…

Justement, cette fois-ci, dans votre propre enquĂȘte, Julien Ardant s’en prend aux Ă©tudiants antifas qui bloquent rĂ©guliĂšrement les facs
 Autant qu’un roman policier, votre Hussard retrouve ses facultĂ©s est-il un roman politique ?

Oui, et une satire sociale. Tout commence lorsque Julien, qui est en train de vendre « six mĂštres carrĂ©s de Foenkinos » (le lecteur comprendra ce que je veux dire s’il me fait l’amitiĂ© de lire ce livre), reçoit un coup de fil inquiĂ©tant d’une de ses protĂ©gĂ©es, la jeune Lola, Ă©tudiante Ă  Bordeaux. Voici donc notre hĂ©ros parti vers l’universitĂ© Michel-de-Montaigne, bloquĂ©e par des antifas, ces fils de famille qui hurlent contre le capitalisme et deviendront banquiers, comme leurs pĂšres troussaient la bonne avant d’épouser Marie-Edwige. C’est ici que mon roman est une satire : j’ai voulu rire des effrayants et grotesques milieux estudiantins, et des contradictions inhĂ©rentes Ă  leur rĂ©volte en toc. Le lecteur verra de prĂšs Ă  quoi ressemble une fac transformĂ©e en squat, avec ses tags, son cannabis et ses chiens Ă  punks, ses rĂ©unions « en non-mixitĂ© raciale », ses « ateliers vegan » et ses « AG Climat ».

Bien sĂ»r, ce chaos ne convient pas Ă  tous les Ă©tudiants, ni Ă  tous les parents, ni Ă  tous les professeurs : on verra une mĂšre et sa fille, les Lahire, et un universitaire, Guernec, tenter de le faire cesser…

Votre Guernec et l’épisode qui sert de trame Ă  votre roman ressemblent Ă  des Ă©vĂ©nements qui ont eu lieu rĂ©cemment Ă  Montpellier…

Oui, je me suis inspirĂ© d’une affaire absolument rĂ©voltante. En mars 2018, un historien du droit, Jean-Luc Coronel de Boissezon, saluĂ© par ses confrĂšres et ses Ă©tudiants comme un modĂšle de professeur, a Ă©tĂ© accusĂ© d’avoir laissĂ© entrer dans la fac de droit un groupe qui a fichu dehors les antifas qui l’occupaient. Il a Ă©tĂ© mis en examen et placĂ© sous contrĂŽle judiciaire. Pire : avant mĂȘme que la justice se soit prononcĂ©e, et malgrĂ© le soutien de 450 universitaires, une commission disciplinaire de Sorbonne UniversitĂ©s l’a rĂ©voquĂ© Ă  vie et sans traitement. DĂ©sormais, il ne peut enseigner nulle part, ni mĂȘme travailler dans la fonction publique
 C’est en cela, peut-ĂȘtre, que cette satire est aussi un roman politique, et un roman noir.

Le Hussard retrouve ses facultés, Bruno Lafourcade, Auda Isarn, collection « Le Lys Noir).

Le Hussard retrouve ses facultés, Bruno Lafourcade, Auda Isarn, collection « Le Lys Noir).

Les livres des éditions Auda Isarn sont disponibles sur leur site (cliquez ici).

(Blog de Bruno Lafourcade : (cliquez ici)

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