Vous avez dit « PISA »…
par Klaas Malan
(article écrit sans recours à l’Intelligence artificielle)
Moi, j’ai dit PISA ? Comme c’est PISA… D’ailleurs, puisque nous parlons de PISA, son tout dernier classement international, portant sur 2025 et publié en septembre 2026, relève l’ampleur du désastre de l’Éducation nationale : la France se classe 27e sur 91 (mais 27e sur les 38 pays que compte l’OCDE, c’est-à-dire des pays comparables, pays occidentaux plus Australie, Nouvelle Zélande, Japon, Corée du Sud, Israël et Costa Rica) : le naufrage d’un système…
Le programme PISA (acronyme en Global English pour Programme d’enseignement des acquis des élèves) compare les performances de différents systèmes éducatifs nationaux en évaluant les compétences acquises par les élèves de quinze ans, dans leur maîtrise écrite et conceptuelle de la langue maternelle, des mathématiques et des sciences (SVT et physique-chimie). La France est donc 27e…
Les raisons officielles, quantitatives
Quelles sont les raisons de ce naufrage ? Les médias mainstream relaient sans relâche, comme une forme de mantra, les arguments et slogans corporatistes des syndicats d’enseignants, voire lycéens : le naufrage serait lié à deux grands types de causes quantitatives, dans l’enseignement public et dans une moindre mesure dans l’enseignement privé sous contrat :
– le « manque de moyens » financiers, techniques et pratiques (délabrement physique des lieux d’enseignement) ;
– le manque de personnel enseignant (qui sont 367 500 dans le primaire et 485 300 dans le secondaire, soit 852 800) face au trop grand nombre d’élèves (6 024 000 élèves en primaire, 5 583 000 dans le secondaire, soit 11 607 000) à la rentrée 2026.
Ces deux arguments sont faux, voire mensongers : jamais le seul budget de l’Éducation nationale n’a été aussi élevé, en valeur (64,5 milliards d’€ en 2026, contre 45,5 milliards d’€ constants en 1980) et en termes relatifs (2,10 % du PIB et 5 557 €/élève en 2026 ; 23 élèves par classe en 2026, contre 25 en 1980). Budget qui doit être complété par les autres dépenses connexes, reliables, pour former un total que l’on appelle en France les « dépenses intérieures d’éducation » ou DIP, au nom de l’universalité et de la gratuité du « service public d’éducation »… Ces dépenses complémentaires représentent 25,2 milliards d’€ correspondant aux pensions des ex-fonctionnaires de l’Éducation nationale ; et 75,4 milliards correspondant à diverses dépenses (salaires des agents non-enseignants employés par l’Éducation nationale, AESH, bourses scolaires, dépenses de fonctionnement structurel, ensemble des contributions massives des collectivités territoriales pour l’entretien et la rénovation des bâtiments, aides aux familles, à l’apprentissage et à l’enseignement agricole, au périscolaire, etc..) Des dépenses qui sont comptabilisées dans d’autres missions budgétaires que celle de l’Éducation nationale.
L’ensemble des DIP s’élève à 165,1 milliards d’€, soit 5,4 % du PIB et 14 424 € par élève… Et si on ajoute les dépenses liées à l’enseignement supérieur (32 milliards d’€, à titre informatif, mais car elles ne concernent pas stricto sensu notre réflexion), le total s’élève à 197,1 milliards d’euros réalisés en 2025, soit 6,5% du PIB… Manque de moyens… ?
Les vraies raisons, qualitatives
Les vraies raisons sont tout autres, il y a en fait quatre grandes raisons, qualitatives et complémentaires :
– L’effondrement de l’autorité (parentale en amont, puis liée aux structures mêmes du « Système Éducation nationale ») et de la discipline (dans les salles de cours comme dans les cours de récréation), avec l’abandon de toute politique répressive (culture de l’excuse et de la minorité, fin du service militaire obligatoire et des « sections disciplinaires » des régiments) ; et la déresponsabilisation complète des acteurs (parents, ministère, rectorats, enseignants eux-mêmes), phénomènes aggravés par l’utilisation systémique et hors de tout contrôle des réseaux sociaux. Les lycéens ne sont pas des « enfants » et encore moins des « gamins » : en Terminale, ils ont entre 17 et 18 ans, ils sont donc des « adultes du seuil », et une grande partie auront le droit de vote au cours de leur année de Terminale… Et ce face un État de l’« État de droit », un État dépassé, impuissant, émasculé…
– Le gauchisme structurel : objectifs démagogiques (80 % d’une classe d’âge au niveau bac, ce qui est anthropologiquement impossible sans dévalorisation massive des diplômes et massification scolaire aggravée en amont par le système désastreux du « collège unique » de la loi Haby, mis en œuvre depuis 1977; mépris idéologique de toute sélection au nom de l’« égalité » et de la mise en place de véritables filières professionnelles et d’apprentissage, alternatives, entre 13 et 15 ans -15 ans, l’âge d’évaluation du PISA…- pour tous les élèves qui n’ont visiblement rien à faire au lycée, voire au collège, et qui souvent s’y ennuient, en perturbant ceux qui sont réellement motivés pour travailler et apprendre), objectifs pédagogiques qui ont pour conséquence leur traduction en termes de programmes scolaires de destruction civilisationnelle (inclusion et LGBT ; EVARS ; sociologie gauchiste des SES ; illustrations wokistes des manuels scolaires ; recrutement idéologisé des enseignants par l’entre-soi pédagogiste de jurys eux-mêmes gauchistes ; méthodes pédagogiques appliquées issues des sciences de l’éducation, comme les méthodes globale et semi-globale) ; poids encore massif (environ 23% des enseignants sont syndiqués, contre 10 % de la population active totale) des syndicats corporatistes gauchistes (FSU et SE-UNSA, jumeaux frères ennemis issus de l’ex FEN, SGEN-CFDT, SUD Education) et culture historique de la grève et de l’absentéisme. Sans compter les syndicats lycéens (FIDL, MNL et USL), activistes et filiales au lycée des organisations syndicales et politiques de gauche et d’extrême gauche.
– La féminisation du corps enseignant : 86 % des enseignants en primaire sont des femmes, 65 % au collège au lycée, avec ce que cela entraine en termes de rapport à l’autorité : elles n’en ont aucune dans les salles de cours du secondaire, face à des élèves de plus en plus issus de l’espace ethnoculturel et civilisationnel arabo-musulman antiféministe, dont le taux de testostérone et l’agressivité s’élèvent progressivement au collège, puis au lycée
– Et surtout le Grand Remplacement des élèves d’origine européenne par des élèves issus de pays dans lesquels la rancune et la haine envers la France ex-puissance coloniale sont toujours aussi vives. Malgré l’interdiction de statistiques officielles, compte tenu des évolutions démographiques (immigration et naissances d’Extra-Européens), au moins 40 % des élèves testés au PISA sont allogènes. Ce Grand Remplacement non seulement tire l’enseignement vers le bas, mais surtout contamine culturellement les autres élèves qui doivent se contenter d’un niveau attendu de plus en plus médiocre avec pour effet une « afro-maghrébisation » culturelle métastasique (niveau d’enseignement à la baisse, sous-culture « caillera », affrication, saturation de musique rap, style vestimentaire survêtement/sweatshirt à capuche/casquette/sneakers/iPhone comme uniforme conformiste…)
Vous avez dit PISA ? Comme c’est PISA…
Klaas Malan a publié BSV Ouvrage au titre intrigant, BSV est un recueil de seize nouvelles qui s’étirent sur plus de trente-cinq ans, montrant – dénonçant – crûment la déchéance multidimensionnelle de la civilisation occidentale.
Éditions Dutan (126 pages, 17 €) ; pour commander ce livre, cliquez ici.
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