14 août 2026

La priorité du politique

Par Richard Dessens

(article écrit sans recours à l’Intelligence artificielle)

En ce jour sacré de l’Assomption pour les Catholiques, revient la question essentielle des rapports entre religions et politique pour les peuples européens. Si on peut sur le plan philosophique rejeter la religion chrétienne, et catholique en particulier, et ses déclinaisons mortifères, depuis l’humanisme, l’individualisme, le libéralisme, jusqu’aux prétendus droits de l’homme et la déification de l’être humain, autant d’évolutions issues des principes chrétiens originaux, la situation de l’Europe amène aujourd’hui à d’autres priorités existentielles.

En effet, resurgit le vieux conflit de rivalité entre politique et religion, débat théologico-politique qui agita depuis Saint Augustin, les rapports entre l’État et la papauté notamment, depuis Henri IV au XIe siècle jusqu’au Concordat napoléonien entre autres. Cette réactivation conflictuelle est alimentée par l’émergence de la religion musulmane devenue islamisme qui, elle, confond religion et politique dans un même ensemble indissociable et fait de la religion une arme de conquête politique (comme le catholicisme d’ailleurs pendant plus de mille ans !). De son côté, le catholicisme a renoncé à toutes velléités politiques affichées et ne se place plus que sur le plan de la sphère privée de ses adeptes. Entre une religion radicalisée conquérante et une religion effacée, le combat est inégal, car il faut bien parler de « combat » concernant deux philosophies en partie distinctes et même opposées. Par ailleurs, la bienveillance et un pacifisme extrême des Catholiques ne peuvent que les mener à leur destruction comme des moutons menés à l’abattoir. Il n’y a plus de place pour les faibles dans le contexte actuel de conquête. Ils creusent eux-mêmes leur tombe en étant, au plan politique, des alliés innocents, tolérants et béats de leurs ennemis religieux.

Ce « combat » se traduit par des agressions permanentes contre les signes religieux chrétiens : églises pillées, incendiées, violées, prêtre assassiné, religion catholique blasphémée, caricaturée et moquée sans vergogne à la plus grande joie d’une partie des élites politiques. En revanche, l’inverse est inimaginable et malheur à celui qui attaquerait la religion musulmane dans les mêmes proportions et même bien moins.

Mais le combat, apparemment religieux, n’est en réalité qu’une offensive politique à l’échelle européenne, avec la France en fer de lance, eu égard à la proportion des populations musulmanes sur son sol. L’immense majorité des Musulmans n’appréhende bien sûr pas la situation sur un tel critère qui les dépasse et qu’ils rejettent même, mais en est un allié objectif et naïf, qui aurait d’ailleurs à le regretter le jour où la France et l’Europe deviendraient un Califat ; mais trop tard.

L’offensive politico-islamiste a un objectif purement politique, la religion n’en étant que le vecteur prétexte. C’est pourquoi la réponse doit aussi être de même nature pour les valeurs identitaires européennes et françaises en particulier. Le catholicisme fait partie de la culture française, de ses paysages, de sa structure, de ses modes de vie quotidiens, de ses relations interpersonnelles ; l’attaquer revient en réalité à vouloir la destruction des identités européennes, préalable à une conquête politique future et déjà entamée d’ailleurs, en attendant l’élection d’un président de la république musulman voire islamiste.

Dans des circonstances les plus graves pour le devenir de l’Europe, il convient de dégager les priorités réelles impératives, supérieures à toutes autres. Ainsi, s’il ne s’agit pas de défendre la religion catholique, la préservation de la culture chrétienne est un moindre mal au regard des dangers que la poussée politico-islamiste fait peser sur notre civilisation, car c’est dans ces termes que se pose le problème majeur. C’est d’ailleurs le même raisonnement et les mêmes motivations qui amènent à défendre Israël à un moment donné de notre histoire contemporaine. La lutte politico-islamiste contre les Juifs et Israël est la même que celle menée contre l’Occident. La formule « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » pourrait même être utilisée en l’espèce et provisoirement au profit d’Israël notamment.

Ainsi, il convient, compte tenu d’une situation critique pour le devenir de l’Occident, de prendre la défense du christianisme, comme celle d’Israël, dont il est d’ailleurs issu, contre le déferlement mortifère pour notre civilisation d’un islamisme triomphant et soutenu ou minimisé par une partie importante des élites européennes.

C’est un combat politique pour la survie des identités européennes qu’il faut mener, au-delà de croyances chrétiennes, par ailleurs dépassées et enfin moribondes, en en prenant non pas le parti, mais en considérant que le danger islamiste, politique, culturel, lui est bien supérieur.

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