L’envol des rapaces de la République des Lettres
« Sans la diffusion, un livre – serait-ce un chef-d’œuvre ! –
n’est pas grand-chose, voire rien.
Seule compte la puissance de vente »
Entretien avec Philippe Randa
(Propos recueillis par Guirec Sèvres pour le site Synthèse nationale)
Les éditions Grasset sont-elles vraiment dans la tourmente après le licenciement de leur directeur et le départ annoncé de 130 de ses auteurs ?
Le grand public, comme on dit, n’a généralement pas conscience de ce qu’est le monde de l’édition. Il ne connait que les auteurs, parfois le nom de l’éditeur et n’a qu’une très vague idée de ce qu’est un diffuseur. Auteur, éditeur et diffuseur sont certes indissociables de l’existence d’un livre, mais j’ai l’habitude d’expliquer de façon un peu provocante qu’un auteur, ce n’est rien – Quoi ? Mais qu’est-ce que j’ose dire ?! – qu’un éditeur, ce n’est pas grand-chose – Quoi ? Et en plus j’insiste ?! – et que seule compte en fait la diffusion – Euh ?!… J’ajoute que je peux me permettre de dire cela, étant moi-même fils d’un romancier qui « vivait de sa plume » (et pas trop mal), que j’ai écris moi-même près de 150 livres qui m’ont assez bien fait vivre… et que les éditions que j’ai créées ont publié près de 1500 titres différents en 30 ans : je ne dis pas cela par prétention, loin de là – beaucoup ont écris et/ou édité beaucoup mieux que moi, oh que oui ! – mais au moins, cela me permet d’affirmer que sans la diffusion, un livre – serait-ce un chef-d’œuvre ! – n’est pas grand-chose, voire rien. Seule compte la puissance de vente.
Mais alors, ces 130 auteurs des éditions Grasset qui prennent le large, ça n’a pas ou peu d’importance ?
Parmi eux, beaucoup d’inconnus, sauf peut-être de la « République des Lettres », soit un micro-milieu qu’on appelait autrefois « germanopratins » (le quartier Saint-Germain-des-près à Paris) et qu’on a coutume de surnommer désormais les « entre-sois », soit comme l’a nommé Vincent Bolloré, « une petite caste qui se croit au-dessus de tout ». Tous politiquement de gauche, de centre-gauche ou pour les plus téméraires de centre-droit : des noms que le grand public découvrira avec le désintérêt qu’on imagine. Quant aux quelques noms connus, est-on certain que les ventes de leurs livres, si certaines ont pu être conséquentes par le passé – je l’ignore et ce n’est même pas certain – le sont encore aujourd’hui ? Parmi ces noms, tiens, prenons celui d’Anne Sinclair. Connue, certes, très connues même, enfin de tous les plus quarante ans. Elle a publié ses deux derniers livres chez Grasset, mais c’était il y a 5 et 6 ans. Qu’elle aille se faire éditer « ailleurs » que chez Grasset – si tant est qu’elle écrive encore à près de 80 ans, mais pourquoi pas et on ne peut que le lui souhaiter – est-ce vraiment un tremblement de terre littéraire ? Et comme la nature a par principe horreur du vide, Vincent Bolloré a justement émis une évidence : cela permettra à d’autres d’être publiés et de prouver leur talent, si talent ils ont, et le verdict sera alors du ressort des lecteurs et non du copinage politique.
Au-delà de l’avenir littéraire de Grasset, les révélations sur les rémunérations d’Olivier Nora, « passées de 830 000 € à 1,017 millions d’€ » dans un contexte de « performances économiques de la Maison Grasset très décevantes » vous ont-elles choquées ?
Outre le montant vertigineux, c’est surtout les 170 000 € d’augmentation en un an, alors que le chiffre d’affaires de Grasset a baissé sur la même période de 28 % (16,1 millions d’€ en 2024 et 12 millions d’€ en 2025) : performances économiques effectivement « décevantes », mais comment nommer alors l’arrogante rapacité frôlant l’inconscience de ce monsieur ? On se dit que même un capo de la DZ Mafia n’aurait sans doute pas osé.
Philippe Randa vient de publier La Macronie à l’agonie, éditions Dualpha, préface de Michel Festivi, illustrations de Miège, 158 pages, 21 €. Pour obtenir ce livre, cliquez ici.

La Macronie à l’agonie, Philippe Randa, Éditions Dualpha, Collection « Patrimoine des héritages », Préface de Michel Festivi, Illustrations de Miège
(Chroniques barbares XXIII), 158 pages, 21 €.
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