Quiconque parcourt les informations disponibles sur ce sujet va rester sur sa faim, malgré toutes les recherches possibles imaginables auxquelles il se livrera. Il y sera néanmoins vérifié que les journalistes qui pleurnichent sur le supposé complot contre leurs personnes continuent de nous mentir.

Brigitte et Emmanuel Macron et en 2017.

Brigitte et Emmanuel Macron et en 2017.

Le nƓud de ce problĂšme est relatif aux diplĂŽmes qui lui ont permis d’enseigner. Nous allons nous en tenir aux informations vĂ©rifiables et certaines.

Les mĂ©dias qui abordent la question disent presque tous les mĂȘmes choses. Voici l’information type, remarquable par ses imprĂ©cisions et ses non-dits :

CV standard donné par la majeure partie des supports :

Brigitte Trogneux, nĂ©e en avril 1953. AprĂšs des Ă©tudes de lettres classiques et un master en ces matiĂšres (mĂ©moire portant sur « L’amour courtois »), elle passe brillamment son CAPES de lettres classiques, ce qui lui permet d’enseigner le français au prestigieux LycĂ©e La Providence d’Amiens. C’est lĂ  qu’elle a connu Emmanuel Macron, alors ĂągĂ© de 15 ans (variantes suivant les supports : 17 ans, 16 ans, voire pour certains, 14 ans), oĂč elle fut subjuguĂ©e par l’intelligence de ce jeune homme aprĂšs l’avoir vu se produire dans des piĂšces de thĂ©Ăątre, puisque tous les vendredis, dans son LycĂ©e, elle animait l’équipe de thĂ©Ăątre de l’établissement.

Elle quitta La Providence, et enseigna alors à Paris, notamment au Lycée Henri-IV. AprÚs quoi, elle fit valoir ses droits à la retraite. Fin du CV standard.

Dans le dĂ©tail, on trouve plusieurs variantes mineures. Certains journalistes, peu rigoureux semble-t-il, Ă©crivent que Brigitte aurait 20 ans de plus qu’Emmanuel. La vĂ©ritĂ© semble ĂȘtre un Ă©cart vĂ©rifiable de 24 ans. L’un des mĂ©dias Ă©crit : « DiplĂŽmes de Brigitte Macron : agrĂ©gĂ©e de Lettres Classiques. »

DISCUSSION

1) Le flou sur les dates

On a beau chercher :

– On ne trouve nulle part la date Ă  laquelle Brigitte Macron a Ă©tĂ© recrutĂ©e Ă  La Providence, ni la date prĂ©cise oĂč elle y a cessĂ© ses fonctions ;

– On ne trouve nulle part la date à laquelle elle aurait obtenu le CAPES de Lettes Classiques ;

– On ne trouve nulle part la date Ă  laquelle elle aurait obtenu le titre d’agrĂ©gĂ©e de Lettres classiques.

2) Les certitudes sur d’autres dates

Pour comprendre la suite, il faut savoir que l’admission au CAPES confĂšre le devoir, pour l’État, de proposer aux laurĂ©ats, dĂšs la rentrĂ©e suivante, un poste de professeur de LycĂ©e dans la matiĂšre choisie ; en l’espĂšce, ici, les Lettres Classiques.

Ce CAPES-lĂ  est, avec le CAPES d’Histoire, des plus prestigieux et, en mĂȘme temps, des moins faciles Ă  obtenir. Chaque annĂ©e, l’État dĂ©termine le nombre de postes de professeurs de Lettres Classiques (ainsi que de toutes autres matiĂšres) qu’il peut financer, le nombre de ceux qui sont indispensables, et – aprĂšs arbitrages, pas toujours Ă©vidents –, en dĂ©duit le nombre de postes qu’il pourra proposer aux candidats Ă  ces diplĂŽmes. MĂȘme chose pour le concours d’AgrĂ©gation, en quelque matiĂšre que ce soit.

Toutefois, le ministre de l’Éducation nationale peut confĂ©rer, dans des cas exceptionnels, le titre de professeur certifiĂ© ou agrĂ©gĂ© Ă  certaines personnes qui n’ont pas passĂ© le concours. Ces cas, rares, sont rĂ©unis sous l’expression gĂ©nĂ©rale « Le tour extĂ©rieur ». Ces cas exceptionnels sont souvent ceux des personnes qui ont exercĂ© longtemps en LycĂ©e avec conscience professionnelle et compĂ©tence acquise par expĂ©rience et que l’on « intĂšgre » au corps des professeurs certifiĂ©s (voir aussi agrĂ©gĂ©s) par ce tour extĂ©rieur. Ce n’est pas la seule voie possible pour bĂ©nĂ©ficier du tour extĂ©rieur. Le ministre a toute latitude sur ce point.

Il faut Ă©galement savoir que dans les Ă©tablissements d’enseignement privĂ© (le plus souvent confessionnels) sous contrat, le recrutement des enseignants est beaucoup plus libre, de sorte que beaucoup d’entre eux, de longue date, enseignaient dans ces Ă©tablissements sans ĂȘtre titulaires du CAPES, ni a fortiori de l’AgrĂ©gation.

Le ministre François Bayrou mit un peu plus d’ordre dans ce domaine des Ă©tablissements privĂ©s sous contrat en crĂ©ant un concours particulier pour les Ă©tudiants qui dĂ©sirent faire carriĂšre dans ces Ă©tablissements privĂ©s. Ce concours, inspirĂ© de celui du CAPES, est le CAFEP (Certificat d’aptitude aux fonctions d’enseignement dans les Ă©tablissements privĂ©s sous contrat).

En cherchant sur internet de façon exhaustive, on apprend de façon certaine que Brigitte Trogneux est titulaire non pas du CAPES, mais du CAFEP.

Pour y voir clair, on peut par exemple consulter les statistiques (cliquez ici)
 oĂč l’on vĂ©rifiera avec intĂ©rĂȘt qu’il n’y a eu, en 2016, que 307 professeurs recrutĂ©s en Lettres classiques contre 1 307 en Lettres Modernes, et que le nombre total de candidats aux concours publics (agrĂ©gation et divers CAPES) a Ă©tĂ© de l’ordre de 150 000, contre moins de 23 000 pour des concours aux fonctions de professeur dans les Ă©tablissements privĂ©s sous contrat.

Or, le concours du CAFEP n’a Ă©tĂ© crĂ©Ă© qu’en 1995.

Mais tous les mĂ©dias qui Ă©voquent ces questions situent la rencontre initiale entre Brigitte Trogneux et Emmanuel Macron en 1993, lors d’une reprĂ©sentation oĂč ce dernier tenait le rĂŽle d’un Ă©pouvantail dans la troupe de thĂ©Ăątre de La Providence qu’elle animait tous les vendredis.

On en déduit les certitudes suivantes :

1) Brigitte Trogneux a été recrutée par La Providence à une date antérieure ou égale à 1993.

2) Brigitte Trogneux n’avait pas Ă©tĂ© admise Ă  un concours de CAPES au moment oĂč elle a Ă©tĂ© recrutĂ©e Ă  La Providence, puisqu’elle a rĂ©ussi le concours du CAFEP, concours qui n’a Ă©tĂ© instituĂ© qu’en 1995. Si elle avait rĂ©ussi avant 1993 le concours du CAPES, elle n’aurait jamais eu besoin de se prĂ©senter au concours du CAFEP.

3) Donc Brigitte Trogneux n’a jamais Ă©tĂ© admise Ă  un concours de CAPES. Elle a peut-ĂȘtre bĂ©nĂ©ficiĂ©, par la suite, d’un tour extĂ©rieur, ce qui n’est pas dĂ©shonorant bien sĂ»r. Mais les mĂ©dias Ă©prouvent le besoin de remplacer « CAFEP » par « CAPES », ce qui cause du tort Ă  Brigitte Trogneux, car cette inexactitude n’est pas neutre, elle laisse entendre que le CAPES aurait plus de valeur, tout au moins aux yeux du grand public, que le CAFEP. Comment ces journalistes ont-ils pu croire un seul instant que la vĂ©ritĂ© n’allait jamais sortir ?

4) De mĂȘme, en passant un peu trop vite sur les dĂ©tails prĂ©cis, ces mĂ©dias causent du tort Ă  Brigitte Trogneux en ne donnant ni les dates prĂ©cises d’entrĂ©e et de sortie de Brigitte Trogneux Ă  La Providence, ni, Ă  supposer que ce soit vrai, les dates oĂč elle aurait obtenu le titre non nĂ©gligeable de professeur certifiĂ© de Lettres Classiques, voire celui, trĂšs enviĂ©, de professeur agrĂ©gĂ©e de Lettres Classiques. Pire, on aimerait des dĂ©tails sur ses enseignements allĂ©guĂ©s au LycĂ©e Henri IV, en tout premier lieu Ă  quelle date et pour quel type exact d’enseignement.

En conclusion, les Français sont trĂšs attachĂ©s aux recrutements de fonctionnaires de l’État par concours ouverts Ă  tous, moyennant des conditions portant sur leurs seules aptitudes et titres professionnels antĂ©rieurs garantissant leur aptitude Ă  exercer ces fonctions. Ces concours sont la clĂ© de voĂ»te de la mĂ©ritocratie et de l’élitisme rĂ©publicains ainsi que de l’ascenseur social.

Pour une personne qui est devenue « premiÚre dame de France », les Français ont droit à la vérité claire et précise.

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