La dĂ©cision du 14 septembre dernier a dĂ©jĂ  fait l’effet d’une bombe atomique dans le monde orthodoxe. Le patriarcat de Moscou rompait une partie de ses liens avec le patriarcat ƓcumĂ©nique de Constantinople, ce qui signifiait l’absence d’émissaires moscovites aux assemblĂ©es Ă©piscopales, aux commissions et autres structures prĂ©sidĂ©es par des reprĂ©sentants du Phanar, la rĂ©sidence du patriarche BartholomĂ©e Ier.

En matiĂšre liturgique, les Ă©glises russes ne prient plus pour lui. Il s’agit d’une nouvelle rupture de communion dont le prĂ©cĂ©dent remontait en 1999 Ă  propos de la juridiction appropriĂ©e des orthodoxes d’Estonie. La rupture est devenue dĂ©finitive le 15 octobre dernier. Moscou ne reconnaĂźt plus l’autoritĂ© de Constantinople !

La cause de cette crise majeure, semblable au Grand Schisme d’Occident (1378 – 1417/1422), porte sur l’Ukraine. En dehors des minoritĂ©s juives, musulmanes et paĂŻennes et malgrĂ© une augmentation sensible de l’athĂ©isme d’une part et des sectes Ă©vangĂ©liques protestantes financĂ©es par Washington, d’autre part, l’Ukraine reste une nation chrĂ©tienne profondĂ©ment divisĂ©e.

À l’Ouest vivent les catholiques de rite grec encore appelĂ©s de façon pĂ©jorative « uniates », soit des orthodoxes qui reconnaissent le magistĂšre romain. Chez les orthodoxes, la situation est plus compliquĂ©e encore. L’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou promeut l’union Ă©troite entre la Russie poutinienne et l’Ukraine, berceau de la Rus’. Elle doit cependant composer avec deux autres factions pour l’instant non reconnues par les autres Églises orthodoxes : l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de KyĂŻv fondĂ©e en 1992 et une Église orthodoxe autocĂ©phale ukrainienne apparue en 1920, surtout prĂ©sente en Galicie. Il faut enfin compter avec les Églises orthodoxes ukrainiennes de la diaspora sous juridiction du patriarcat de Constantinople


À l’initiative du prĂ©sident ukrainien Petro Porochenko, l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de KyĂŻv et l’Église orthodoxe autocĂ©phale ukrainienne viennent de se rapprocher. Elles nĂ©gocient leur Ă©ventuelle union et tentent en Ă©change d’obtenir de BartholomĂ©e Ier la reconnaissance canonique, Ă  savoir l’autocĂ©phalie.

En 2007, Vladimir Poutine rĂ©ussissait la communion eucharistique et l’unitĂ© canonique entre l’Église russe hors frontiĂšres et le patriarcat de Moscou qui ne veut surtout pas de cette autocĂ©phalie qui la priverait de la moitiĂ© de ses fidĂšles et n’hĂ©site plus Ă  contester ouvertement l’autoritĂ© du Phanar. En juin 2016, lors d’un concile panorthodoxe tenu en CrĂšte sous la prĂ©sidence de BartholomĂ©e Ier, les patriarcats d’Antioche, de Moscou, de GĂ©orgie et de Bulgarie, refusĂšrent de s’y rendre.

Le principal motif en Ă©tait la trop grande proximitĂ© de Constantinople avec l’hĂ©rĂ©sie moderne romano-germanique occidentale. Entre aussi en jeu le long contentieux sur l’hĂ©ritage byzantin revendiquĂ© par les deux parties. Par ailleurs, le patriarche Kirill de Moscou n’oublie pas que le patriarche de Constantinople fut le troisiĂšme dignitaire de l’Empire ottoman et qu’il doit ĂȘtre depuis les dĂ©buts de la RĂ©publique de nationalitĂ© turque, ce qui le place sous la tutelle indirecte d’Ankara. En outre, son entourage serait sensible aux sollicitations Ă©tatsuniennes.

Le patriarcat de Constantinople voit donc son autoritĂ© contestĂ©e. Ce n’est pas une nouveautĂ©. Depuis les annĂ©es 1960, l’un des vingt monastĂšres qui forment la RĂ©publique monastique du Mont-Athos en GrĂšce, Esphigmenou, est en rĂ©bellion ouverte au nom de la tradition vieille-calendariste. Il ne serait pas Ă©tonnant que le patriarcat de Moscou se dĂ©cide maintenant Ă  soutenir en toute discrĂ©tion cette vieille opposition.

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