DĂ©pense-t-on trop pour les banlieues ? Le nouveau plan Borloo suscite les critiques ou le scepticisme. Pour certains, on finance le multiculturalisme, pour d’autres on finance la dĂ©francisation. Si on pense qu’à coups d’argent, on va rĂ©soudre les problĂšmes posĂ©s par l’immigration, trĂšs prĂ©sente en banlieue mais guĂšre plus que dans toutes les grandes villes, on se trompe. Si on pense que la crise d’identitĂ© se rĂ©soudra par des financements supplĂ©mentaires, on va dans le mur. L’identitĂ©, pas plus que l’école, n’est d’abord principalement une question de moyens.

banlieue francaise

Quand j’étais enfant, mon Ă©cole primaire, rue Escudier Ă  Boulogne-Billancourt, Ă©tait, vers 1963-1966, trĂšs modeste et mal chauffĂ©e. On y travaillait pourtant trĂšs bien et on y apprenait quelque chose. Mais si un nouveau plan banlieue ne rĂ©sout pas des problĂšmes qui relĂšvent de la politique d’immigration et de la politique de sĂ©curitĂ© publique, dĂ©pense-t-on « trop et pour rien » pour « la banlieue », en d’autres termes, pour ses habitants ?

« Nous sommes la premiĂšre civilisation Ă  s’ĂȘtre ruinĂ©e pour financer son propre anĂ©antissement », dit Alain Finkielkraut. Mais quel rapport avec la banlieue ? C’est l’immigration qui coĂ»te cher Ă  la collectivitĂ© et constitue l’armĂ©e de rĂ©serve du capital. C’est l’ouverture aux flux migratoires voulue par nos gouvernants et par l’Union europĂ©enne qui consiste Ă  privatiser les bĂ©nĂ©fices (faire baisser le coĂ»t de la main-d’Ɠuvre) et Ă  socialiser les coĂ»ts sociaux, sociĂ©taux, culturels et identitaires reportĂ©s sur le peuple de France, y compris les immigrĂ©s qui avaient commencĂ© Ă  s’intĂ©grer et qui sont dĂ©stabilisĂ©s par une immigration sans cesse renouvelĂ©e.

Ce qu’il faut incriminer, c’est la politique consistant Ă  tolĂ©rer l’entrĂ©e d’une masse de clandestins en en expulsant de temps en temps seulement une petite minoritĂ©, clandestins que l’on trouve bien souvent dans les cuisines des bons restaurants ou chez les sous-traitants de gros chantiers, et que l’État finit vite par rĂ©gulariser car le capitalisme a besoin de cette main-d’Ɠuvre fragile, sans tradition syndicale, et flexible. Si on ne dit pas cela, on dĂ©nonce l’effet sans dĂ©noncer la cause, et c’est ce que font la plupart des nĂ©o-conservateurs français.

Et l’argent de la politique de la ville ? Parlons-en. La politique de la ville reprĂ©sente quelque 500 millions par an. C’est 1/1000e des dĂ©penses de l’État (qui sont de 500 milliards par an). Et cela dans un pays dont le PIB est de 2 200 milliards. Et dans la durĂ©e ? Sur 23 ans, de 1989 Ă  2012, la politique de la ville incluant la rĂ©novation urbaine a coĂ»tĂ© 90 milliards (dont 40 pour le plan Borloo 2003-2012). Cela fait en moyenne 3,9 milliards par an : 0,18 % du PIB.

À comparer aux 140 milliards/an du budget de l’éducation nationale : 6 % du PIB. Ce n’est pas grand-chose non plus, comparĂ© aux 41 milliards d’allĂšgements de charges pour les entreprises en 2017. DĂ©penser moins de 4 milliards par an pour une population vivant dans un cadre de vie souvent dĂ©gradĂ©, ou mal conçu dĂšs le dĂ©part, souvent loin des transports, des emplois, voire des commerces, est-ce trop ?

Car justement, c’est une des grandes questions : qui est concernĂ© par cette politique ? Les simples habitants des quartiers de grands ensembles – qui ne sont pas toute la banlieue – sont quelque 6 millions. Soit 10 % de la population française.

En rĂ©gion parisienne (« aire urbaine de Paris » en termes technocratiques), sur 14 millions d’habitants, 12 millions vivent hors Paris intra « pĂ©riphĂ©rique », c’est-Ă -dire pour la plupart en banlieue. Il n’est pas absurde de dĂ©penser pour amĂ©liorer leurs transports, Ă©clairage public, etc.

Il y a dans ces quartiers des gens qui travaillent, de toute origine, et mĂȘme des enfants qui apprennent, et aussi, du reste, des Français de souche. Ayant vĂ©cu plusieurs dĂ©cennies dans des HLM de Seine-Saint-Denis et du Val de Marne, je peux en tĂ©moigner. Croit-on qu’il n’y a plus un seul Français de souche en banlieue ? En fonction des quartiers, de 40 Ă  80 % des habitants (comme le rappelle Xavier Raufer) sont issus de l’immigration. Que fait-on ? On laisse tomber nos compatriotes de banlieue ? On abandonne les travailleurs, immigrĂ©s ou pas, de banlieue au racket de bandes de « jeunes », au pillage des vĂ©hicules de chantier des artisans ?

Quant au prĂ©cĂ©dent plan Borloo de 2003-2012, il a surtout permis de lourdes rĂ©novations urbaines qui ont Ă©tĂ© une aubaine pour les grands groupes du bĂątiment. Si, pour le coup, on raisonnait – ce qui serait rĂ©ducteur – en simple comptable, comme ceux qui mettent en avant le coĂ»t « exorbitant » de la politique de la ville, il faudrait inclure dans le bilan l’impact positif sur la croissance de ces travaux.

La vraie question est donc ailleurs. Le « millefeuille administratif » de la politique de la ville (Xavier Raufer) doit ĂȘtre Ă©videmment simplifiĂ©. Le terme mĂȘme de « politique de la ville » est trompeur. Il faut tout simplement dire que les banlieusards ont droit, comme chacun, Ă  la qualitĂ© urbaine, Ă  la sĂ©curitĂ©, aux transports, et Ă  ne pas vivre dans des ghettos, ni dans des « territoires perdus », tenus par des bandes de dĂ©linquants.

Les subventions aux associations doivent ĂȘtre strictement contrĂŽlĂ©es pour ne pas constituer une pompe aspirante de l’immigration. Et surtout, rĂ©pĂ©tons-le, les dĂ©penses pour les banlieues doivent intĂ©grer un des premiers besoins des habitants, c’est-Ă -dire la sĂ©curitĂ©. Il faut ainsi en finir avec le laxisme et la peur des « bavures » dans des quartiers oĂč la « bavure » est quotidienne et consiste dans la prĂ©sence de bandes de racailles, trafiquants, avec parfois une continuitĂ© de parcours ou des complicitĂ©s avec des djihadistes. Il faut bien entendu aussi refuser toute « discrimination positive » entretenant une logique victimaire.

En d’autres termes, il faut faire du social si on entend par social, par exemple, du soutien scolaire, mais il faut aussi faire du rĂ©pressif et remettre les banlieues dans le droit commun de notre pays, et c’est la condition mĂȘme du social.

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A propos de l'auteur

Pierre Le Vigan

Pierre Le Vigan est urbaniste et travaille dans le domaine du logement social. Il a abordĂ© des sujets trĂšs divers, de la danse Ă  l’idĂ©ologie des droits de l’homme, en tentant toujours de s’écarter des pensĂ©es prĂ©fabriquĂ©es. Attentif tant aux mouvements sociĂ©taux, aux mƓurs qu’aux idĂ©es philosophiques, il a publiĂ© de nombreux articles dans la revue "ÉlĂ©ments" et a Ă©tĂ© un collabore de "Flash Infos magazine" ; il collabore Ă©galement Ă  plusieurs sites internet (Polemia, Emprise, etc.). Il est l'auteur de plusieurs livres.

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