Par Olivier Bault.

Le Premier ministre britannique Theresa May, en visite en Afrique du Sud avant de rejoindre le Kenya puis le Nigeria pour renforcer les liens avec le continent noir aprĂšs le Brexit, a dĂ©clarĂ© mardi au Cap que son gouvernement soutenait la rĂ©forme agraire engagĂ©e par le prĂ©sident Cyril Ramaphosa, de l’ANC, du moment qu’elle Ă©tait lĂ©gale et transparente et qu’elle Ă©tait dĂ©cidĂ©e de maniĂšre dĂ©mocratique. Pour rappel, l’ANC a dĂ©cidĂ© fin juillet de modifier la constitution sud-africaine comme le demandait le parti racialiste noir d’extrĂȘme gauche Economic Freedom Fighters (Combattants pour la libertĂ© Ă©conomique, EFF) afin de pouvoir exproprier les fermiers blancs sans compensation. L’ANC et l’EFF disposant ensemble d’une majoritĂ© constitutionnelle au Parlement, le processus pourra se faire de maniĂšre dĂ©mocratique, lĂ©gale et transparente ainsi que le demande Mme May.

Gerard Batten, le leader de l’UKIP, n’a pas mĂąchĂ© ses mots : « Que Mme May soit aux cĂŽtĂ©s du dirigeant d’un pays qui adopte ces politiques racistes est condamnable. Ce gouvernement [celui de Theresa May, NDLR] n’a absolument aucune crĂ©dibilitĂ© quand il parle de protĂ©ger les droits de l’homme [
]. Les fermiers blancs voient leurs terres confisquĂ©es, ils sont attaquĂ©s et assassinĂ©s pour la simple raison qu’ils sont Blancs. Ce devrait ĂȘtre le devoir des dirigeants internationaux d’élever la voix contre ce qui est une forme d’épuration raciale, au lieu de cautionner cela avec des rĂ©fĂ©rences alambiquĂ©es Ă  la lĂ©galitĂ©. »

« Égorger la blanchitude »

Au contraire de la Britannique Theresa May, l’AmĂ©ricain Donald Trump annonçait le 23 aoĂ»t avoir demandĂ© Ă  son secrĂ©taire d’Etat Mike Pompeo d’étudier de prĂšs la question « des saisies et expropriations de terres et de fermes et des meurtres de fermiers blancs commis Ă  grande Ă©chelle ». Sur le site Change.org, une pĂ©tition demandant au prĂ©sident amĂ©ricain de permettre aux Boers d’émigrer aux Etats-Unis, lancĂ©e aprĂšs la proposition par l’EFF au printemps d’une rĂ©solution du Parlement sud-africain en faveur d’expropriations sans compensation, a recueilli plus de 23 000 signatures.

Le leader de l’EFF, le marxiste Julius Malema, appelle les Blancs de son pays des « criminels » qui « ont volé » la terre. Il assurait en novembre 2016 devant un tribunal devant lequel il comparaissait pour des manifestations illĂ©gales : « Nous n’appelons pas au massacre des Blancs, du moins pour le moment » (sic). Une autre fois, il expliquait : « Nous sommes en train d’égorger la blanchitude. » En juin, Malema, qui se prĂ©sente sur son compte Twitter comme « commandant en chef des Combattants pour la libertĂ© Ă©conomique (EFF) et militant rĂ©volutionnaire pour un changement radical en Afrique », rĂ©pondait Ă  un tweet l’accusant d’avoir organisĂ© des meurtres de fermiers blancs par un autre tweet laconique : « Peut-ĂȘtre que oui, peut-ĂȘtre que non. » Sur les banderoles de ce parti Ă  l’origine de l’initiative en faveur des expropriations sans compensation soutenues par le prĂ©sident Ramaphosa et dĂ©sormais par Theresa May, on peut lire des slogans racistes dans le style « La lune de miel est terminĂ©e pour les Blancs en Afrique du Sud » ou menaçants dans le style « Un rĂ©volutionnaire doit devenir une vieille machine Ă  tuer ».

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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