par Francis Bergeron (francis-bergeron@present.fr).

Mon article de PrĂ©sent du 11 avril dernier consacrĂ© au projet de rĂ©fĂ©rendum contre une privatisation d’AĂ©roports de Paris brocardait essentiellement le ralliement des RĂ©publicains – censĂ©s ĂȘtre de droite – Ă  une initiative menĂ©e par les socialistes, avec le soutien trĂšs actif des communistes. Les RĂ©publicains tentĂšrent un temps de s’opposer Ă  l’intĂ©gration des mĂ©lenchonistes Ă  ce front d’opposition, mais ce sont les socialistes et les communistes qui ont imposĂ© leur loi aux RĂ©publicains. L’article de PrĂ©sent fustigeait donc pour l’essentiel ce front contre nature, dont Ă©taient bien Ă©videmment exclus les souverainistes et les identitaires de droite.

Mais surtout il s’agissait lĂ  d’un authentique piĂšge, dans lequel la droite de gestion, la droite qui pense Ă  gauche, est tombĂ©e Ă  pieds joints : le premier rĂ©fĂ©rendum risque donc d’ĂȘtre un rĂ©fĂ©rendum sur la nationalisation d’ADP, et en fait, plus globalement, un rĂ©fĂ©rendum sur le principe des nationalisations, c’est-Ă -dire sur un totem des gauches les plus radicales. Alors que les thĂšmes de l’immigration, du fiscalisme, de la souverainetĂ©, de la peine de mort, de la PMA et de l’avortement, du mariage homo, de l’insĂ©curitĂ©, du terrorisme, de l’islamisme, ou mĂȘme de la proportionnelle, ne seront jamais, eux, Ă©ligibles au rĂ©fĂ©rendum ?

VoilĂ  ce que racontait cet article, sans se prononcer sur le sujet pris pour prĂ©texte : l’opposition Ă  une privatisation d’ADP.

Boris Vallaud - Najat Vallaud-Belkacem

La gestion d’un aĂ©roport fait-elle partie du domaine rĂ©galien ?

Mais la une de PrĂ©sent de ce mĂȘme 11 avril : « Les dĂ©putĂ©s contre la privatisation des aĂ©roports. Le rĂ©fĂ©rendum de la derniĂšre chance » n’avait strictement aucun rapport avec mon article. Cette une Ă©voquait tout autre chose. Elle sous-entendait que s’opposer Ă  la privatisation d’ADP Ă©tait un combat Ă  mener, qui plus est un combat « de la derniĂšre chance. »

On imagine le raisonnement : privatiser, c’est priver le pays d’un patrimoine, d’une souverainetĂ© nationale. Comme si la propriĂ©tĂ© privĂ©e Ă©tait antinomique de la notion mĂȘme de patrie. Elle peut sans doute l’ĂȘtre, parfois, mais toute la question est de savoir si la gestion d’un aĂ©roport fait partie du domaine rĂ©galien. Pour ma part, je n’en suis pas convaincu. La sociĂ©tĂ© d’Etat ADP ne dĂ©cide pas des rĂšgles relatives aux flux migratoires par voie aĂ©rienne, elle n’est pas responsable des autorisations d’importation de marchandises faisant concurrence Ă  nos produits, pas davantage de la surveillance desislamistes et des apprentisterroristes. La souverainetĂ© nationale, c’est lĂ  qu’elle se joue, ce n’est pas au niveau de la conception des parkings, de l’entretien des pistes, ou de la gestion des boutiques et des restaurants.

Mais il y a les questions de sĂ©curitĂ©, direz-vous. SĂ©curitĂ© des bĂątiments ? L’effondrement du terminal 2E, en 2004, qui avait causĂ© la mort de quatre personnes nous rappelle que le statut juridique de l’établissement n’est pas une garantie, sur ce plan. Il en est de mĂȘme de la sĂ©curitĂ© des personnes, y compris face au terrorisme.

Quant Ă  l’argument de « l’Etat stratĂšge », est-il vraiment pertinent quand il s’agit d’un aĂ©roport civil ? Les incroyables errements de « l’État stratĂšge » concernant l’aĂ©roport Notre-Dame-des-Landes relativisent beaucoup ce mythe.

L’affaire du refus de privatisation d’ADP, au nom du souverainisme (le PS serait devenu souverainiste ? PremiĂšre nouvelle !) ressemble Ă  la campagne, en fĂ©vrier, contre la fusion d’Alstom et Siemens, au nom de ce mĂȘme principe : l’autarcie complĂšte est un autre mythe, et face Ă  des gĂ©ants, chinois ou autres, de tels rapprochements, des fusions d’entreprises europĂ©ennes, peuvent avoir du sens. Hurler Ă  l’altĂ©ration de la souverainetĂ© nationale pour un oui ou pour un non peut parfois n’ĂȘtre qu’une position caricaturale.

La subsidiaritĂ© doit ĂȘtre un principe, mais tout n’est pas « subsidiarisable » Ă  l’intĂ©rieur d’un seul pays. Question de moyens. Question d’échelle. En tout cas le veto de Bruxelles Ă  cette fusion Ă©tait sans rapport avec une quelconque protection des souverainetĂ©s nationales.

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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