par François Marchand, écrivain.

François Marchand.

François Marchand.

Parfois, par chance, le syndiquĂ© CGT a raison. Le recul de l’ñge de la retraite n’a en effet aucun sens. Ce dogme repose en effet sur deux arguments : en premier lieu, l’espĂ©rance de vie augmente, il est donc logique d’augmenter Ă  due concurrence l’ñge de la retraite. En second lieu, il y a de moins en moins d’actifs par rapport au nombre de retraitĂ©s, il faut donc veiller Ă  ce que le dĂ©sĂ©quilibre ne soit pas tel qu’il conduise Ă  rendre impossible le financement des uns par les autres.

Le premier argument est ressassĂ© indĂ©finiment : un ancien ministre a par exemple Ă©voquĂ© Ă  la radio une hausse de l’espĂ©rance de vie « de quarante ans » depuis un siĂšcle. Ce calcul est inopĂ©rant. Car il prend en considĂ©ration l’espĂ©rance de vie Ă  la naissance, laquelle est sans intĂ©rĂȘt pour savoir combien de temps nous pouvons espĂ©rer vivre au moment de l’ñge de la retraite. La hausse de l’espĂ©rance de vie Ă  la naissance est due en partie Ă  la chute de la mortalitĂ© infantile, catĂ©gorie qui n’est que modestement concernĂ©e par la question de la retraite. Si on prend en considĂ©ration l’espĂ©rance de vie Ă  soixante ans, la hausse est beaucoup moins spectaculaire. Sans parler du fait que jadis, en cas de maladie grave, on mourrait, sauf exception, bien vite et bien sagement, tandis que l’époque actuelle ne vous propose dans un tel cas qu’une survie mĂ©dicalisĂ©e et mĂ©dicamentĂ©e dans un Ă©tat dĂ©gradĂ©.

Le deuxiĂšme argument, Ă  premiĂšre vue, semble plus valable : il est en fait anachronique. Il renvoie en effet Ă  une Ă©poque oĂč les actifs produisaient et alimentaient donc aussi les inactifs, qui ne produisaient pas. Or, ça fait belle lurette que lĂ  oĂč il fallait hier cent ouvriers, il en faut aujourd’hui un – et encore, il est lĂ  pour surveiller la machine. Seule une partie de la population aujourd’hui produit ou participe au processus de production, ou plus gĂ©nĂ©ralement peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme utile. Dans cette catĂ©gorie, plaçons par exemple, entre autres, les caristes, les routiers, les ouvriers du BTP, les profs du primaire et du secondaire, les conducteurs de train de marchandise, les soudeurs Ă  l’argon et bien d’autres. Sans eux, il ne se passe pas grand-chose. Qu’y a-t-il donc dans l’autre catĂ©gorie, celle des actifs inutiles, qui augmente chaque jour ? HĂ© bien, par exemple, nous y trouverons un spĂ©cialiste du management par projet. Ou de la conduite du changement. Autant dire que ce n’est pas lui qui finance actuellement les retraites, puisque non seulement il ne produit rien, ne sert Ă  rien, mais coĂ»te trĂšs cher : en salaires, bureau, et idĂ©es (le but des cadres est aujourd’hui de rendre la vie impossible Ă  ceux qui travaillent Ă  force de rĂ©unions ou d’indicateurs Ă  remplir). Ce type-lĂ , il serait du reste plus efficient de le mettre Ă  la retraite Ă  25 ans : ça coĂ»terait beaucoup moins cher Ă  la sociĂ©tĂ©, mĂȘme si lui, Ă©videmment, espĂšre, pour des raisons financiĂšres, « travailler » jusqu’à 70 ans.

Autrement dit, il est absurde de se soucier du financement des retraites plutĂŽt que de celui des salaires versĂ©s dans notre superstructure privĂ©e ou publique (qui, chaque jour, crĂ©Ă© de nouveaux postes dispendieux et parfaitement absurdes). Comment, du reste, parvient-on aujourd’hui Ă  entretenir cette armĂ©e de parasites supĂ©rieurs qui constitue un hommage lointain Ă  ce qu’avait dĂ©crit dans les annĂ©es trente Trotsky au sujet de la rĂ©volution russe « confisquĂ©e par la bureaucratie » ? HĂ© bien, grĂące aux « politiques accommodantes » des banques centrales commencĂ©es il y a une dizaine d’annĂ©es. L’État, les entreprises, tout le monde se finance Ă  taux zĂ©ro, indĂ©finiment. L’argent n’est plus un problĂšme : il tombe du ciel. Le dĂ©ficit annuel du systĂšme actuel de retraite doit reprĂ©senter Ă  peu prĂšs deux semaines de quantitative easing moyen de la BCE. Devant ce guichet ouvert des banques centrales prĂȘt Ă  couvrir sans condition n’importe quel trou de caisse, la question du financement de retraites apparaĂźt telle qu’elle est : une plaisanterie financiĂšre. En somme, le fameux slogan du syndiquĂ© CGT « de l’argent, y’en a », Ă  premiĂšre vue dĂ©magogique et absurde, est devenu vrai. C’est de l’argent dont personne n’est capable de dire ce qu’il vaut mais, en tout cas, on peut accepter dans un tel contexte de parasitisme gĂ©nĂ©ral dont profitent les Ă©lites de laisser subsister quelques avantages de certains systĂšmes de retraite.

OĂč l’on voit donc que nos Ă©lites sont infiniment plus avides que leurs homologues de jadis. Les chĂątelains, autrefois, acceptaient l’idĂ©e d’un pourcentage minimal de coulage de la part de l’intendant ou du palefrenier. Et en tout cas, il ne leur serait pas venu Ă  l’idĂ©e de leur donner des leçons de productivitĂ©.

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