CONNAISSEZ-VOUS LE TERRITOIRE DE CEUTA ? POUR L’OFFICE DU TOURISME MAROCAIN, C’EST UNE « TOUCHE ESPAGNOLE SUR LE TERRITOIRE MAROCAIN ». LA VILLE AUTONOME ESPAGNOLE DE CEUTA A EN EFFET UNE FRONTIÈRE DIRECTE AVEC LE MAROC. POUR DE NOMBREUX MIGRANTS, CETTE ENCLAVE OCCIDENTALE SUR LE CONTINENT AFRICAIN EST LA PORTE D’ENTRÉE DE L’EUROPE. DES ENTRÉES SOUVENT ILLÉGALES ET PARFOIS VIOLENTES Y ONT LIEU, COMME CELA A ÉTÉ LE CAS LE 22 AOÛT 2018. LA COUVERTURE MÉDIATIQUE DE CES ÉVÉNEMENTS A ÉTÉ DISCRÈTE EN FRANCE.

LE CHOC DES PHOTOS

On se souvient que la dite crise migratoire a pris un nouveau tournant en septembre 2015 avec la publication de la photo d’un enfant dĂ©nommĂ© Aylan Ă©chouĂ© sur une plage. C’était selon L’Express « la photo choc du drame des migrants ». Une photo publiĂ©e en couverture de nombreux journaux et magazines dont la violence morbide avait pour objectif avouĂ© d’influencer l’opinion publique rĂ©ticente Ă  l’immigration massive. Nous y avions consacré un article dĂ©taillĂ©. L’objectif a Ă©tĂ© atteint : la chanceliĂšre allemande a ouvert les frontiĂšres et des centaines de milliers de clandestins se sont engouffrĂ©s dans la brĂšche.

Le 6 juillet 2017, LibĂ©ration a essayĂ© de renouveler l’effet causĂ© en septembre 2015 en publiant en couverture du journal une photo d’une femme noyĂ©e en mer mĂ©diterranĂ©e. L’initiative a eu moins de retentissement mais a permis d’entretenir l’influence de la gauche sur la politique migratoire française, comme en tĂ©moigne l’accueil quasi systĂ©matique par la France de clandestins Ă  bord de bateaux d’ONG dĂ©barquant sur les cĂŽtes europĂ©ennes.

Le territoire espagnol de Ceuta au nord de l’Afrique est devenu depuis quelques annĂ©es un nouveau point de passage pour des milliers de clandestins. Leur dĂ©termination et parfois leur violence contrastent avec l’image pacifique des « rĂ©fugiĂ©s » arrivant en bateau en Europe montrĂ©e par les mĂ©dias mainstream, comme celle reprise par La Croix. Les assauts contre les gardes civils espagnols les 26 juillet et 22 aoĂ»t 2018 illustrent de façon Ă©difiante la pression migratoire aux portes de l’Europe. Nous revenons sur la couverture mĂ©diatique et les photos publiĂ©es Ă  cette occasion, qui en disent long sur la volontĂ© de minimiser ces Ă©vĂ©nements.

LA COUVERTURE PAR TROIS JOURNAUX ESPAGNOLS

Parmi les principaux titres de presse espagnols, le quotidien El Mundo nous informe que « plus d’une centaine de migrants sont arrivĂ©s Ă  Ceuta en jetant de la chaux vive sur des policiers ». « Ils ont rĂ©ussi Ă  utiliser des cisailles, des objets contondants,  ainsi que de la chaux vive, de l’acide de batterie et des excrĂ©ments qui ont Ă©tĂ© jetĂ©s sur les policiers, comme cela a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© le cas le 26 juillet dernier ». Trois photos illustrent l’article : la premiĂšre montre des dizaines de clandestins pieds et torse nus en file indienne, les deux autres reprĂ©sentent les armes et outils de fortune des migrants : bouteilles contenant de l’acide, cisailles et marteaux. Le nombre de mots de l’article (674) et de photos tĂ©moignent de l’importance donnĂ©e Ă  l’évĂ©nement.

El Pais consacre un reportage de 15 photos au « nouvel assaut massif Ă  Ceuta » et un article (1 168 mots) qui souligne que « le deuxiĂšme assaut massif de migrants en un mois, qui a fait 12 blessĂ©s, 7 gardes civils et 5 migrants » ne remet pas en cause la dĂ©cision du Ministre de l’intĂ©rieur de remplacer les barbelĂ©s des barriĂšres par un systĂšme moins dangereux. Une vidĂ©o montre les clandestins en liesse aprĂšs avoir forcĂ© la frontiĂšre et une photo reprĂ©sente les projectiles utilisĂ©s.

Le journal ABC dĂ©crit les Ă©vĂ©nements et constate l’impuissance de la garde civile espagnole, « qui n’a pas pu contenir les migrants supĂ©rieurs en nombre et en raison de leur violence ». « Plus de 800 migrants ont rĂ©ussi Ă  passer la frontiĂšre illĂ©galement Ă  Ceuta depuis un mois». Une vidĂ©o illustre un article assez dĂ©taillĂ©.

EN FRANCE : UNE COUVERTURE EN MODE MINEUR

Le 26 juillet, Le Monde nous informait d’un assaut prĂ©cĂ©dent celui du 22 aoĂ»t : «  plus de 600 migrants africains ont rĂ©ussi Ă  entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc ». « Cent trente-deux migrants et vingt-deux agents de sĂ©curitĂ© ont toutefois Ă©tĂ© blessĂ©s ». On notera la formule impersonnelle pour relater ces Ă©vĂ©nements, qui Ă©lude de dĂ©signer les agresseurs et les victimes.

Mais c’est sur des Ă©vĂ©nements plus rĂ©cents que nous nous attarderons : le 22 aoĂ»t, ils Ă©taient selon La Croix encore 115 Ă  « avoir rĂ©ussi, non sans se blesser,  à escalader les murailles de barbelĂ©s tranchants comme des rasoirs qui enserrent les deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, en terre marocaine et en jetant de la chaux et de l’acide en direction des forces de l’ordre ».

France 2 met en avant le fait que les migrants « laissent exploser leur joie. Au terme d’un pĂ©riple parfois long de plusieurs mois, ces migrants ont atteint leur but : rejoindre l’Europe ». Ce n’est que dans la deuxiĂšme partie du reportage que des dĂ©tails sur l’assaut violent sont donnĂ©s.

Dans un reportage en ligne Ă©manant de l’AFP, L’Obs s’attarde sur les blessures que se sont faits les « jeunes rĂ©fugiĂ©s » lors du passage des barriĂšres. Les blessures des gardes civils espagnols sont rĂ©sumĂ©es en une phrase laconique. Le Point, Ă  l’instar de L’Express, Le Figaro, BFMTV, etc. titre « Une centaine de migrants forcent la frontiĂšre Maroc-Espagne ». L’hebdomadaire donne aussitĂŽt une note positive à l’évĂ©nement : « Une centaine de migrants sont fous de joie aprĂšs avoir rĂ©ussi Ă  pĂ©nĂ©trer dans l’enclave espagnole de Ceuta en escaladant la haute clĂŽture frontaliĂšre avec le Maroc, blessant lĂ©gĂšrement plusieurs agents ». Joie d’un cĂŽtĂ©, blessures lĂ©gĂšres de l’autre, on peut en conclure que ce n’est pas si grave. Europe 1 reprend les Ă©lĂ©ments de langage dispensĂ©s par l’AFP prĂ©sents dans quasiment tous les articles : les policiers ont Ă©tĂ© « lĂ©gĂšrement blessĂ©s ». La palme de la discrĂ©tion revient au Parisien qui rĂ©sume le 23 aoĂ»t dans un entrefilet le passage en force des clandestins africains : « Espagne : prĂšs de 115 migrants sont parvenus Ă  forcer l’enclave espagnole de Ceuta avec le Maroc, hier. Ils Ă©taient environ 300 Ă  tenter d’escalader la clĂŽture de 6 m de haut servant de frontiĂšre, blessant lĂ©gĂšrement au passage sept gardes-frontiĂšres, selon les autoritĂ©s. L’Espagne est la premiĂšre porte d’entrĂ©e en Europe pour les migrants, devant l’Italie et la GrĂšce ».

DES PHOTOS EXPURGÉES EN FRANCE

Si les photos et les vidĂ©os de l’assaut de la frontiĂšre ont manifestement Ă©tĂ© prises par des clandestins, aucune n’illustre les scĂšnes de violence (jet d’acide, de sang, d’excrĂ©ment et de chaux vive), ni les brĂ»lures et blessures des gardes civils, pourtant constatĂ©es notamment par El Diario. El Mundo et El Pais illustrent par des photos les projectiles utilisĂ©s par les clandestins, ce que les mĂ©dias français ne font pas.

Les photos publiĂ©es reflĂštent peu la pression migratoire Ă  Ceuta, visible dans le centre de rĂ©tention Ă  saturation, comme l’indique le journal ABC. Concernant le contenu des articles, les blessures et la joie des clandestins qui ont rĂ©ussi Ă  forcer la frontiĂšre sont parfois Ă©voquĂ©es (par La Croix, France 2) avant les « blessures » qu’ils ont infligĂ©es aux policiers espagnols. Des blessures qui sont toujours qualifiĂ©es de « lĂ©gĂšres ». On n’en saura pas plus sur les consĂ©quences des jets d’acide, d’excrĂ©ments et de chaux vive sur les gardes civils, premiers actes d’insertion des clandestins en Europe.

De mĂȘme, on ne saura pas en lisant les articles des medias mainstream que le gouvernement espagnol a rĂ©cemment Ă©mis des signaux positifs envers les clandestins, en annonçant la suppression des barbelĂ©s aux clĂŽtures de la frontiĂšre et le bĂ©nĂ©fice de l’aide mĂ©dicale. Un effet de pompe aspirante dont les effets n’ont pas tardĂ© Ă  se faire sentir.

Article publiĂ© sur le site de l’OJIM.

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