En 2002 la ville de QuĂ©bec Ă©tait secouĂ©e par une terrible nouvelle : un important rĂ©seau de prostitution juvĂ©nile opĂ©rait depuis des annĂ©es au cƓur de la capitale nationale, petite ville calme et paisible. L’aspect ethnique de l’affaire Ă©tait indĂ©niable : les proxĂ©nĂštes Ă©taient issus d’un gang haĂŻtien, les jeunes prostituĂ©es Ă©taient des jeunes quĂ©bĂ©coises de souche et nombre de clients Ă©taient des Libanais. L’enquĂȘte fut stoppĂ©e, ce qui crĂ©a un tollĂ© monstre (voir Le Canada français de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille, p. 201-2), mais au fil des ans, les gens tournĂšrent la page et cette rĂ©alitĂ© disparut des prĂ©occupations des citoyens, au point que pour la plupart des gens, le fait qu’on n’en parlait plus dans les mĂ©dias signifiait que cette prostitution juvĂ©nile, vĂ©ritable traite des blanches, n’existait plus. La rĂ©cente sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e Fugueuse a ramenĂ© cette rĂ©alitĂ© occultĂ©e au premier plan.

Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille de Jean-Claude Rolinat et RĂ©mi Tremblay, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », dirigĂ©e par Philippe Randa, 260 pages, 25 euros.

Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille de Jean-Claude Rolinat et RĂ©mi Tremblay, Ă©ditions Dualpha, collection « VĂ©ritĂ©s pour l’Histoire », dirigĂ©e par Philippe Randa, 260 pages, 25 euros.

Dans les derniĂšres annĂ©es, si les mĂ©dias n’en parlaient pas, cela ne signifiait aucunement que cette traite des blanches avait cessĂ©, comme en tĂ©moigne le cas de l’HaĂŻtien Josue Jean accusĂ© de proxĂ©nĂ©tisme et traite de personne qui souhaiterait voir son procĂšs avortĂ© Ă  cause de la longueur des procĂ©dures.

De plus, en 2015, Arielle DesAbysses avait racontĂ© dans une autobiographie son calvaire aux mains d’un gang haĂŻtien qui l’avait forcĂ© Ă  se prostituer, qui l’avait sĂ©questrĂ©e, violĂ©e et brutalisĂ©e et tout ça, alors qu’elle n’était ĂągĂ©e que de 14 ans (14 ans et portĂ©e disparue, Éditions de Mortagne).

Ces cas ne sont que la pointe de l’iceberg. Ce flĂ©au est si rĂ©pandu au QuĂ©bec que l’inspecteur Patrice Carrier de la police de MontrĂ©al pouvait affirmer en fĂ©vrier 2016 que le QuĂ©bec « était la seule province Ă  exporter des filles » vers le reste du Canada.

MontrĂ©al, oĂč les gangs agissent en toute impunitĂ© serait « une plaque tournante du sexe au Canada », et de ce fait, le prix des jeunes QuĂ©bĂ©coises serait « ridiculement bas. »

Véritable aubaine puisque chaque fille rapporterait environ 300 000 $ par an.

Les donnĂ©es sur l’ampleur de ce phĂ©nomĂšne sont fragmentaires, mais l’on sait qu’en 2015, 1 800 dossiers de disparitions concernant des filles mineures ont Ă©tĂ© ouverts Ă  MontrĂ©al, annĂ©e oĂč seuls 23 hommes ont Ă©tĂ© accusĂ©s pour proxĂ©nĂ©tisme, la moitiĂ© exploitaient des mineures.

Dans son ouvrage, Arielle DesAbysses, citant des sources officielles, parlait de 4 000 jeunes filles se prostituant Ă  MontrĂ©al et de 1 300 enfants disparus au pays qui seraient forcĂ©s Ă  la prostitution, en plus de ceux importĂ©s d’Europe de l’est. Dans la Capitale nationale, il y a 30 Ă  40 jeunes filles qui sont recueillies par le DĂ©partement de la protection de la jeunesse chaque annĂ©e.

L’exploitation sexuelle des mineures est loin de s’essouffler selon Nathalie ThĂ©riault, chef de l’UnitĂ© sur l’exploitation sexuelle de mineurs au Service de police de la Ville de QuĂ©bec qui explique que le Web facilite le travail des pimps (proxĂ©nĂštes) pour recruter et offrir les services de leurs esclaves. Les esclaves modernes ne sont plus louĂ©es sur les coins de rue, mais sur des sites internet.

GrĂące Ă  Fugueuse, on parle aujourd’hui de ce trafic humain, mais le grand tabou reste celui de l’ethnicitĂ©. Les mĂ©dias mettent en avant le fait que les proxĂ©nĂštes soient des hommes et suivant la logique du #moiaussi prĂ©sentent le tout comme l’exploitation de la femme par l’homme misogyne. C’est lĂ  occulter l’aspect ethnique de la chose.

En 2005, deux criminologues de l’UniversitĂ© de MontrĂ©al rĂ©vĂ©laient dans un rapport qui ne fut pas mĂ©diatisĂ© le vrai visage des proxĂ©nĂštes opĂ©rant au QuĂ©bec : les garçons de race blanche seraient sous-reprĂ©sentĂ©s dans le domaine du proxĂ©nĂ©tisme. En effet, Normand, intervenant en milieu policier, rapporte que 80 % des pimps seraient de race noire, se rĂ©partissant entre 60 % d’HaĂŻtiens et 20 % de JamaĂŻcains. Selon ce dernier, les proxĂ©nĂštes originaires du ZaĂŻre seraient de plus en plus prĂ©sents dans le milieu, tout comme les Russes.

Richard, intervenant en centre jeunesse, affirme, pour sa part, que 70 % Ă  80 % des pimps seraient d’origine haĂŻtienne : « Ben Ă©coute le profil
 je te dirais pour 80 % de ces gars, c’est des jeunes gĂ©nĂ©ralement haĂŻtiens pour au moins 70 %-80 % du total des gens qu’on a nous autres, que j’ai eus du moins Ă  frĂ©quenter dans le cadre de mon travail » (Richard, intervenant en centre jeunesse).

Le mĂȘme constat est aussi fait par Pierre, intervenant en milieu policier : « Les pimps ne sont pas quĂ©bĂ©cois. Ils proviennent tous de minoritĂ©s visibles et se promĂšnent en voiture de luxe » (Pierre, milieu policier) (1).

ValĂ©rie Plante, maire de MontrĂ©al, qui souhaite combattre le sexisme tout en combattant le profilage ethnique, nouvelle lubie des bien-pensants qui considĂšre la surreprĂ©sentation des ethnies dans les statistiques criminelles comme une preuve du racisme des policiers, devrait prendre bonne note. Ce n’est pas en jouant au poker avec des dames qui valent la mĂȘme chose que les rois qu’elle mettra fin Ă  ce flĂ©au qui menace les jeunes QuĂ©bĂ©coises.

 

Note

(1) Les cahiers de recherches criminologiques no 42, Université de Montréal,

PROSTITUTION JUVÉNILE : ÉTUDE SUR LE PROFIL DES PROXÉNÈTES ET LEUR PRATIQUE À PARTIR DES PERCEPTIONS QU’EN ONT DES INTERVENANTS-CLÉS par Guylaine Paradis et Marie-Marthe Cousineau, 2005 http://www.cicc.umontreal.ca/files/prod/publication_files/CRC_2005_N42.pdf

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