Sociologues, analystes de l’opinion et politologues se rĂ©jouissent de cette fin d’annĂ©e : les « Gilets jaunes » leur fournissent de longues heures d’études supplĂ©mentaires. HĂ©tĂ©rogĂšne tant par sa composition sociale que par sa structuration par l’ñge, le sexe et les origines gĂ©ographiques, ce mouvement inĂ©dit de contestation politico-sociale valide l’avertissement sur la « fracture sociale » Ă©noncĂ©e en 1994-1995 par Marcel Gauchet dans une note devenue cĂ©lĂšbre de la Fondation Saint-Simon.

Outre l’hostilitĂ© Ă  la hausse de la taxe carbone, Ă  l’augmentation des carburants, Ă  la multiplication rĂ©pressive des radars routiers et au refus de la chertĂ© de la vie courante, les « Gilets jaunes », quasi unanimes, rĂ©clament le RIC, le rĂ©fĂ©rendum d’initiative citoyenne. Une consultation serait organisĂ©e Ă  partir du dĂ©pĂŽt d’un nombre prĂ©cis de signatures de citoyens selon le principe du voisin suisse. Loin de souhaiter un quelconque pouvoir autoritaire charismatique, les « Gilets jaunes » veulent l’extension du domaine dĂ©mocratique Ă  leur quotidien. Ainsi se rapprochent-ils d’une formation, transalpine celle-lĂ , dont la couleur emblĂ©matique est aussi le jaune, le Mouvement Cinq Étoiles.

Il est ironique d’entendre les « Gilets jaunes » rĂ©clamer plus de dĂ©mocratie directe quand un mois avant le dĂ©but de leur action disparaissait, le 10 octobre dernier, Yvan Blot. Haut fonctionnaire en retraite, collaborateur aux premiers numĂ©ros de Nouvelle École, cofondateur du Club de l’Horloge et ancien Ă©lu du RPR chiraquien et du FN de  Jean-Marie Le Pen avant de rallier les RĂ©publicains, cet essayiste se passionnait pour les modes de dĂ©mocratie participative au point d’en devenir un spĂ©cialiste Ă©minent. Il n’hĂ©sitait pas Ă  assister aux assemblĂ©es populaires cantonales dans les Alpes suisses et observait l’emploi du rĂ©fĂ©rendum en Allemagne Ă  l’échelle des communes et des LĂ€nder, en Italie et aux États-Unis, en particulier en Californie. Par-delĂ  un abord assez froid et distant, il aurait pu donner son point de vue pertinent aux « Gilets jaunes ». Vedette sur Internet depuis un excellent examen du TraitĂ© constitutionnel europĂ©en en 2005, Étienne Chouard soutient lui aussi le recours rĂ©fĂ©rendaire comme facteur de redynamisation de la dĂ©mocratie et de rĂ©affirmation de l’implication politique des citoyens. On retrouve chez les « Gilets jaunes » une aspiration dĂ©mocratique radicale trĂšs similaire aux discussions un temps exprimĂ©es par le phĂ©nomĂšne – urbain et bobo – « Nuit Debout ».

Il faut reconnaĂźtre que le rĂ©fĂ©rendum d’initiative populaire (RIP) ne reprĂ©sente pas la panacĂ©e. Dans le cadre actuel d’institutions biaisĂ©es, l’exĂ©cutif, les tribunaux, les mĂ©dias et le Conseil constitutionnel en limiteraient la pratique. Le RIP peut mĂȘme parfois desservir le bien commun. L’interdiction rĂ©fĂ©rendaire des minarets en Suisse en 2009 masque d’autres consultations plus ou moins rĂ©centes qui ligotent la souverainetĂ© helvĂ©tique dans les mailles des traitĂ©s internationaux ou entĂ©rinent des lois liberticides.

Certains « Gilets jaunes » l’ont compris puisqu’ils ajoutent en outre la rĂ©vocation permanente des Ă©lus. Inscrite dans la constitution bolivarienne du Venezuela de feu Hugo Chavez et proposĂ©e par La France insoumise, cette procĂ©dure existe depuis longtemps en Californie. On oublie que si l’acteur Arnold Schwarzenegger fut pendant sept annĂ©es gouverneur rĂ©publicain de cet État, il le dut en 2003 Ă  une pĂ©tition rĂ©vocatoire qui destitua par un vote populaire le gouverneur dĂ©mocrate Gray Davis et dĂ©signa Ă  la majoritĂ© relative son successeur pour achever le mandat en cours.

Le rĂ©fĂ©rendum d’initiative populaire (ou citoyenne) et la rĂ©vocation des Ă©lus complĂ©teraient la proposition lĂ©gislative d’initiative populaire, la fin des subventions publiques aux partis politiques, aux syndicats et aux associations mĂ©morielles tronquĂ©es ainsi que le tirage au sort d’une partie non nĂ©gligeable des assemblĂ©es locales. Ces mesures pourraient dans un premier temps ne concerner que le cadre local, ce qui renforcerait le localisme. Il va de soi que ces innovations institutionnelles ne rĂ©gleront pas la crise profonde de la « dĂ©mocratie » occidentale, car sa rĂ©solution ne peut passer que par une remise en question intĂ©rieure des prĂ©occupations souvent matĂ©rialistes de chacun d’entre nous.

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