« Il n’y a plus assez d’argent pour payer les retraites,
celles d’aujourd’hui et plus encore celles de demain

C’est une prioritĂ© que seuls les Français
continuent de refuser d’admettre »

manifestation

Entretien avec Philippe Randa, directeur du site de la réinformation européenne EuroLibertés.

(Propos recueillis par Guirec SĂšvres pour le site SynthĂšse nationale)

Les grĂšves contre la rĂ©forme des retraites paralysent la France depuis le 5 dĂ©cembre
 On se demandait si les syndicats allaient rĂ©ussir Ă  reprendre la main ; Ă  l’évidence, oui : le nombre des manifestants a Ă©tĂ© trĂšs important jeudi dernier et la grĂšve dans les transports publics se poursuit depuis
 Quelle issue Ă  cette crise ?

Qui peut le savoir vraiment ? Pourtant, il y en aura une, forcĂ©ment, Ă  ce bras de fer. Cette rĂ©forme des retraites, prĂ©sentĂ©e comme LE projet phare du quinquennat d’Emmanuel Macron, mais par essence terriblement clivante – personne n’y comprend grand chose et tout le monde craint Ă  tort ou Ă  raison d’en ĂȘtre personnellement perdant –, aurait dĂ» ĂȘtre imposĂ©e en 2017, sitĂŽt son arrivĂ©e Ă  l’ÉlysĂ©e. Cette rĂ©forme Ă©tait dans son programme, sa majoritĂ© l’aurait votĂ©e dans la foulĂ©e et c’était pliĂ©e ; de plus, cela aurait Ă©tĂ© un signe « fort » (quoi que l’on pense de cette rĂ©forme) de la gouvernance macronienne ; elle aurait accrĂ©ditĂ©e la thĂšse que ce jeune PrĂ©sident Ă©tait un homme d’action, qui, contrairement Ă  ses prĂ©dĂ©cesseurs, faisait ce qu’il avait promis
 Il aurait pris tout le monde de court. Attendre comme il l’a fait deux annĂ©es et demie ne pouvait donner qu’une opportunitĂ© inespĂ©rĂ©e de redevenir lĂ©gitimes Ă  des syndicats dĂ©crĂ©dibilisĂ©s.

Pourquoi alors  Emmanuel Macron a-t-il attendu pour faire passer cette réforme ?

Sans doute parce que lui et ceux qui l’entourent – comme la grande majoritĂ© de ceux qui ont accĂ©dĂ© aux Pouvoirs ces trente derniĂšres annĂ©es – n’étaient en 2017 obsĂ©dĂ©s que par la conquĂȘte du Pouvoir, pas par ce qu’ils comptaient y faire. ArrivĂ©s aux Affaires, dĂ©couvrant peut-ĂȘtre une situation pire que ce qu’ils imaginaient et imbus d’une certitude de supĂ©rioritĂ© dĂ©cuplĂ©e par leur victoire, Emmanuel Macron et Edouard Philippe n’ont de cesse de parer au plus pressĂ©, appliquant au jour le jour une politique du « doigt mouillĂ© », les yeux rivĂ©s sur les sondages (l’obsession de tout Ă©lu !) et obsĂ©dĂ©s par leur rĂ©Ă©lection future.

Dans ce cas, pourquoi ont-il lancé en 2019 cette réforme des retraites qui ne pouvait que leur attirer des ennuis si prévisibles ?

Parce qu’il n’y a plus assez d’argent pour payer les retraites, celles d’aujourd’hui et plus encore celles de demain
 C’est une prioritĂ© que seuls les Français continuent de refuser d’admettre. Donc, il y a urgence. Et, cette annĂ©e, Emmanuel Macron a connu une victoire Ă©clatante  face Ă  la bronca des Gilets jaunes, Ă  laquelle il ne s’attendait probablement pas : il a dĂ©couvert cette « autre France » dont il ne soupçonnait mĂȘme pas l’existence. Il a su habilement manƓuvrer, d’abord par l’enfumage, trois mois durant, de son « grand dĂ©bat sur tout le territoire et ouvert Ă  tous les Français », puis par la violence de la rĂ©pression policiĂšre contre les manifestants, parallĂšlement au discrĂ©dit que les Blacks Blocs ont jetĂ©s – en toute impunitĂ© – sur les Gilets jaunes auxquels les mĂ©dias les ont aussitĂŽt assimilĂ©s. S’étant dĂ©barrassĂ© d’eux, du moins dans la rue, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont dĂ» penser par ailleurs que les syndicats Ă©taient trop discrĂ©ditĂ©s pour reprĂ©senter encore une menace. L’excellent (vu les circonstances) rĂ©sultat de la liste LAREM aux Ă©lections europĂ©ennes – battu d’un point seulement par celle du Rassemblement national, tandis que Les RĂ©publicains et La France insoumise s’écroulaient – les a confortĂ©s dans cette certitude.

Tout le monde s’entend pour admettre qu’il faille rĂ©former le systĂšme des retraites
 Mais personne n’est d’accord sur les modalitĂ©s ; vous-mĂȘme, vous en pensez quoi ?

Petit souvenir personnel : j’avais une douzaine d’annĂ©e, dĂ©but donc des annĂ©es 70. Je revois mon pĂšre m’expliquer qu’il ne fallait pas que je songe Ă  ma retraite future parce qu’à l’ñge oĂč je serais sensĂ© y avoir droit, il n’y aurait pas suffisamment d’argent pour payer les retraites
 Trente ans durant, quand je racontais cette « paternelle prophĂ©tie », tout le monde souriait, me faisant comprendre que bon ! hein ! papa Ă©tait bien gentil, mais un peu farfelu, n’est-ce pas ?
 Et puis, les annĂ©es passant, les sourires se sont crispĂ©s jusqu’à disparaĂźtre


Et donc ?

La retraite comme la sĂ©curitĂ© sociale sont des tabous. Les supprimer Ă©tant hors de question, une solution possible est que l’une et l’autre soient maintenues ; tout le monde sera content, ouf !

Oui mais ! la sĂ©curitĂ© sociale commence dĂ©jĂ  Ă  rembourser de moins en moins de mĂ©dicaments, de moins en moins de soins, de moins en moins de prise en charge diverses et variĂ©es
 et ça s’accĂ©lĂšre d’annĂ©e en annĂ©e.

Oui mais ! la retraite, elle, pourrait ĂȘtre un jour imposĂ©e Ă  un minimum pour tous, quelles qu’aient pu ĂȘtre les cotisations des uns ou des autres et ce, au nom de la « solidaritĂ© citoyenne » ; certains l’évoquent dĂ©jĂ , prĂ©textant que les anciennes gĂ©nĂ©rations ont eu la chance de connaĂźtre le « plein emploi » et qu’il leur faut donc ĂȘtre solidaires avec les nouvelles gĂ©nĂ©rations pour les lesquelles le travail fait dĂ©faut


Tiens, vous ne souriez pas ? Pas mĂȘme un sourire un peu crispé ? Pourquoi ?

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A propos de l'auteur

Philippe Randa

Directeur du site EuroLibertĂ©s. Ancien auditeur de l’Institut des Hautes Études de DĂ©fense Nationale, chroniqueur politique, Ă©diteur (Ă©ditions Dualpha, DĂ©terna et L'Æncre) et auteur de plus d’une centaine de livres. SociĂ©taire de l’émission « Bistrot LibertĂ© » sur TVLibertĂ©s, il y co-anime Ă©galement avec Roland HĂ©lie l'Ă©mission « SynthĂšse » chaque semaine. Derniers livres publiĂ©s : "Le dĂ©fi" (avec Marie-Simone Poublon) aux Ă©ditions Dualpha et "Le dictionnaire sulfureux" aux Ă©ditions SynthĂšse nationale.

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