Le 18 septembre dernier, 110 millions d’électeurs russes ont Ă©lu leurs dĂ©putĂ©s Ă  la Douma d’État pour les cinq prochaines annĂ©es. Les Occidentaux dĂ©noncĂšrent pour l’occasion les restrictions faites aux candidats d’opposition prĂ©vues par le code Ă©lectoral. Ces Ăąmes sensibles devraient plutĂŽt regarder en Californie oĂč les candidatures indĂ©pendantes sont quasi impossibles, en France et en Grande-Bretagne oĂč des forces politiques importantes ne sont guĂšre reprĂ©sentĂ©es au Parlement.

Ces lĂ©gislatives sont un bon prĂ©texte pour Ă©voquer Un printemps russe, l’essai trĂšs intĂ©ressant d’Alexandre Latsa (Éditions des Syrtes, 2016, 309 p., 20 €). Français vivant et travaillant Ă  Moscou, l’auteur donne aussi sur des sites russes francophones un point de vue bien diffĂ©rent des habituels fantasmes journalistiques hexagonaux.

Dans cet ouvrage subjectif et engagĂ©, l’auteur, s’il ne cache pas que la corruption demeure le principal problĂšme social, estime que Vladimir Poutine a relevĂ© la Russie, relĂšvement entamĂ©, rappelle-t-il, – on l’oublie trop souvent – par Evgueni Primakov, le Premier ministre de Boris Eltsine en 1998 – 1999. Dans la dĂ©cennie 1990, le pays sombrait dans le dĂ©sordre, le risque d’éclatement sĂ©paratiste, une criminalitĂ© exponentielle, la paupĂ©risation gĂ©nĂ©ralisĂ©e de la population et la confiscation des ressources nationales par une bande de financiers aventuriers et vĂ©reux, les futurs oligarques. Le rĂ©tablissement de l’ordre exigĂ© et rĂ©alisĂ© par un jeune prĂ©sident issu du KGB passa par la rĂ©duction de toutes les forces centripĂštes. C’est pourquoi le parti Russie unie monopolise la vie politique. Mais n’est-ce pas le cas avec l’ANC en Afrique du Sud ou la sociale-dĂ©mocratie suĂ©doise ?

Y appliquer les critĂšres de l’Occident est une erreur grossiĂšre, affirme Alexandre Latsa, car la Russie est un État-continent qui abrite en son sein une trĂšs grande diversitĂ© ethnique et spirituelle. Moscou demeure la capitale de l’ultime Empire qui ne saurait ĂȘtre un quelconque État-nation. L’unitĂ© (dans la diversitĂ© culturelle assumĂ©e) de ce trĂšs vaste espace prime sur les droits individuels. Faut-il cependant au nom de cette unitĂ© se rĂ©jouir comme le fait l’auteur de l’annexion de la CrimĂ©e et du conflit dans l’Est de l’Ukraine ? Les EuropĂ©ens devraient plutĂŽt s’entendre face Ă  des menaces plus sĂ©rieuses : les banksters, le mondialisme, l’immigration, l’islamisme et la sociĂ©tĂ© de consommation.

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  • « Chronique hebdomadaire du Village planĂ©taire », n° 2, diffusĂ©e sur Radio LibertĂ©s, le 23 septembre 2016, vers 8 h 20.
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