Par Olivier Bault.

En visite Ă  Varsovie du 19 au 21 septembre 2018, une dĂ©lĂ©gation de la Commission des libertĂ©s civiles, de la justice et des affaires intĂ©rieures (LIBE) du Parlement europĂ©en a rencontrĂ©, outre des membres du gouvernement et des organes constitutionnels polonais, des reprĂ©sentants des mĂ©dias et de la sociĂ©tĂ© civile. La Commission LIBE prĂ©pare en effet un rapport sur la dĂ©mocratie et l’état de droit en Pologne, sur le modĂšle du rapport Sargentini qui a servi de base au vote du 12 septembre 2018 contre la Hongrie. Un vote au rĂ©sultat contesté d’ailleurs, et qui va ĂȘtre portĂ© par Budapest devant la Cour de Justice de l’UE. En attendant, la prĂ©paration de ce nouveau rapport du Parlement europĂ©en nous apporte un Ă©clairage trĂšs intĂ©ressant sur la maniĂšre trĂšs peu dĂ©mocratique dont fonctionne l’assemblĂ©e de Strasbourg.

Le député au Parlement européen Marek Jurek exclu de la délégation sur décision du rapporteur Moraes

Passons sur le fait que ces rapports sur les pays dirigĂ©s par des partis conservateurs sont systĂ©matiquement confiĂ©s aux reprĂ©sentants de la gauche la plus sectaire : pour la Hongrie, le rapporteur Ă©tait le dĂ©putĂ© « vert » nĂ©erlandais Judith Sargentini ; pour la Pologne, c’est le prĂ©sident de la Commission LIBE en personne, c’est-Ă -dire le travailliste britannique Claude Moraes. Claude Moraes, pour cette visite « d’étude » en Pologne, a rĂ©ussi Ă  faire voter par la majoritĂ© gauche-libĂ©rale-libertaire de la Commission LIBE un principe ad hoc selon lequel il fallait exclure les dĂ©putĂ©s polonais de la dĂ©lĂ©gation pour « garantir sa pleine objectivité ».

L’utilisation de cette expression nous est rapportĂ©e par le dĂ©putĂ© polonais Marek Jurek, contactĂ© mardi au tĂ©lĂ©phone, qui est justement le membre de la Commission LIBE visĂ© par cette exclusion surprenante fondĂ©e sur un critĂšre de nationalitĂ©. Marek Jurek : « Ils viennent rappeler [aux Polonais] que la majoritĂ© n’a pas tous les droits, or Moraes explique que “c’était la volontĂ© de la majoritĂ©â€ [de m’exclure] ».

Nicolas Bay, membre de la dĂ©lĂ©gation (il aurait peut-ĂȘtre Ă©tĂ© dĂ©licat d’exclure aussi les Français pour « garantir une pleine objectivité »), Ă©galement joint hier par votre correspondant, explique : « Nous avons dĂ©jĂ  pu voir Ă  Strasbourg, la semaine derniĂšre, que le rapport Sargentini sur “la situation de l’État de droit en Hongrie” Ă©tait Ă  charge, et avait pour seul objectif de sanctionner ce pays, non pas sur d’hypothĂ©tiques manquements mais bien Ă  cause de son refus d’accueillir des migrants clandestins, ce qui montre bien que l’UE est en pleine dĂ©rive punitive. Cette mission de la commission LIBE Ă  Varsovie, dont le programme consiste, pour ce qui est de la sociĂ©tĂ© civile, Ă  ne rencontrer presque que des ONG politisĂ©es et hostiles, dĂ©montre un indĂ©niable parti pris. »

Pour parler de la liberté des médias en Pologne, uniquement quatre médias hostiles au PiS

Et en effet, le programme des rencontres, auquel nous avons eu accĂšs (version encore provisoire de mardi soir, la veille du vol pour Varsovie), prĂ©voit par exemple, pour parler de la libertĂ©s des mĂ©dias, des discussions avec les reprĂ©sentants de quatre mĂ©dias (en fait cinq, mais deux appartiennent au mĂȘme groupe mĂ©diatique financĂ© par George Soros), tous hostiles au PiS, dont trois radicalement hostiles au PiS, et dont les positionnements s’étendent de la gauche libertaire au libĂ©ralisme libertaire. Aucun mĂ©dia conservateur ni aucune association de journalistes n’a Ă©tĂ© invitĂ© pour parler de la libertĂ© des mĂ©dias en Pologne. Pour ce qui est de la sociĂ©tĂ© civile, Marek Jurek a rĂ©ussi Ă  imposer la prĂ©sence d’une ONG conservatrice, l’Institut Ordo Iuris, grĂące au soutien des groupes Conservateurs et RĂ©formistes europĂ©ens (auquel il appartient, aux cĂŽtĂ©s des dĂ©putĂ©s du PiS) et Europe des Nations et des LibertĂ©s (RN, Ligue, FPÖ, etc.). Cette ONG est l’exception qui confirme la rĂšgle, puisque toutes les autres voix, au nombre de 12, reprĂ©sentent l’opposition la plus radicale et/ou les organisations abortionnistes (qui remettent en cause l’ordre constitutionnel polonais) et libĂ©rales-libertaires, dont plusieurs organisations financĂ©es par l’Open Society Foundations de Soros.

La Commission LIBE ne souhaite pas rencontrer le deuxiùme parti d’opposition, sans doute trop conservateur lui aussi

Des rencontres sont prĂ©vues avec les groupes parlementaires du parti Plateforme civique (PO) de l’actuel prĂ©sident du Conseil europĂ©en Donald Tusk, du PSL, un parti agraire qui Ă©tait alliĂ© Ă  la PO sous Donald Tusk, et de Nowoczesna (« Moderne »), un parti libĂ©ral comme la PO, mais encore plus libertaire. Aucune rencontre n’est prĂ©vue avec le groupe parlementaire du parti Kukiz ’15, qui devance pourtant le PSL et Nowoczesna en termes de nombre de dĂ©putĂ©s Ă  la DiĂšte et d’intentions de vote dans les sondages, ce qui en fait le deuxiĂšme parti d’opposition aprĂšs la PO. Le problĂšme pour la Commission LIBE, c’est sans doute qu’il s’agit d’un parti plutĂŽt Ă  la droite du PiS et que le Travailliste Claude Moraes ne souhaite visiblement discuter qu’avec des gens aux vues proches des siennes.

Un rapport sur l’État de droit en Pologne prĂ©parĂ© en fonction de thĂšses prĂ©-Ă©tablies, comme pour la Hongrie

Le voyage en Pologne de la Commission LIBE n’est qu’un alibi. Les thĂšses du rapport Moraes contre la Pologne sont visiblement dĂ©jĂ  prĂȘtes et la dĂ©lĂ©gation du Parlement europĂ©en cherche Ă  Ă©viter toute rencontre avec des reprĂ©sentants des mĂ©dias et de la sociĂ©tĂ© civile qui pourraient infirmer ces thĂšses. C’est la dĂ©mocratie Ă  la mode bruxelloise. On se doute que le rapport Sargentini contre la Hongrie a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© de la mĂȘme maniĂšre, ce que nous confirment nos sources au Parlement europĂ©en.

Article originellement publié sur Réinformation TV et sur le site VPost.

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