La majorité du Congrès Espagnol s’est prononcée ce mardi en faveur de l’extension du droit de vote aux mineurs de plus 16 ans, comme cela est déjà le cas en Autriche et Norvège. Cette réforme légale ne pourra bien évidement être mise en place que si le gouvernement espagnol est capable d’élire son nouveau président, ce qui apparait de plus en plus compliqué.

Cette réforme permettrait à 800 000 jeunes de pouvoir voter pour « leurs stars du système politique » préférées, ce qui est évidemment tentant pour certains partis plus que d’autres. La proposition a le soutien du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol), Podemos, Democràcia i Llibertat, Compromis, partis politiques plutôt à gauche de l’échiquier politique.

Selon le journal El Mundo, à 174 votes pour, face à 144 votes contre, cette proposition a de fortes chances d’aboutir. La porte-parole du PSOE, Maria Gonzalez Veracruz, ainsi que celui de l’ERC, Gabriel Rufian, défendent ardemment cette proposition, avec comme argument, que les adolescents étant responsables pénalement, pouvant travailler et donc payer des impôts, seraient donc, de facto, en droit de pouvoir élire leurs futurs représentants politiques.

Du côté du Parti Populaire (PP), cette proposition est considérée comme incohérente et irresponsable, la majorité d’âge général, et la majorité d’âge du droit de vote étant deux choses complètement différentes.

Mis à part toutes les valeurs morales favorables ou non à cette proposition, le but des partis politiques espagnols, ayant l’attirance des plus jeunes, est évidemment d’augmenter leur possibilité de victoire, l’électorat traditionnel étant de plus en plus difficile à satisfaire dans un pays où les affaires de corruption sont devenues quotidiennes. Pas sûr, au final, que cette possibilité dope certains partis sur le long terme, les hommes et femmes politiques espagnols n’étant pas forcement prêts à changer.