LE POINT GODWIN A ÉTÉ TRÈS VITE ATTEINT PAR LES MÉDIAS FRANÇAIS UNE FOIS CONNUS LES TRÈS BONS RÉSULTATS DU PARTI ALTERNATIVE POUR L’ALLEMAGNE (ALTERNATIVE FÜR DEUTSCHLAND, AFD) DANS LES LÄNDER DU BRANDEBOURG ET DE LA SAXE, TOUS DEUX SITUÉS EN EX-ALLEMAGNE DE L’EST.

RAPPEL DES RÉSULTATS

Pour rappel, les habitants de ces deux rĂ©gions renouvelaient leur parlement le dimanche 1er septembre 2019 et l’AfD, arrivĂ©e deuxiĂšme, juste derriĂšre le SPD social-dĂ©mocrate dans le Brandebourg et derriĂšre la CDU en Saxe, y a plus que doublĂ© ses scores de 2014 en y obtenant respectivement 23,5 % et 27,5 % des voix dans un contexte de participation en forte hausse. L’AfD est un parti libĂ©ral-conservateur crĂ©Ă© en 2015 qui a ensuite Ă©voluĂ© vers une ligne plus nationale-conservatrice Ă  la faveur de la grande crise migratoire des annĂ©es 2015-16.

AMALGAMES EN SÉRIE

Le 1er septembre, c’était aussi le jour oĂč l’on commĂ©morait les 80 ans de l’attaque de l’Allemagne nationale-socialiste contre la Pologne, une attaque qui dĂ©clencha la Seconde Guerre mondiale. C’était donc un moment propice aux amalgames faciles en mettant les deux Ă©vĂ©nements en parallĂšle, comme l’a fait par exemple TV5 Monde en publiant sur son site le soir des commĂ©morations un article intitulé : « Allemagne : entre commĂ©moration de la Seconde Guerre mondiale et progression de l’extrĂȘme droite ». Et TV5 Monde de relater dans un mĂȘme article les deux Ă©vĂ©nements du jour : commĂ©morations en Pologne et discours remarquĂ© du prĂ©sident allemand Frank-Walter Steinmeier, qui a demandĂ© pardon aux Polonais, et « menace de l’extrĂȘme droite» qui «est pourtant toujours prĂ©sente en Allemagne. »

Dans un petit rappel historique de la montĂ©e de «l’extrĂȘme droite» en ex-RDA, la journaliste Nadia Bouchenni met ensuite sur le mĂȘme plan l’AfD et le Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD), un parti souvent prĂ©sentĂ© comme nĂ©o-nazi et qui a fait dans le passĂ© l’objet de plusieurs procĂ©dures d’interdiction (qui n’ont toutefois jamais abouti). Pourquoi l’AfD obtient-elle donc de bons scores en ex-RDA ? Parce que « aprĂšs la chute du mur de Berlin et la rĂ©unification des deux Allemagne, l’ancienne Allemagne de l’Est (RDA) devient le terreau d’une renaissance de l’idĂ©ologie nĂ©onazie » et que « le travail de mĂ©moire y a Ă©tĂ© moins intense qu’en Allemagne de l’Ouest. »

France 24 assure de son cĂŽté que «Ces scrutins rĂ©gionaux ont aussi dĂ©montrĂ© que les Ă©lecteurs en ex-Allemagne de l’Est n’hĂ©sitent pas Ă  voter AfD, mĂȘme si la tĂȘte de liste cache Ă  peine ses sympathies pour une extrĂȘme-droite aux relents nĂ©onazis assumĂ©e.» Le mĂ©dia public français renvoie ses lecteurs à un article de Die Welt dans lequel Andreas Kalbitz, tĂȘte de liste de l’AfD dans le Brandebourg, concĂšde avoir participĂ© au dĂ©but des annĂ©es 90 Ă  un camp d’étĂ© d’une organisation de jeunesse d’extrĂȘme droite Ă  tendance nĂ©o-nazie, mais rappelle avoir dĂ©jĂ  reconnu publiquement ses erreurs de jeunesse (ce que France 24 appelle « cacher Ă  peine ses sympathies ») et assure rejeter aujourd’hui, tout comme son parti AfD, toute sorte « d’extrĂ©misme de droite ». On aimerait que les mĂ©dias publics français affichent la mĂȘme intransigeance et le mĂȘme refus du pardon pour le passĂ© des nombreux anciens trotskystes et autres communistes rĂ©volutionnaires ex-fans des criminels contre l’humanitĂ© Staline, Mao et Pol Pot qui peuplent une partie de nos grands mĂ©dias (dont ces mĂ©dias publics, justement).

LIBÉRATION, L’ART DE LA PHOTO SUGGESTIVE

Un journal qui se rĂ©jouissait ouvertement Ă  une Ă©poque de l’entrĂ©e des Khmers Rouges dans Phnom Pen, c’est LibĂ©ration. Aujourd’hui, pour accompagner un entretien avec un sociologue allemand « spĂ©cialisĂ© dans l’extrĂ©misme de droite », publiĂ© le 3 septembre et intitulĂ© « RĂ©gionales en Allemagne : ‘L’AfD mĂšne une guerre culturelle’ », LibĂ©ration a choisi une photo oĂč l’on voit Andreas Kalbitz pendant la soirĂ©e Ă©lectorale pris dans une posture rappelant un salut nazi qui serait exĂ©cutĂ© avec le bras gauche. Il est vrai que le salut nazi s’exĂ©cute normalement avec le bras droit, mais les lecteurs de LibĂ©ration s’en seront-ils aperçus ? Cependant le journal ne dit nulle part qu’il s’agirait d’un salut nazi, et sur le plan formel on ne peut donc lui reprocher aucun mensonge direct ou manipulation. Cela tient plus du message subliminal, sans doute plus efficace. 

LE MONDE ET L’ISLAMOPHOBIE

L’autre journal de la gauche libĂ©rale libertaire, Le Monde, recourt lui aussi au point Godwin face Ă  l’AfD dans un article du 1er septembre intitulĂ© « Scrutins rĂ©gionaux en Allemagne : ‘Ça peut difficilement aller mieux’ pour l’extrĂȘme droite », dans lequel le journaliste Thomas Wieder explique : « Dans le Brandebourg, l’homme fort de l’AfD s’appelle Andreas Kalbitz, une figure de l’ultra-droite dont la presse a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il avait participĂ© Ă  des rassemblements nĂ©onazis Ă  la fin des annĂ©es 2000. En Saxe, le chef de l’AfD est Jörg Urban, qui a ƓuvrĂ© au rapprochement du parti avec le mouvement islamophobe Pegida, contre l’avis des plus modĂ©rĂ©s. » « Les rassemblements nĂ©onazis Ă  la fin des annĂ©es 2000 », c’est en fait une manifestation en 2007 Ă  AthĂšnes organisĂ©e par le parti grec d’extrĂȘme droite Aube dorĂ©, qui rĂ©fute toutefois lui-mĂȘme le qualificatif de nĂ©onazi ou fasciste, et Ă  laquelle Andreas Kalbitz avait effectivement participĂ©. Quant Ă  Pegida, c’est le mouvement de protestation contre l’immigration de masse, en provenance notamment de pays musulmans, nĂ© en rĂ©action Ă  la grande crise migratoire de 2015, quand Angela Merkel avait fait entrer dans son pays un million d’immigrants illĂ©gaux.

MĂȘme chose dans l’éditorial du Monde du 2 septembre intitulĂ© « Allemagne : Ă©viter un nouveau mur », dans lequel la rĂ©daction Ă©crit que « Andreas Kalbitz, qui dirige la fĂ©dĂ©ration du Brandebourg, a frĂ©quentĂ© des groupes nĂ©onazis dans sa jeunesse. Jörg Urban, l’homme fort de l’AfD en Saxe, a rapprochĂ© celui-ci du mouvement islamophobe Pegida.»

Le Figaro posait la question le 2 septembre, sous forme de titre : « Qu’est-ce que l’AFD, le parti d’extrĂȘme droite qui perce en Allemagne ? ». Et le journaliste Stanislas Poyet d’affirmer dans son article que «L’AFD se droitise et se rapproche du rĂ©visionnisme historique en relativisant les horreurs de la pĂ©riode nazie.», en allusion aux propos du co-prĂ©sident du parti Alexander Gauland, qui, souhaitant promouvoir les aspects positifs de l’histoire de son pays, avait jugĂ© que « Hitler et le national-socialisme ne sont que du pipi de chat sur mille ans d’histoire allemande victorieuse. » Gauland s’était ensuite dĂ©fendu de tout rĂ©visionnisme, tout comme le Français Jean-Marie Le Pen aprĂšs l’histoire des chambres Ă  gaz, «point de dĂ©tail» de l’histoire, mais ses propos en faveur d’une rĂ©habilitation de la fiertĂ© nationale allemande sont souvent citĂ©s pour accuser l’AfD de rĂ©visionnisme, mĂȘme si son parti avait pris ses distances avec la formulation utilisĂ©e par son co-prĂ©sident. Ici aussi, on dĂ©note un certain deux poids, deux mesures des grands mĂ©dias puisque le rĂ©visionnisme historique de la chaĂźne publique ZDF, contrĂŽlĂ©e par la coalition CDU-SPD au pouvoir, choque beaucoup moins dans les chaumiĂšres de la grande presse des deux cĂŽtĂ©s du Rhin.

OUEST-FRANCE PLUS CIRCONSPECT

Ouest-France a Ă©tĂ© plus direct que Le Figaro dans la question posĂ©e en titre de son article du 2 septembre commentant les bons rĂ©sultats de l’AfD: « NĂ©onazi, populiste ou d’extrĂȘme droite… Comment qualifier l’AfD, le sulfureux parti politique allemand ? ». RĂ©ponse «nuancĂ©e» d’un secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du ComitĂ© d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) Ă  l’Institut français des relations internationales dĂ©gottĂ© par le journaliste Fabien Cazenave : « nĂ©onazi Ă  la marge et d’extrĂȘme droite oui
 mais partiellement’, explique-t-il. ‘C’est un parti composite qui rĂ©unit des Ă©lĂ©ments d’extrĂȘme droite et des Ă©lĂ©ments conservateurs nationalistes, mais qui est encore dans le spectre politique rĂ©publicain.»

Ouf, 80 ans aprĂšs le dĂ©but de la guerre la plus meurtriĂšre de l’histoire de l’humanitĂ©, nous voilĂ  rassurĂ©s ! Enfin, presque


Article paru sur le site de l’OJIM.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99