Le pire des Premiers ministres du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord ne s’appelle pas Boris Johnson. Chef du gouvernement de Sa Gracieuse MajestĂ© depuis le 24 juillet dernier, l’élu de la circonscription londonienne d’Uxbridge et South Ruislip se dĂ©mĂšne dans un Brexit qui n’en finit plus.

Ce n’est pas non plus l’« accident industriel » Theresa May, ni le travailliste Gordon Brown. Ce n’est mĂȘme pas le belliciste menteur patentĂ© Ă  la solde des États-Unis Tony Blair ! C’est encore moins le conservateur John Major, la sociopathe carabinĂ©e Margaret Thatcher ou le tueur de masse en sĂ©rie Winston Churchill. Non, le pire des Premiers ministres de l’histoire britannique rĂ©cente ne peut ĂȘtre que David Cameron.

David Cameron restera dans la postĂ©ritĂ© comme le principal responsable du dĂ©sordre politique en cours outre-Manche. Soucieux de faire taire dĂ©finitivement l’aile conservatrice anti-europĂ©enne et de marginaliser le national-mondialiste Nigel Farage, il soumet par rĂ©fĂ©rendum aux Ă©lecteurs une question alambiquĂ©e sur la construction europĂ©enne.

La victoire du Brexit, le 23 juin 2016, le dĂ©stabilise tellement qu’il dĂ©missionne moins d’un mois plus tard de toutes ses fonctions, y compris de son mandat de dĂ©putĂ© de Witney. Il venait de comprendre que sa manƓuvre retorse se retournait contre lui. En dĂ©sertant le champ de bataille, Ă  savoir les nĂ©gociations Ă©pineuses de la sortie du Royaume-Uni de l’Union dite europĂ©enne, David Cameron pensait entreprendre une courte « traversĂ©e du dĂ©sert » avant de revenir au pouvoir en homme providentiel des Tories. Raté ! Son calcul machiavĂ©lique s’est rĂ©vĂ©lĂ© vain.

Mais la plus grave faute de Cameron n’est pourtant pas le rĂ©fĂ©rendum ; elle est bien plus ancienne. Le conservateur Cameron dirigea le Royaume-Uni de mai 2010 Ă  juillet 2016. Il a la particularitĂ© d’avoir conduit un gouvernement de coalition entre 2010 et 2015. En effet, aux lĂ©gislatives de 2010, malgrĂ© le scrutin majoritaire uninominal Ă  un seul tour, aucune majoritĂ© ne se dĂ©gage Ă  la Chambre des Communes, premier indice d’une profonde dĂ©saffection des peuples des Îles britanniques envers leur Establishment pourri.

Afin de renvoyer les travaillistes dans l’opposition, Cameron s’allie aux centristes libĂ©raux-dĂ©mocrates de Nick Clegg, promu vice-Premier ministre.

L’entente gouvernementale tory – lib-dem dura toute la lĂ©gislature en dĂ©pit des inĂ©vitables frictions et contentieux, ce qui reste exceptionnel pour l’histoire politique britannique. Cette longĂ©vitĂ© Ă©tonnante revient Ă  une loi votĂ©e en 2011 sur la pression des lib-dem, le Fixed-term Parliaments Act. Ce texte retire au Premier ministre le pouvoir discrĂ©tionnaire de dissoudre la Chambre des Communes pour le confier Ă  l’assemblĂ©e elle-mĂȘme par un vote Ă  la majoritĂ© qualifiĂ©e des deux tiers.

Par cette loi, les libĂ©raux-dĂ©mocrates jouirent cinq annĂ©es durant de leurs sinĂ©cures ministĂ©rielles. Or, en donnant au lĂ©gislatif le droit de se dissoudre, on constate que Boris Johnson est maintenant l’otage de Westminster avec le risque accru que le rĂ©gime parlementaire britannique devienne Ă  terme un rĂ©gime d’assemblĂ©e, c’est-Ă -dire un systĂšme dans lequel le lĂ©gislatif Ă  l’instar de la Convention française en 1792 – 1795 et de l’actuelle ConfĂ©dĂ©ration helvĂ©tique – commande un exĂ©cutif servile et dĂ©pendant.

La dissolution doit revenir Ă  l’exĂ©cutif, soit au prĂ©sident dans un cadre plĂ©biscitaire, soit au Premier ministre en tant que chef de la majoritĂ© parlementaire, ou, Ă  la rigueur, au peuple lui-mĂȘme par la voie rĂ©fĂ©rendaire. Incapable de former un gouvernement majoritaire, l’IsraĂ©lien Benyamin Netanyahou l’a bien compris puisqu’il a demandĂ© et obtenu de la Knesset nouvellement Ă©lue de se dissoudre aussitĂŽt.

Face Ă  une Chambre des Communes incapable de trancher entre un Brexit avec accord, un Brexit sans accord ou l’organisation d’un nouveau rĂ©fĂ©rendum, Boris Johnson devient la victime du piĂšge involontairement tendu, huit ans auparavant, par David Cameron. Pour des motifs bassement politiciens, le pire des Premiers ministres britanniques a transformĂ© ses successeurs en larbins plus ou moins dociles d’une clique politicienne attachĂ©e Ă  ses privilĂšges.

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A propos de l'auteur

Georges Feltin-Tracol

Georges Feltin-Tracol, Ă©crivain et collaborateur de nombreuses revues (notamment "RĂ©flĂ©chir & Agir") et site internet ; chroniqueur sur "Radio LibertĂ©s". Il se dĂ©signe aussi parfois comme un traditionaliste post-moderne ou un archĂ©o-futuriste. Dernier livre paru : "Pour la troisiĂšme voie solidariste. Une autre approche de la question sociale" (Éd. SynthĂšse)

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