par Olivier Bault.

Jeudi, le socialiste Pedro SĂĄnchez s’est vu refuser pour la deuxiĂšme fois, aprĂšs le vote de mardi, la confiance du CongrĂšs des dĂ©putĂ©s. L’extrĂȘme gauche d’Unidas Podemos, avec qui il avait nĂ©gociĂ© la formation d’un gouvernement, s’est Ă  nouveau abstenue. Comme mardi, seuls 124 dĂ©putĂ©s – dont les 123 du PSOE – ont votĂ© en faveur de son investiture. 155 ont votĂ© contre : la droite et le centre (Ciudadanos, PP et Vox), ainsi que trois partis rĂ©gionaux. La gauche rĂ©publicaine catalane (ERC) et les nationalistes basques se sont abstenus comme Unidas Podemos.

Ainsi, Pedro SĂĄnchez a beau avoir Ă©tĂ© le grand vainqueur des Ă©lections lĂ©gislatives du 28 avril, les 29 % des voix obtenues alors n’ont donnĂ© Ă  son parti socialiste (PSOE) que 123 siĂšges sur 350 au CongrĂšs des dĂ©putĂ©s. En revanche, au lendemain du 28 avril, plus que l’alliance avec Unidas Podemos, c’était l’abstention des indĂ©pendantistes catalans qui semblait difficile Ă  obtenir. Celle-ci a finalement Ă©tĂ© obtenue, au prix d’une rupture encore plus prononcĂ©e avec le parti centriste Ciudadanos. En effet, si celui-ci professe la mĂȘme idĂ©ologie progressiste, multiculturaliste et europĂ©iste que le PSOE, il est intraitable sur la question de l’unitĂ© de l’Espagne, Ciudadanos Ă©tant issu d’un mouvement crĂ©Ă© pour s’opposer Ă  l’indĂ©pendantisme en Catalogne.

CondamnĂ© donc Ă  s’entendre avec Unidas Podemos, le premier ministre en fonction a perdu 80 jours pendant lesquels il refusait obstinĂ©ment l’idĂ©e d’un gouvernement de coalition, ne proposant Ă  l’extrĂȘme gauche que la possibilitĂ© de convenir d’un programme commun et d’avoir des reprĂ©sentants Ă  des niveaux infĂ©rieurs, techniques, de l’administration gouvernementale. Quand enfin il accepta l’idĂ©e du gouvernement de coalition tout naturellement exigĂ© par Pablo Iglesias, le leader de Podemos, il ne restait plus que cinq jours pour nĂ©gocier. L’exigence de dĂ©part posĂ©e par SĂĄnchez, qui Ă©tait qu’Iglesias ne fasse pas partie de ce gouvernement, a Ă©tĂ© acceptĂ©e mais n’a sans doute pas contribuĂ© Ă  instaurer un climat de confiance entre les deux ex-futurs partenaires. Unidas Podemos avait cĂ©dĂ© sur ce point, mais demandait un nombre de ministres proportionnel au vote populaire reçu le 28 avril. Le PSOE, de son cĂŽtĂ©, a commencĂ© par proposer des ministĂšres crĂ©Ă©s sur mesures, avec des compĂ©tences et des moyens limitĂ©s.

Mercredi soir, les socialistes ont annoncĂ© qu’ils rompaient les nĂ©gociations. MalgrĂ© les pressions de part et d’autre, y compris de la part de son alliĂ© communiste au sein de la coalition Unidas Podemos, Iglesias a refusĂ© d’accepter la derniĂšre offre mise sur la table. Puis il a lancĂ© une ultime contre-proposition assez proche de cette offre jeudi depuis la tribune du Parlement au premier ministre Pedro SĂĄnchez. Celui-ci s’est contentĂ© de secouer la tĂȘte en signe de refus.

Le roi Philippe VI va donc devoir entamer de nouvelles consultations avec les dirigeants des partis reprĂ©sentĂ©s au Parlement. De son cĂŽtĂ©, SĂĄnchez a affirmĂ© qu’il ne jetait pas l’éponge. Rien n’interdit au monarque de lui confier Ă  nouveau la tĂąche de former un gouvernement si une majoritĂ© se dessine en sa faveur. La date limite est fixĂ©e au 23 septembre (deux mois aprĂšs le premier vote d’investiture). Si aucun gouvernement n’obtient la confiance d’ici-lĂ , de nouvelles Ă©lections seront convoquĂ©es pour le 10 novembre.

Photo : Affiche de mai 68. Sanchez : sa passion antifranquiste lui sert d’idĂ©ologie. Ce n’est pas suffisant pour faire une majoritĂ©.

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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