Pendant que les adeptes du Brexit, attribuant tous les bienfaits Ă  un dĂ©part du Royaume-Uni d’une Union EuropĂ©enne dont il ne partage pourtant ni la monnaie ni les rĂšgles de l’espace Schengen, au point oĂč son appartenance Ă  cette organisation est des plus lĂąches, Londres Ă©lisait son premier maire musulman issu du sous-continent indien, et ce, face Ă  un candidat souverainiste en la personne de Zac Goldsmith.

Pendant que UKIP, l’organisation de Nigel Farage, prĂ©tend dĂ©noncer l’immigration, mais uniquement quand elle provient des autres pays europĂ©ens, Pologne en tĂȘte, dans le cadre de son soutien au Brexit, le Commonwealth post-colonial rĂšgne en maĂźtre dans la capitale. L’organisation UKIP avait Ă©tĂ© d’ailleurs des plus discrĂštes lors du scandale Rotherham oĂč une organisation criminelle « issue de la diversité » prostituait des centaines de petites filles britanniques.

Le mensonge des souverainistes britanniques, c’est de faire croire que le Royaume-Uni est privĂ© de sa libertĂ© et menacĂ© dans son identitĂ© par une Union EuropĂ©enne qui n’est qu’un nain politique et ce par la faute des USA. En rĂ©alitĂ©, la « souveraineté » vantĂ©e par les partisans du Brexit n’est qu’une arnaque, puisque le Royaume-Uni continuera d’ĂȘtre le 51e État de l’Union, comme l’a rappelĂ© Ă  sa maniĂšre Barack Obama. OĂč est sa souveraineté ? En hĂ©bergeant Echelon, en soumettant sa dĂ©fense nuclĂ©aire aux intĂ©rĂȘts amĂ©ricains ? OĂč est son identité ? En peuplant ses rues de migrants issus de son ancien empire colonial ?

Une souverainetĂ© de papier. Une identitĂ© subvertie. Que changerait le Brexit Ă  cet Ă©tat de fait ? En dĂ©nonçant l’Europe comme la principale responsable de la dĂ©chĂ©ance du Royaume-Uni, au prix du risque d’une sĂ©cession justifiĂ©e de l’Écosse et peut-ĂȘtre du Pays de Galles, au prix de relancer le conflit en Irlande du nord, les souverainistes se trompent de combat.

Le BNP rĂ©siduel, marginalisĂ© par la formation de Nigel Farage et divisĂ© par des querelles intestines, a rĂ©agi par l’intermĂ©diaire de son reprĂ©sentant de Londres, qui a tournĂ© sciemment le dos au nouveau maire, Sadiq Khan. Mais le BNP lui-mĂȘme est partisan du Brexit, ne comprenant pas que plus d’Europe, c’est moins d’Asie (dans le cas prĂ©sent) et bien sĂ»r moins d’AmĂ©rique.

Si l’Union EuropĂ©enne actuelle n’est pas Ă  la hauteur des enjeux, et si ses dirigeants rampent devant Erdogan ou devant le pape, grand dĂ©fenseur des migrants, mais pas des croyants, et est indigne de la noble idĂ©e europĂ©enne, l’État britannique ne trahit pas moins les intĂ©rĂȘts du peuple, en le soumettant Ă  un multiculturalisme suicidaire contre lequel UKIP ne dit rien. Et si le partisan du Brexit Boris Johnson, qui aurait mieux fait de se reprĂ©senter aux Ă©lections Ă  Londres plutĂŽt que de vouloir remplacer David Cameron, a laissĂ© le poste au travailliste Sadiq Khan, ce n’est pas un hasard non plus.

Le souverainisme mĂšne Ă  l’europhobie et l’europhobie mĂšne au grand remplacement. L’exemple britannique nous montre aussi que rĂȘver d’un Frexit n’est pas sĂ©rieux. Souhaitons que les Britanniques restent dans l’Union EuropĂ©enne, mĂȘme si celle-ci est pour le moment d’une grande mĂ©diocritĂ©, car ne jetons pas le bĂ©bĂ© europĂ©en avec l’eau de son bain sous prĂ©texte que celle-ci serait trop tiĂšde. Mais n’oublions pas qu’Obama veut aussi que le Royaume-Uni reste dans l’Union EuropĂ©enne pour maintenir le diktat amĂ©ricain.

Dire non au Brexit devrait ĂȘtre la premiĂšre marche d’une rĂ©volution politique pour que les Britanniques retrouvent une Angleterre anglaise au sein d’une Europe europĂ©enne, et ne conservent pas un Royaume-Uni « multikulti », mĂȘme « souverainiste ».