« L’histoire n’est pas Ă©crite et les jeux ne sont pas faits [
]
C’est pour cette raison que, plus que jamais,
le combat politique est nécessaire.
Vous le voyez, nous sommes tous des lépreux européens »

Jean-François Touzé, délégué national du Parti de la France aux études et argumentaires, est également le rédacteur en chef de la revue "Confrontations".

Jean-François TouzĂ©, dĂ©lĂ©guĂ© national du Parti de la France aux Ă©tudes et argumentaires, est Ă©galement le rĂ©dacteur en chef de la revue « Confrontations ».

L’Union europĂ©enne semble depuis quelques semaines au bord de la crise de nerfs. Comment jugez-vous les rĂ©actions de ses dirigeants confrontĂ©s Ă  la fois Ă  la dĂ©ferlante migratoire et Ă  la montĂ©e en puissance de ceux qui s’y opposent ?

La multiplication des « sommets europĂ©ens », du tĂȘte Ă  tĂȘte franco-allemand de Heidelberg Ă  la rĂ©union en urgence convoquĂ©e par la Commission Ă  Bruxelles en attendant le Conseil des 28 et 29 juin, tĂ©moigne de la panique qui a saisi l’UE confrontĂ©e au risque d’une dislocation dĂ©finitive par les effets conjuguĂ©s du Brexit que le Premier ministre anglais, Theresa May, envisage dĂ©sormais complet, intĂ©gral et brutal, et du rĂ©veil des peuples face Ă  la dĂ©ferlante migratoire.

Une Union EuropĂ©enne contrainte de rĂ©agir dans l’urgence, non contre les causes du mal mais contre ses consĂ©quences thĂ©rapeutiques, et surtout bien dĂ©cidĂ©e Ă  tout faire pour assurer les conditions de sa survie en s’opposant Ă  ce qu’elle considĂšre comme le vrai danger qui la menace, cette « terrifiante » montĂ©e en puissance des droites nationales qualifiĂ©es par l’apprenti Raoul Follereau de l’ÉlysĂ©e, Emmanuel Macron, de « lĂšpre populiste ».

Le mĂȘme Macron qui, recevant le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, a rĂ©clamĂ© des sanctions financiĂšres contre les pays rĂ©fractaires au « Bienvenue chez nous », et proposĂ© « l’europĂ©isation de l’accueil, de l’asile et de la reconduite des migrants », montrant ainsi on ne peut plus clairement oĂč est sa priorité : l’accueil.

En prononçant ces mots « lĂšpre populiste », Emmanuel Macron ne tente-t-il pas de s’imposer comme le leader de la rĂ©sistance aux mouvements nationaux qui s’imposent dans plusieurs pays europĂ©ens ?

Sans nul doute. Constatant l’affaiblissement de Madame Merkel, le prĂ©sident de la RĂ©publique française se voit en sauveur de la technostructure mondialo-europĂ©iste.

Se dessine ainsi un autre visage d’Emmanuel Macron. Non plus celui de l’homme de la (trùs relative) rigueur de la loi Collomb, mais celui de l’immigrationniste en chef de l’Europe, ouvreur en 2018 des voies maritimes, comme Merkel le fut en 2015 des voies terrestres.

À Heidelberg, l’essentiel Ă©tait d’afficher l’unitĂ© franco-allemande. UnitĂ© factice d’un couple artificiel que les sourires de circonstances, les dĂ©clarations pathĂ©tiques d’intention et les annonces dĂ©risoires n’auront pas suffi Ă  rendre plus crĂ©dible, tout cela relĂšve du traitement de la gangrĂšne par un cautĂšre sur une jambe de bois.

Mais on l’aura compris : aucune de ces rĂ©unions n’a pour but de rĂ©pondre au dĂ©fi immense que reprĂ©sente pour l’Europe le traitement rĂ©el du tsunami migratoire qui dĂ©ferle sur elle. Il s’agit seulement de mettre en Ɠuvre les moyens de juguler la colĂšre des peuples et de casser la dynamique identitaire qui se fait jour en usant, en particulier Ă  l’encontre des Pays de l’axe de la rĂ©sistance (Vienne/Rome/Munich) ajoutĂ© au Groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, RĂ©publique TchĂšque et Slovaquie) – auxquels Macron voudrait opposer l’axe de l’abdication (Paris/Berlin/Madrid) –, de toutes les mĂ©thodes et de toutes les armes que l’union europĂ©enne pense nĂ©cessaires Ă  sa pĂ©rennisation : le mensonge, les promesses, la ruse, la sĂ©duction, l’intimidation, le chantage, la diffamation, l’illusion, la menace et la corruption.

La coalition qui dirige dĂ©sormais l’Italie ouvre-t-elle, d’une certaine maniĂšre, une voie Ă  suivre ?

Les dĂ©clarations du nouveau ministre de l’IntĂ©rieur italien, Matteo Salvini, par ailleurs, comme on le sait, leader de la Lega, ne peuvent que nous rĂ©jouir et ses positions ne peuvent que susciter notre plein assentiment. Je ne suis, pour autant, pas sĂ»r qu’il ait choisi la voie juste. Le caractĂšre hĂ©tĂ©roclite, voire contre nature, de l’alliance gouvernementale conclue entre la Ligue et le Mouvement Cinq Ă©toiles porte en effet les germes d’un possible Ă©chec Ă  moyen terme.

On peut, en effet compter sur le SystĂšme pour enfoncer les coins en jouant Guiseppe Conte, le trĂšs propre sur lui PrĂ©sident du Conseil, contre Matteo Salvini marquĂ© du signe indĂ©lĂ©bile de la bĂȘte immonde.

Ma conviction est que les droites nationales doivent s’imposer en position de force pour ne laisser aux manƓuvres de l’Union que le moins de prises possible. Je pense que de nouvelles Ă©lections auront lieu en Italie Ă  plus ou moins brĂšve Ă©chĂ©ance. Rien ne dit que la Ligue ne l’emportera pas seule.

Vous restez donc optimiste ?

Raisonnablement. L’Europe peut disparaĂźtre, submergĂ©e par la dĂ©ferlante migratoire. Je rappelle qu’en 2050, c’est-Ă -dire demain, l’Afrique comptera 3 milliards d’habitants, l’Asie 4,7 milliards et L’Union europĂ©enne seulement cinq cent millions dont 7 % de « nĂ©o-EuropĂ©ens » si je puis m’exprimer ainsi, tandis que la Russie ne cesse de reculer dĂ©mographiquement.

Le nombre de musulmans prĂ©sents sur notre continent devrait tripler dans le mĂȘme temps et, selon la Banque mondiale, le chiffre potentiel de « rĂ©fugiĂ©s climatiques » dans les cinquante ans Ă  venir peut ĂȘtre Ă©valuĂ© Ă  400 millions.

Et pourtant je garde l’espoir. L’histoire n’est pas Ă©crite et les jeux ne sont pas faits. La vraie rĂ©ponse europĂ©enne, celle par laquelle nos vieilles nations et notre civilisation sortiront victorieuses de la confrontation mortelle dans laquelle nous sommes engagĂ©s, c’est l’union des droites nationales et leur arrivĂ©e aux responsabilitĂ©s du Pouvoir dans chacun des États de notre continent. C’est pour cette raison que, plus que jamais, le combat politique est nĂ©cessaire. Vous le voyez, nous sommes tous des lĂ©preux europĂ©ens.

CONFRONTATION N°4 La revue qui dénonce l'islamisation de l'Europe (SynthÚse nationale).

CONFRONTATION N°4
La revue qui dĂ©nonce l’islamisation de l’Europe (SynthĂšse nationale).

CONFRONTATION N°4

La revue qui dĂ©nonce l’islamisation de l’Europe

EtĂ© 2018 – 80 pages – 12 € (+ 4 € de port)

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