par Olivier Bault.

Il y a dix ans, le 29 mai 2010, Viktor OrbĂĄn et son parti, le Fidesz, formaient un gouvernement aprĂšs 8 ans passĂ©s dans l’opposition. Auparavant, OrbĂĄn avait dĂ©jĂ  occupĂ© le poste de premier ministre pendant quatre ans, de 1998 Ă  2002. Le tournant qui conduisit Ă  la victoire Ă©clatante du Fidesz en 2010 s’opĂ©ra en 2006, quand, un mois aprĂšs les Ă©lections Ă  nouveau remportĂ©es par la gauche et les libĂ©raux, un enregistrement du Premier ministre hongrois Ferenc GyurcsĂĄny fut diffusĂ© Ă  la radio dans lequel on entendait cet ex-communiste devenu oligarque dire : «  Nous n’avons rien fait pendant quatre ans. Rien. Vous ne pouvez pas me citer un seul exemple d’une action sĂ©rieuse du gouvernement dont nous pourrions ĂȘtre fiers, si ce n’est que nous avons repris le pouvoir avec de la merde. (
) Depuis un an et demi, nous mentons matin, midi et soir. »

S’ensuivirent des manifestations qui furent brutalement rĂ©primĂ©es par les autoritĂ©s et tournĂšrent Ă  l’émeute, conduisant mĂȘme Ă  l’assaut d’une foule excĂ©dĂ©e contre le siĂšge de la tĂ©lĂ©vision publique. Puis vint la crise financiĂšre de 2008 alors que la Hongrie affichait dĂ©jĂ  un dĂ©ficit budgĂ©taire de 9,6 % du PIB en 2006, annĂ©e Ă©lectorale oblige, et ensuite les plans de rigueur sous la coupe du FMI.

ArrivĂ©s au pouvoir avec une majoritĂ© constitutionnelle des deux tiers au parlement, le Fidesz et son chef allaient mener les rĂ©formes au pas de charge, ce qui leur vaudra trĂšs rapidement les attaques de l’UE et des mĂ©dias europĂ©ens. Cela commença avec une nouvelle constitution pour remplacer celle rĂ©digĂ©e par Staline en personne, toujours en vigueur sous une forme modifiĂ©e. Le prĂ©ambule de la nouvelle constitution commençant par les mots « Dieu, bĂ©nis les Hongrois », la mention du mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme, et le rappel de la prĂ©sence de Hongrois au-delĂ  des frontiĂšres de la Hongrie – hĂ©ritage du traitĂ© de Trianon – suffirent pour que la nouvelle loi fondamentale fĂ»t considĂ©rĂ©e comme imprĂ©gnĂ©e de clĂ©ricalisme, d’homophobie et de nationalisme.

Évitant toujours la confrontation frontale, sachant reculer d’un pas aprĂšs avoir avancĂ© de trois, fort de ses excellentes relations avec des personnalitĂ©s europĂ©ennes de premier plan, Viktor OrbĂĄn s’est montrĂ© un adversaire redoutable et il a jusqu’ici remportĂ© toutes les manches. Lui et son parti, le Fidesz, ont su, Ă  partir de la dĂ©faite de 2002 et aprĂšs le retour au pouvoir en 2010, imposer un vrai pluralisme mĂ©diatique – chose insupportable pour les partisans de la pensĂ©e unique et du politiquement correct – et modifier ainsi durablement le rapport de force. Affichant de bon rĂ©sultats Ă©conomiques avec des dĂ©ficits en baisse malgrĂ© des politiques natalistes trĂšs volontaristes, ayant rĂ©duit le chĂŽmage Ă  presque rien et redonnĂ© Ă  la Hongrie une des plus fortes croissance du continent avant la crise sanitaire actuelle, ayant su Ă©galement dĂ©fendre les frontiĂšres contre l’assaut migratoire en 2015-16, l’homme d’État hongrois a conduit son parti conservateur et ses alliĂ©s chrĂ©tiens-dĂ©mocrates Ă  deux nouvelles victoires Ă©crasantes, en 2014 et 2018.

En 2012, venu rĂ©pondre aux reproches du Parlement europĂ©en, OrbĂĄn avait rĂ©sumĂ© ainsi son programme : « Nos idĂ©aux sont chrĂ©tiens. Ils s’appuient sur la responsabilitĂ© de l’individu, les sentiments nationaux positifs sont pour nous importants et nous considĂ©rons la famille comme le fondement de l’avenir ». Lucide, il avait encore ajoutĂ© : « Peut-ĂȘtre sommes-nous minoritaires en Europe, mais nos convictions sont malgrĂ© tout europĂ©ennes et nous avons le droit de les dĂ©fendre ». Les dĂ©fendre, c’est ce qu’il fait depuis maintenant dix ans avec le soutien d’une large majoritĂ© d’électeurs hongrois.

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent et sur le site du VPost.

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