En 2015, ce n’est pas moins de 43 433 ordres de quitter le territoire qui ont Ă©tĂ© prononcĂ©s et communiquĂ©s aux intĂ©ressĂ©s. Le fait est que seuls 20 % sont suivis d’effet. C’est ce que rĂ©vĂšle une question posĂ©e par Barbara Pas, chef de groupe du Vlaams Belang Ă  la Chambre (fĂ©dĂ©rale) au SecrĂ©taire d’État Ă  l’asile et Ă  l’Immigration ThĂ©o Franken (NV-A).

Le Vlaams Belang dĂ©montre ainsi que la « bonne nouvelle » apportĂ©e par ThĂ©o Franken sur les chiffres des retours volontaires des illĂ©gaux vers leurs pays d’origine n’était que du vent.

« En dissimulant la rĂ©alitĂ© globale, le secrĂ©taire d’État Ă©met une vision tronquĂ©e, voire mensongĂšre, de la politique belge en matiĂšre de rapatriement des illĂ©gaux », analyse Barbara Pas.

Selon la dĂ©putĂ©e du Vlaams Belang, il est rĂ©vĂ©lateur que dans 23 812 cas, il s’agissait d’un premier ordre de quitter le territoire. Pour ce qui est des 19 621 autres ordres dĂ©livrĂ©s, il s’agissait de personnes ayant dĂ©jĂ  fait l’objet d’un tel ordre dans le passĂ©, mais qui s’étaient assis dessus.

Cerise sur ce mauvais gĂąteau, sur ces 43 433 ordres de quitter le territoire, seuls 8 432 sont effectivement suivis d’effet. De ce nombre, 4 245 illĂ©gaux ont Ă©tĂ© rapatriĂ©s par la force et seulement 4 053 ont optĂ© pour la formule du rapatriement volontaire accompagnĂ©. Cela signifie concrĂštement qu’à peine 19 % des illĂ©gaux interceptĂ©s quittent rĂ©ellement le territoire alors qu’ils ont reçu un ordre de quitter le territoire. Ces « ordres » Ă  la belge sont dĂ©sormais mondialement connus comme Ă©tant des vulgaires chiffons de papier sans doute utilisĂ©s Ă  d’autres fins.

De surcroĂźt, il semble que les chiffres des rapatriements annoncĂ©s avec tambours et trompettes par le SecrĂ©taire d’État Ă  l’Immigration ThĂ©o Franken (N-VA) doivent ĂȘtre sĂ©rieusement revus Ă  la baisse. Ils ont Ă©tĂ© « gonflĂ©s » en y ajoutant celles et ceux qui ont Ă©tĂ© « reconduits Ă  la frontiĂšre » (dans la pratique il s’agit principalement de ceux qui ont Ă©tĂ© empĂȘchĂ©s d’entrer sur le territoire par la police des aĂ©roports). Il ne s’agit donc pas de rapatriements forcĂ©s en ce qui les concerne. Barbara Pas remarque non sans rire que : « De cette façon, Franken rapatrie des gens qui n’ont jamais mis un pied sur notre territoire. »

Au total, il s’agissait de 1 649 cas semblables l’annĂ©e passĂ©e, ce qui signifie que le nombre rĂ©el des rapatriements doit ĂȘtre revu Ă  la baisse pour atteindre un nombre de 8 432 personnes en lieu et place des 10 081 annoncĂ©s par le SecrĂ©taire d’État N-VA.

« Avec un chiffre des rapatriements de 19 %, il ne peut ĂȘtre question de parler d’un arrĂȘt de la tendance dans la politique d’asile, bien au contraire. Tant qu’il est possible de nier un ordre de quitter le territoire, la Belgique gardera sa rĂ©putation selon laquelle dĂšs qu’on y a mis un pied, on est quasi sĂ»r de pouvoir y rester. »

« Il est Ă©vident que si la politique menĂ©e n’est pas modifiĂ©e, l’armĂ©e des illĂ©gaux (aujourd’hui estimĂ©e Ă  200 000 personnes) se dĂ©versera de plus belle dans nos villes. En fait, la N-VA organise aujourd’hui ce qu’ils combattaient hier, Ă  savoir une prochaine rĂ©gularisation collective des illĂ©gaux. »

S’il est une Ă©vidence, en Belgique comme dans le reste de l’Europe, c’est que l’immigration, les Ă©trangers en gĂ©nĂ©ral et les questions qui touchent Ă  l’identitĂ© sont et seront encore plus, Ă  l’avenir, les grands thĂšmes des futures Ă©lections. Une question nous taraude : Se souviendra-t-on qu’il y a plusieurs dĂ©cennies que les partis patriotiques annonçaient la situation oĂč nous nous trouvons aujourd’hui et qui si cette situation est si dramatique, c’est que l’establishment a refusĂ© de les Ă©couter et les a relĂ©guĂ©s Ă  la marge du paysage politique avec la complicitĂ© des mĂ©dias ?

Les EuropĂ©ens dotĂ©s de bon sens sentent bien que les prochaines Ă©lections, dans tous nos pays, sont peut-ĂȘtre celles de la derniĂšre chance. Saurons nous la saisir ?

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