Le verdict des « experts » du Conseil de l’Europe vient de tomber : « banalisation des discours racistes en France, y compris de la part de responsables politiques, et accroissement des violences racistes, antisémites et islamophobes. » Qu’en jolis termes technocratiques ces choses-là sont dites.

En effet, le racisme, à l’instar de la tuberculose ou du chancre mou, tout le monde est contre. Nonobstant, on ajoutera que dans cet inventaire, il y a quelques « blancs », si l’on nous tolère encore ce vocable. Les violences anti-françaises ou le racisme anti-Blanc, par exemple. Oubli volontaire ou simple distraction de nos ronds-de-cuir de Strasbourg ?

Premier écueil : être Français, ce n’est pas une race ; terme qui, par ailleurs, a été biffé de notre Constitution. Après, quid des violences faites, par exemple, à nos compatriotes antillais ? Sont-ils molestés parce que Noirs ou Français ? Ou les deux à la fois ? Les instances européennes ne le disent pas.

Deuxième écueil sémantique : l’islamophobie. La foi islamique ne relève pas du domaine racial, sachant qu’on peut être arabe et chrétien, breton et musulman. À ce sujet, les instances européennes nous mettent au piquet, avec bonnet d’âne de surcroît, stigmatisant – Dieu, que ce mot est joli – les discours de personnalités politiques aussi diverses que Marine Le Pen et Jean-François Copé.

Troisième écueil qui relève de la légitime liberté d’expression : « l’islamophobie ». À l’origine de ce néologisme, il y a un grand malentendu linguistique. L’islamophobie, c’est la « peur de l’islam », mot-valise dans lequel certains mettent dans le même sac les intellectuels rétifs ou critiques vis-à-vis de cette religion, la deuxième de la planète. Mais personne n’est obligé de tenir l’islam en haute considération. Personne n’est, non plus, obligé d’aimer les musulmans. En revanche, de par ses livres saints, l’islam, au même titre que les autres religions, est aussi un objet public, de fait susceptible de prêter le flanc à la critique, qu’elle soit bienveillante ou pas, négative ou non.

On pourrait aussi ajouter qu’il en va de même des autres religions : catholique, protestante, orthodoxe, juive, bouddhiste, voire même païenne. Mais il semble que certaines transgressions soient plus ou moins tolérées, encouragées ou tout simplement proscrites. Tout dépend du Top 50 du moment et des élégances démocratiques de l’instant médiatique. Il n’empêche que critiquer telle ou telle religion relève de la liberté d’expression la plus élémentaire, à condition toutefois que cette même critique soit argumentée et point trop haineuse ; mais cela fait aussi partie de ce type d’exercice.

Quatrième écueil : mettre les homosexuels dans le même sac. Une fois de plus, il ne s’agit pas d’une race et encore moins d’une religion ; mais seulement d’un loisir d’ordre privé entre adultes consentants, hommes ou femmes, et même ceux habitués à jouer une mi-temps dans chaque camp.

Le dernier et cinquième écueil pour la fin : la question des « gens du voyage ». Là encore, le grand flou technocratique. S’agit-il d’une « race » ? À l’évidence non, puisque ce « peuple » vient de diverses contrées allant de l’Espagne au Pakistan tout en passant par l’ensemble du monde arabe. Et puis, de quels « gens du voyage » parlent-ils ? De nos manouches d’autrefois, tel le très droitier Marcel Campion, surnommé « le roi des forains » ou d’immigrés clandestins venus de Roumanie ou de Bulgarie ? Bref, de nos romanichels français ou de ceux qui, accords de Schengen obligent, viennent de partout et de nulle part, prenant la France comme un supermarché dans lequel on peut venir se faire reluire à l’œil, gratis et sept jours sur sept ?

Bref, on voudrait rendre les Français racistes pour de bon que le Conseil de l’Europe ne s’y prendrait pas autrement. On se consolera en se disant que tout cela n’est pas véritablement sérieux.

 

Paru sur  http://www.bvoltaire.fr/