PrĂ©face de Richard Dessens au 16e Chroniques barbares de Philippe Randa : Quand la peine le dispute Ă  la colĂšre (Éditions Dualpha).

L’annĂ©e 2018 passĂ©e au crible et par le stylet acĂ©rĂ© de Philippe Randa, ça vaut le dĂ©tour pour quiconque a su conserver, contre les vents et marĂ©es de la pensĂ©e uni­que obligatoire, au moins une once d’esprit critique et de libertĂ© d’examen des cho­ses publiques. Consommateur, passe ton chemin ; citoyen, dĂ©lecte-toi des lignes de Philippe Randa !

Philippe Randa dont la devise pourrait ĂȘtre : « Je suis un auteur censurĂ© extrĂȘmement diffusĂ© », comme il l’affirme lui-mĂȘme. Un clin d’Ɠil, une boutade, un regret, une frustration ? Non : l’engagement sincĂšre d’un homme libre. De ces hommes libres qui doivent ĂȘtre donc enchaĂźnĂ©s ou, comme l’a Ă©crit Guy BĂ©art en substance dans une cĂ©lĂšbre chanson : « celui qui dit la vĂ©ritĂ© doit ĂȘtre exĂ©cuté ». Mais un homme libre en effet extrĂȘmement diffusé : auteur de 119 livres, romans policiers, essais, Ă©tudes historiques, dictionnaires ; mais aussi chroniqueur politique, directeur de trois maisons d’éditions, animateur d’émissions sur Radio LibertĂ©s et TVLibertĂ©s, pour ne signaler que l’essentiel d’une vie riche en diversitĂ© et en expĂ©riences.

Pour les Chinois, 2018 est l’annĂ©e du Chien et ce dernier recueil aurait pu s’appeler : « 2018, une annĂ©e de Chien » ! tant les Ă©vĂšnements qui se sont succĂ©dĂ©s ont Ă©tĂ© surprenants, inattendus, violents, choquants parfois, improbables souvent. C’est cette actualitĂ© qui est traitĂ©e Ă  travers les 71 saillies de l’indignation parfois, de l’analyse toujours, de l’humeur encore, de l’humour mordant enfin, de Philippe Randa : 49 chroniques pour le journal PrĂ©sent, lĂ  c’est le journaliste et l’observateur politique qui parle ; 15 « Entretiens avec Philippe Randa » quand l’homme laisse aller son humeur ; 7 « Chroniques Barbares », dans lesquelles l’éclectisme le dispute Ă  l’agacement d’une actualitĂ© agressive
 et c’est peut-ĂȘtre pour cela que ces chroniques sont « barbares » comme ceux que l’Église appelait les « Barbares », c’est-Ă -dire des hommes pour lesquels la libertĂ© Ă©tait leur bien suprĂȘme. Être « barbare » c’est ĂȘtre libre et peut-ĂȘtre trop le proclamer au risque d’ĂȘtre anathĂšmisé ! Dans ces « Chroniques Barbares » le ton est celui de cette libertĂ© qui s’indigne et qui laisse aussi pointer la gĂ©nĂ©rositĂ© du cƓur.

La galerie de l’annĂ©e 2018 de Philippe Randa est variĂ©e, de Jeanne d’Arc et son avatar black Ă  Johnny Hallyday et sa famille des Atrides, en passant par Bertrand Canta, Michel Onfray ou nos plus beaux spĂ©cimens de la vie politique, GĂ©rald Darmanin ou le sacro-saint Nicolas Hulot. Il y en a pour tout le monde ! Mais il y en a qui retiennent plus l’attention par leur caractĂšre poignant. Je pense Ă  ces 13 enfants martyrisĂ©s pendant des annĂ©es aux USA qui ont touchĂ©s l’émotion des plus caparaçonnĂ©s ; je pense aussi Ă  Samuel Dufour et Esteban Morillo condamnĂ©s Ă  des peines iniques (7 ans et 11 ans de prison) par une juridiction dont la politisation atteste le « deux poids deux mesures » d’une partie de la justice française. LĂ , la peine le dispute Ă  la colĂšre.

La colĂšre justement, mais celle des Gilets Jaunes qui ont Ă©clairĂ© notre fin d’annĂ©e 2018 d’une lumiĂšre improbable, mais pleine d’espoir dans la capacitĂ© Ă  rĂ©sister Ă  l’anesthĂ©sie de notre doucereuse et terrible dĂ©mocratie. Philippe Randa en profite pour aborder le thĂšme d’un antagonisme « Polytechniciens versus les autres, Gilets Jaunes » avec beaucoup d’humour persiflant, pointant d’un doigt vengeur le fossĂ© qui peut exister entre les prĂ©occupations et les modes de pensĂ©e des uns et des autres. La froideur technocratique qui ne sait raisonner que sur des statistiques s’oppose Ă  la spontanĂ©itĂ© humaine avec ses atermoiements, ses outrances parfois, mais son humanitĂ© et sa soif de vivre ensemble surtout.

Cet article m’évoque cette vieille histoire qui remonte aux dĂ©buts de l’École Polytechnique rĂ©volutionnaire d’abord en 1794, puis militarisĂ©e sous le Premier Empire. Un Polytech­ni­cien attrape une mouche, lui arrache un balancier (une mouche a deux ailes et deux balanciers) et lui dit : « Vole ! ». Et la mouche vole. Il lui arrache le second balancier et lui dit : « Vole ! ». Et la mouche vole
 un peu de travers toutefois. Le Polytechnicien poursuit son expĂ©rience et arrache une aile Ă  la mouche. Il lui dit : « Vole ! ». La mouche vole en rond difficilement, mais elle vole. Il arrache enfin la seconde aile et dit : « Vole ! ». La mouche ne bouge pas. Conclusion de l’expĂ©rience pour un Polytech­ni­cien : une mouche sans ailes devient sourde. CQFD. Com­ment faire confiance Ă  de tels cerveaux qui constituent notre « élite ».

Mais il y a aussi le boycott de Michel Onfray qui n’est plus en odeur de saintetĂ© politico-mĂ©diatique depuis qu’il a attaquĂ© la mĂ©moire sacrĂ©e de Freud et affirmĂ© une libertĂ© de penser insoutenable pour un establishment, comme le nommait jadis Jean-Marie Le Pen, qui a lĂąchĂ© Onfray pourtant portĂ© aux nues lorsqu’il s’était fait connaĂźtre pour son combat contre ce mĂȘme Jean-Marie Le Pen en 2002. Onfray rejoint le carrĂ© des pestifĂ©rĂ©s avec Éric Zemmour et beaucoup d’autres ! « Ô tempora Ô Mores ». Les limites de la libertĂ© sont vraiment de plus en plus Ă©tendues.

Et puis on parle aussi de sujets plus lĂ©gers, mais toujours avec une – ou deux – pointe d’acidité : la famille Hallyday et ses dĂ©boires post mortem. C’est alors la grande presse de rĂ©fĂ©rence absolue dont se moque Philippe Randa en constatant que toute la presse est devenue une presse Ă  scandales qui n’est plus limitĂ©e Ă  quelques titres spĂ©cialisĂ©s dans le voyeurisme, voyeurisme qui est devenu ainsi le moteur de notre grande presse si intelligente.

Pour finir Philippe Randa ose – crime de lĂšse-majesté – un coup de griffe iconoclaste au grand homme disparu. LĂ  ce n’est plus du courage, c’est de la folie !

Et puis il y a Jeanne d’Arc et l’affaire de son incarnation humai­ne sous les traits d’une jeune mĂ©tisse. Pourquoi pas ! puisque les Droits de l’Homme ne reconnaissent pas les races humaines et interdisent mĂȘme d’en faire mention au nom de l’égalitĂ© et de l’interchangeabilitĂ© parfaites des ĂȘtres humains. Certains s’indignent de ce « rĂŽle » inattendu, d’autres applaudissent. La question que pose alors Philippe Randa est intĂ©ressante mĂȘme si elle n’aura jamais de rĂ©ponse
 et pour cause : et si, dit-il, on faisait incarner Anne Franck par une mĂ©tisse ? Les mĂȘmes qui soutiennent l’avatar de Jeanne d’Arc soutiendraient-ils celui d’Anne Franck ?

Le problĂšme avec Philippe Randa c’est qu’il pose toujours des questions dĂ©rangeantes, qu’il apporte des commentaires impertinents et qu’il fournit des analyses Ă  contre-courants. Si cela rĂ©jouit les uns, cela indispose beaucoup d’autres. Ce sont des hommes comme lui qui nous attirent les foudres du pouvoir politico-mĂ©diatique des Ă©lites auto-proclamĂ©es ; qui poussent un État aux abois Ă  faire une loi contre les fake news. Car une fake news, telle que presse et politiques la dĂ©finissent est une information, ou un commentaire, ou une analyse, contraires Ă  leurs propres interprĂ©tations rĂ©putĂ©es « officielles » et revĂȘtues du sceau de la vĂ©ritĂ© absolue et incontestable !

L’« excellent » journaliste dĂ©chu David Pujadas, sur LCI, passe tous les jours en revue ce qu’il nomme lui-mĂȘme des fake news. C’est effarant de primaritĂ© et de parti pris. Il affirme que commenter et analyser « faussement » un texte de traitĂ© (c’était le TraitĂ© d’Aix La Chapelle en janvier 2019) constitue une fake news, se demandant s’il ne serait pas possible de judiciariser de tels propos !

Plus encore, en soutenant les Gilets Jaunes, Philippe Randa contribue à pousser le Pouvoir à régenter et quasiment interdire de manifester, procéder à des arrestations préventives, dissuader à manifester.

Philippe Randa est ainsi un homme dangereux qui incarne par tous ses propos ce que notre pouvoir politico-mĂ©diatique nomme les fake news. La rĂ©information n’est qu’un ensemble de fake news. Commenter diffĂ©remment de David Pujadas et des chroniqueurs officiels, c’est diffuser des fake news. La libertĂ© d’analyse est une fake news. Tiens ! ce recueil devrait s’appeler : Vive les fake news 2018 ! Comme ça on serait fixé !

Amis lecteurs, trouvez ici l’expression de mon amitiĂ© pour Philippe Randa, mais aussi la luciditĂ© de l’homme sain de corps et d’esprit que je suis et le bol d’air frais dont vous avez besoin pour reconsidĂ©rer l’actualitĂ© triĂ©e, bidouillĂ©e, orientĂ©e de la grande presse officielle Ă©crite, radio et tĂ©lĂ©vision.

Philippe, on ne lùche rien en 2019 !

Enseignant depuis plusieurs annĂ©es, Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, Richard Dessens est l’auteur d’ouvrages d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationa­les, d’essais politiques et d’une biographie du grand journaliste du xixe siĂšcle Henri Rochefort. Il collabore au site de la rĂ©information europĂ©enne EuroLibertĂ©s.

Quand la peine le dispute Ă  la colĂšre, Philippe Randa, prĂ©face de Richard Dessens, Éditions Dualpha, collection « Patrimoine des hĂ©ritages », 212 pages, 25 euros. Pour commander ce livre, cliquez ici.

Quand la peine le dispute à la colùre, Philippe Randa (Éd. Dualpha).

Quand la peine le dispute à la colùre, Philippe Randa (Éd. Dualpha).

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Philippe Randa,
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