Le Parlement europĂ©en est en Ă©moi
 Enfin, certains sĂ©vĂšres garde-chiourmes autoproclamĂ©s dĂ©fenseurs de la moralitĂ© citoyenne, soit en l’occurrence, du bon usage de l’argent des contribuables europĂ©ens Ă  leur seul profit !

Un regroupement de formations politiques cataloguĂ©es comme « extrĂ©mistes » par les mĂ©dias aura lieu le 28 mai prochain Ă  Stockholm. Il s’agit de membres de l’Alliance pour la paix et la libertĂ© (APF), qui regroupe entre autres le Parti national-dĂ©mocrate allemand (NPD), l’Aube dorĂ©e grecque, des anciens du Svenskarnas Parti suĂ©dois ou encore le British Unity britannique, scission du British National Party
 et quelques soutiens français ou italiens, notamment Roberto Fiore de Forza Nuova (Ă  droite) et actuel prĂ©sident de l’Alliance pour la paix et la libertĂ©.

Cette rĂ©union serait sans doute passĂ©e quasi-inaperçue, ou pour le moins n’aurait dĂ©clenchĂ© que des commentaires marginaux (sauf en cas d’absence d’évĂ©nements majeurs, il faut bien remplir les temps d’antenne ou les colonnes des journaux), si elle n’allait ĂȘtre en bonne partie financĂ©e par de l’argent provenant de fonds du parlement europĂ©en ! Et ce, dans la plus grande lĂ©galité !

À travers la fondation Europa Terra Nostra, l’APF a en effet obtenu 400 000 euros et 197 625 euros pour l’organisation de sa confĂ©rence.

« ConstituĂ©s en association de droit italien et en « parti europĂ©en » – ce qui suppose notamment d’avoir des Ă©lus rĂ©gionaux ou nationaux dans sept États membres au moins, ou d’avoir obtenu 3 % lors des derniĂšres Ă©lections europĂ©ennes dans sept États –, les partis de l’APF ont ensuite visiblement bernĂ© les services du Parlement », Ă©crit, visiblement indignĂ©, le quotidien français Le Monde.

« Berné » ? On ne voit pas en quoi
 sauf Ă  en croire le mĂȘme quotidien qui explique que « pour dĂ©crocher cette subvention non nĂ©gligeable, ces formations ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’indolence de la commission du budget de l’AssemblĂ©e, qui ne vĂ©rifie apparemment pas dans le dĂ©tail les demandes. Si les demandeurs sont priĂ©s de respecter les valeurs europĂ©ennes, ils peuvent apparemment se contenter, comme l’a fait l’APF, de mentionner dans leur charte que lesdites valeurs sont la dĂ©mocratie ou le respect des droits de l’homme, sans indiquer qu’ils y sont attachĂ©s  »

Et pourquoi ne le seraient-ils pas ? Et que font ou que prouvent de plus les autres formations politiques représentées ou non au Parlement européen ?

Un procùs d’intention, donc
 et rien d’autres !

Quant Ă  la rĂ©action du prĂ©sident du Parlement Martin Schulz qui jure de « faire toute la lumiĂšre » sur ce dossier, elle fait assez grotesquement penser Ă  cette scĂšne mythique du films Les Tontons flingueurs, quand Francis Blanche, en compagnie de Lino Ventura, Bernard Blier et Jean LefĂšvre, empĂȘche une demoiselle trĂšs alcoolisĂ©e, de ramasser Ă  pleines mains une masse de billets Ă©parpillĂ©s sur la table en s’exclamant, quasiment au bord de l’apoplexie : « Touche pas au grisbi, salope ! » 

On imagine facilement les conversations Ă©changĂ©es entre les « vertueux dĂ©mocrates » europĂ©ens, habituĂ©s Ă  monopoliser jusque-lĂ  les subventions aux partis politiques : « Des subventions, Ă  ces gens-là ! »  « Ah, c’est un scandale ! »  « Nous, par contre, on les mĂ©rite !
 On pourrait peut-ĂȘtre s’en voter d’autres
 »

Comme disait (aussi) Michel Audiard, les « vertueux » dĂ©mocrates, ça peut tout oser ! C’est mĂȘme Ă  ça qu’ils sont parfaitement reconnaissables, en effet !