LA 11ÈME ÉDITION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU JOURNALISME S’EST TENUE À PÉROUSE (PERUGIA, OMBRIE, ITALIE) DU 5 AU 9 AVRIL 2017. CRÉÉ EN 2006 À L’INITIATIVE D’ARIANNA CICCONE LE FESTIVAL A REÇU PRÈS DE 600 INTERVENANTS VENUS DE 47 PAYS ET ORGANISÉ PLUS DE 300 CONFÉRENCES, ATELIERS, DÉBATS DANS DOUZE SALLES DE LA VILLE DE PÉROUSE. LE FESTIVAL A ÉTÉ MARQUÉ PAR UNE VÉRITABLE PRISE EN MAINS DE FACEBOOK ET GOOGLE (À LA FOIS SPONSORS OFFICIELS ET PARTICIPANTS À DE NOMBREUX DÉBATS). UN ENVOYÉ SPÉCIAL DE L’OJIM ÉTAIT PRÉSENT, VOICI LE TROISIÈME DE SES COMPTES RENDUS.

Ce festival Ă©tait dĂ©cidĂ©ment riche d’enseignements tant par les sponsors (Facebook, Google, Amazon et dans un rĂŽle de figurant le rĂ©gional de l’étape l’Eni le groupe pĂ©trolier italien), que par les thĂšmes abordĂ©s (nous y reviendrons plus tard) que par certaines tables rondes. Prenons une de celles auxquelles nous avons assistĂ© le jour de l’ouverture le 5 avril, « LibertĂ© de la presse dans le sud-est de l’Europe ».

L’OMBRE DE SOROS

Le modĂ©rateur est un certain Oliver Vujovic secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du SEEMO. Seemo quĂšsaco ? Le South East Europe Media Organisation est un des multiples pseudopodes des ONG financĂ©es par George Soros directement ou indirectement dans les pays de l’est europĂ©en. Le Seemo est une filiale de l’International Press Institute de la mĂȘme origine et est partenaire du Centre EuropĂ©en pour la libertĂ© de la presse et des mĂ©dias situĂ© Ă  Leipzig et financĂ© entre autres par la Commission de l’Union EuropĂ©enne
en toute indĂ©pendance bien entendu.

ET CELLE DE L’UNION EUROPÉENNE

Union EuropĂ©enne que nous allons retrouver avec la seconde intervenante Barbara Fabro du Central European Institute (CEI) financĂ© par la Banque EuropĂ©enne de DĂ©veloppement et situĂ© en Italie Ă  Trieste. Le but du CEI est de « favoriser l’intĂ©gration des pays membres Ă  l’Union EuropĂ©enne », au moins les choses sont claires.

De Zrinka Vrabec-Mojces il est difficile de dire quelque chose sinon qu’en dehors d’un nom difficile Ă  prononcer elle est journaliste, Croate et a jouĂ© un rĂŽle politique.

JEUX DE PASSE PASSE

Plus intĂ©ressants sont les deux derniers profils, celui d’un Albanais et d’une Ukrainienne. Besar Likmeta est un amĂ©ricain d’origine albanaise qui a rejoint son pays d’origine en 2005. Il est le correspondant pour l’Albanie de Balkan Insight (BRIN) financĂ© par des fonds allemands et amĂ©ricains. Balkan Insight est en premiĂšre ligne pour dĂ©fendre l’action de George Soros. Une des fondations de Soros (Open Society Foundations) finance une partie du programme de BRIN pour « l’excellence du journalisme ». Likmeta fut le laurĂ©at en 2009 du Prix pour MĂ©rites exceptionnels du journalisme d’investigation dĂ©livrĂ© par
 CEI et SEEMO (voir supra), la boucle est bouclĂ©e. Il a aussi Ă©tĂ© nommĂ© pour le « Global Shining Light Award » en 2010 organisĂ© par le Global Investigative Journalism Network dont le siĂšge est dans le Maryland et dont le premier financement vient de
 Open Society Foundations de Soros. En toute libertĂ© bien entendu.

La derniĂšre intervenante ukrainienne Anna Babinets est du mĂȘme tabac. Participant Ă  Alliance, un des innombrables mĂ©dias liĂ©s Ă  Soros en Europe de l’est

QUESTIONS DÉRANGEANTES

Un des spectateurs assistant Ă  la session aprĂšs les propos convenus du panel posa deux questions qui jetĂšrent un froid.

Tout d’abord : n’est ce pas un problĂšme alors que les liens de George Soros avec les diffĂ©rents services secrets amĂ©ricains sont fort documentĂ©s de travailler avec ses nombreuses filiales en Europe de l’est ? RĂ©ponse de Besar Likmeta : « Ces liens n’ont jamais Ă©tĂ© avĂ©rĂ©s nous n’en tenons donc pas compte ». Et Soros « ne finance plus rien en Europe de l’est depuis dix ans ».

Ensuite : comment travailler en toute libertĂ© en Ă©tant financĂ© par Soros ? RĂ©ponse d’Oliver Vujovic : « Il n’y a aucune pression des organisations de Soros. Avec cet argent les mĂ©dias et les ONG peuvent faire effectivement leur travail » (“there is no pressure from Soros organizations. With this money, media and NGOs can actually do their job”). Sans rire.

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