À INTERVALLES RÉGULIERS, LES MÉDIAS CONSACRENT DES ARTICLES AU NOMBRE DE MORTS PAR NOYADE EN MÉDITERRANÉE ET NOUS TIENNENT EN HALEINE QUAND UN BATEAU D’UNE ORGANISATION NON GOUVERNEMENTALE (ONG) EST À LA RECHERCHE D’UN PORT EN EUROPE. EN CE DÉBUT D’ANNÉE 2019, CES ÉVÉNEMENTS SONT POUR PLUSIEURS MÉDIAS L’OCCASION DE DÉSIGNER UNE NOUVELLE FOIS LES PAYS EUROPÉENS COUPABLES DE NE PAS OUVRIR PLUS LARGEMENT LEURS FRONTIÈRES. REVUE DE PRESSE COMMENTÉE.

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Le 19 octobre 2018, sur France Inter, Thomas Bidegain consacre une partie de sa chronique aux morts lors des traversĂ©es de la MĂ©diterranĂ©e. Un grand moment de contrition. « Le thĂšme du jour dans le monde du storytelling, c’est un concept un peu abstrait, un peu souterrain mais qui sous-tend un grand nombre d’histoires. C’est celui du cimetiĂšre indien. C’est une tache, un pĂȘchĂ© originel qui viendrait dramatiser les rĂ©cits et les teinter comme une ombre portĂ©e sur un monde enchanteur. (
). On est Ă  la frontiĂšre de l’horreur et de l’inconscient. (
). Nous avons aussi notre cimetiĂšre indien et il est en MĂ©diterranĂ©e. Emmanuel Macron peut nous dire ce qu’il veut, l’ensemble des faits et gestes pourra ĂȘtre lu sous le prisme de ces corps qu’on repĂȘche en MĂ©diterranĂ©e et du silence qu’il essaye d’imposer en refusant d’accorder un pavillon Ă  l’Aquarius. (
) Cette honte-lĂ  elle nous survivra ».

Toujours sur France Inter le 4 janvier 2019, le journal « d’information » (7e minute) reprend le terme employĂ© par les ONG pour qualifier le dĂ©lai avant qu’un pays europĂ©en ne laisse accoster le bateau Sea Watch III, qui a Ă  son bord des clandestins : « le record de la honte ». « 14 jours qu’un trentaine de migrants sont laissĂ©s pour compte au large de Malte. Le See Eye qui transporte 17 migrants est aussi abritĂ© dans les eaux maltaises. (
). De quoi parlons-nous au juste ? Moins de 50 personnes Ă  accueillir en Europe. Des villes allemandes et italiennes offrent de les accueillir. La France indique qu’elle veut bien en prendre quelques-uns en charge mais il faut trouver un port pour les dĂ©barquer. Les 2 pays europĂ©ens les plus proches, Malte et l’Italie, refusent ».

Le mĂȘme jour, le journal « d’information » de France Culture reprend Ă  son compte l’interpellation des ONG, qualifiant de « honteuse » l’attitude des pays europĂ©ens (8e mn). « L’Europe est-elle en passe de battre le record de la honte ? Comme l’expriment aujourd’hui plusieurs ONG, considĂ©rant la situation aux abords des cĂŽtes du continent. (
). Les statistiques rĂ©centes montrent une diminution des flux de migrants, alors que les bateaux bloquĂ©s en MĂ©diterranĂ©e ne sont manifestement pas surchargĂ©s ces temps –ci ». « Par la MĂ©diterranĂ©e centrale, le nombre de migrants a chutĂ© de plus de 80%. (
). Cette diminution radicale n’est que trĂšs peu due Ă  l’attitude rĂ©pressive de l’actuel gouvernement italien. Par l’Espagne, les chiffres ont Ă©tĂ© multipliĂ© par deux, ce qui en fait la porte d’entrĂ©e principale de l’immigration illĂ©gale ».

UN PEU DE PRESSE ÉCRITE, MÊME TONALITÉ

Le Courrier international consacre le 2 janvier un article aux traversĂ©es de la MĂ©diterranĂ©e. Le titre ne laisse pas de place aux doutes : « Comment l’Europe et la Libye laissent mourir les migrants en mer ». « En fermant les yeux sur les pratiques libyennes rĂ©guliĂšrement dĂ©noncĂ©es par les ONG, l’Europe contribue Ă  aggraver la situation et prĂ©cipite les migrants vers la noyade ». A l’appui de ces accusations, le journal d’articles de la presse internationale, de prĂ©fĂ©rence de gauche, met en ligne une enquĂȘte vidĂ©o publiĂ©e dans la section Opinions du New York Times. On y voit des migrants en mer et des gardes cĂŽtes libyens Ă  bord d’un bateau qui ne serait pas adaptĂ© aux opĂ©rations de sauvetage.

L’Obs évoque le 3 janvier dans un article co-signĂ© avec l’AFP « le terrible bilan des migrants morts en MĂ©diterranĂ©e en 2018 ». Le journal reproduit une dĂ©claration de la porte-parole du Haut-Commissariat aux RĂ©fugiĂ©s : « En 2019, il est essentiel de sortir de l’impasse actuelle et de mettre fin Ă  des approches au cas par cas, c’est-Ă -dire bateau par bateau, pour savoir oĂč dĂ©barquer les passagers secourus », a-t-elle ajoutĂ©, en plaidant pour un « mĂ©canisme rĂ©gional de dĂ©barquement »Â Â». Evoquant la « crise europĂ©enne de l’accueil des migrants », le journal mentionne que « MĂ©decins Sans FrontiĂšres avait alors pointĂ© la responsabilitĂ© des gouvernements europĂ©ens dans les dĂ©cĂšs en MĂ©diterranĂ©e, « en soutenant les garde-cĂŽtes libyens pour intercepter les personnes en mer »Â Â».

Dans les diffĂ©rents articles, le point commun est la responsabilitĂ© supposĂ©e des pays europĂ©ens. Les morts en MĂ©diterranĂ©e ? Ils sont « la honte »  des europĂ©ens selon Thomas Bidegain sur France Inter. L’attente des bateaux des ONG avant d’accoster en Europe ? c’est « le record de la honte » pour France Inter et France Culture qui reprennent les termes des ONG. Pour Courrier International, « l’Europe (
) laisse mourir les migrants en mer ».

ANALYSE DES PROCÉDÉS RHÉTORIQUES

Plusieurs procédés sont utilisés dans les articles pour démontrer la responsabilité des pays européens dans les risques encourus en Méditerranée :

  • La culpabilisation. Refuser d’accorder un pavillon français Ă  l’Aquarius couvrirait les europĂ©ens de honte. Pour illustrer sa thĂ©orie de « cimetiĂšre indien », Thomas Bidegain Ă©voque les meurtres d’indiens lors de la conquĂȘte des Etats Unis. Curieux parallĂšle : les europĂ©ens sont-ils sur le sol africain pour y commettre des exactions ? Les clandestins sont-ils forcĂ©s par des europĂ©ens  de quitter leurs pays ?
  • La minoration. Pour dĂ©montrer l’indĂ©cence du refus de laisser accoster les bateaux des ONG, le journaliste de France Inter nous interpelle : « De quoi parlons-nous au juste ? Moins de 50 personnes Ă  accueillir en Europe ». La mise en perspective est faite Ă  partir des clandestins en attente dans la rade maltaise. Le journaliste se garde de mentionner que ces 50 migrants viennent aprĂšs « 113 482 personnes (qui) ont traversĂ© la mer pour gagner les cĂŽtes des pays MĂ©diterranĂ©ens» en 2018, comme le relate l’Obs le 3 janvier. Une autre mise en perspective aurait Ă©tĂ© intĂ©ressante : les 500 000 migrants qui veulent gagner l’Europe et attendent en Libye et au Maroc, selon le Huffpostmaghreb.
  • Le dĂ©ni de rĂ©alitĂ©. Depuis l’arrivĂ©e au pouvoir de Matteo Salvini, l’Italie n’accepte plus que des bateaux d’ONG arrivent sur ses cĂŽtes. Il est vrai qu’un vĂ©ritable pont maritime avait Ă©tĂ© mis en place par les ONG Ă  partir des cĂŽtes libyennes. Cela a abouti Ă  ce que plus 700 000 migrants arrivent clandestinement en Italie par la mer ces derniĂšres annĂ©es.

Depuis la dĂ©cision de Matteo Salvini d’instaurer un « No way » (pas d’accostage) Ă  l’image de l’Australie, le nombre d’arrivĂ©es en Italie a reculĂ© en 2018 de 80 % par rapport Ă  2017. Concernant la baisse des arrivĂ©es de clandestins en Italie, le journaliste de France Culture affirme nĂ©anmoins doctement : « Cette diminution radicale n’est que trĂšs peu due Ă  l’attitude rĂ©pressive de l’actuel gouvernement italien ». Flagrant dĂ©lit de mensonge, les chiffres montrent un lien Ă©vident entre une politique d’immigration ferme et le nombre d’arrivĂ©es de clandestins.

  • Le simplisme. Les diffĂ©rents points de vue exprimĂ©s dans les articles plaident pour une voie maritime pĂ©renne entre le Libye et l’Europe et pour une plus grande libertĂ© d’action des bateaux des ONG. Selon une enquĂȘte parue dans le numĂ©ro d’octobre du mensuel Causeur (numĂ©ro d’octobre 2018. « Migrants, Ă  qui profite le drame ? »), « les bateaux humanitaires jouent le jeu des passeurs, trop heureux d’affrĂ©ter des Ă©paves». Chiffres Ă  l’appui, on constate que la mortalitĂ© en MĂ©diterranĂ©e a baissĂ© en 2018 quand les bateaux des ONG ont rĂ©duit leur activitĂ©.

Une hypothĂšse n’est Ă  aucun moment Ă©voquĂ©e dans les mĂ©dias citĂ©s : et si la sĂ©curitĂ© des migrants passait par un message de fermetĂ© et un refus pur et simple des bateaux clandestins ? Une politique que pratiquent l’Italie et de l’Australie. Les dogmes du clergĂ© cathodique ont la vie dure


Article diffusĂ© ur le site de l’OJIM (premiĂšre diffusion le 09/01/2019).

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