Le FPÖ est donnĂ© deuxiĂšme parti politique d’Autriche par divers sondages rĂ©alisĂ©s en vue des Ă©lections lĂ©gislatives du dimanche 15 octobre 2017. Cette formation politique patriotique, ayant appartenu de 1979 Ă  1993 Ă  l’Internationale libĂ©rale, siĂšge, de nos jours, au Parlement europĂ©en au sein du groupe Europe des Nations et des LibertĂ©s (ENL) aux cĂŽtĂ©s d’autres partis nationalistes tels que le Front National (France), le PVV (Pays-Bas), la Ligue du Nord (Italie) et le Vlaams Belang (Belgique).

En 2016, son candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle, Norbert Hofer, Ă©tait Ă  deux doigts d’ĂȘtre Ă©lu chef d’État.

Le prĂ©sident du FPÖ Heinz-Christian Strache et le TroisiĂšme prĂ©sident (FPÖ) du Parlement Norbert Hofer.

Le prĂ©sident du FPÖ Heinz-Christian Strache et le TroisiĂšme prĂ©sident (FPÖ) du Parlement Norbert Hofer.

Un parti libéral

En tant que parti libĂ©ral, le FPÖ porte l’hĂ©ritage idĂ©ologique du combat pour la libertĂ© qui Ă©tait menĂ© au XIXe siĂšcle par la famille politique libĂ©rale (libertĂ© d’association, d’expression, de rĂ©union, de presse,
) qui rĂ©clamait Ă  cette Ă©poque Ă©galement des mesures sociales, ainsi que l’unification des populations germanophones du continent en un seul État. Leurs adversaires, les conservateurs, dĂ©siraient prĂ©server les privilĂšges de l’aristocratie et de l’Église ainsi que l’existence de l’Allemagne des princes morcelĂ©e en de nombreux États.

Les rĂ©volutions libĂ©rales de 1848, survenues au sein de divers endroits de la ConfĂ©dĂ©ration germanique, constituent pour le FPÖ un Ă©vĂ©nement historique important. En effet, cette formation politique en tire ses racines idĂ©ologiques nationales-libĂ©rales.

Barricades Ă  Vienne en 1848. Dessin de Joseph Heicke.

Barricades Ă  Vienne en 1848. Dessin de Joseph Heicke.

La liberté est la valeur fondamentale

Divers programmes du FPÖ, depuis sa fondation en 1955, indiquent que, pour ce parti, la libertĂ© est la valeur fondamentale. Cette libertĂ© des personnes et des peuples n’était pas Ă©vidente au cours de certaines pĂ©riodes de l’histoire. En effet, la sociĂ©tĂ© fĂ©odale, restĂ©e en place en Europe jusqu’à la fin du XVIIIe siĂšcle, ne connaissait que peu la libertĂ© individuelle et ne pratiquait pas le droit des peuples Ă  l’autodĂ©termination. Les serfs devaient servir la noblesse, constituĂ©e de privilĂ©giĂ©s n’ayant de comptes Ă  rendre que devant Dieu. Les pays Ă©taient partagĂ©s entre des dynasties, sans tenir compte des diffĂ©rentes ethnies les composant ou des volontĂ©s de celles-ci.

Le mouvement national-libĂ©ral s’érigeait contre cette sociĂ©tĂ© fĂ©odale. La monarchie Ă©clairĂ©e de Joseph II en Autriche mettait en place des mesures allant dans le sens dĂ©sirĂ© par ce courant politique afin de permettre le dĂ©veloppement de l’économie et la mise au pas de la noblesse. Les consĂ©quences de l’action de la monarchie Ă©clairĂ©e Ă©taient doubles. D’une part, une rĂ©volution du type de celle survenue en 1789 en France Ă©tait Ă©vitĂ©e, de l’autre, l’appareil d’État de la monarchie et sa violence Ă©taient accrus en vue d’instaurer une sorte de dictature, dans un objectif d’accroissement de la prospĂ©ritĂ©, visant Ă  contrĂŽler complĂštement les citoyens. Une phrase, devise de l’absolutisme Ă©clairĂ©, pouvait rĂ©sumer cette situation : « Tout pour le peuple, mais rien par le peuple. »

L’État ne s’appuyait plus dĂ©sormais sur la noblesse, mais sur la bourgeoisie, tout en ne donnant Ă  cette derniĂšre aucun pouvoir. La bureaucratie cherchait Ă  contrĂŽler et Ă  rĂ©glementer la vie des citoyens, mais personne ne contrĂŽlait la bureaucratie et sa gestion de l’argent public. La revendication principale du courant libĂ©ral Ă©tait alors l’établissement d’une Constitution en vue de sĂ©curiser les droits fondamentaux des citoyens et de soumettre l’État au contrĂŽle d’une instance reprĂ©sentant les citoyens.

L’idĂ©e nationale

Les guerres et l’occupation napolĂ©oniennes ayant Ă©veillĂ© chez les Allemands la naissance d’un sentiment national, l’idĂ©e de voir crĂ©er un État rĂ©unissant l’ensemble des Allemands se dĂ©veloppait. La libertĂ© des citoyens face aux autoritĂ©s devait correspondre, au plus haut niveau politique, au droit des peuples Ă  l’autodĂ©termination. Le mouvement national et le mouvement libĂ©ral bĂątissaient ainsi une unitĂ©.

Les associations Ă©tudiantes nationalistes (Burschenschaften) jouaient un rĂŽle moteur dans ce domaine en transformant en 1817 la fĂȘte de la Wartbourg Ă  Eisenach en une manifestation contre l’absolutisme rĂ©gnant au sein des divers États allemands et contre la politique du chancelier autrichien ClĂ©ment-Venceslas Metternich qui rĂ©primait les combats pour la libertĂ© en utilisant la violence policiĂšre, les espions et la censure.

Le concept d’un État-nation regroupant l’ensemble des germanophones posait, cependant, question car il ne laissait pas assez d’espace aux particularitĂ©s rĂ©gionales. De plus, Ă  l’Est, une sĂ©paration claire entre les zones allemandes, tchĂšques et polonaises, imbriquĂ©es l’une dans l’autre, Ă©tait impossible.

La Wartbourg Ă  Eisenach, un des hauts-lieux du nationalisme allemand.

La Wartbourg Ă  Eisenach, un des hauts-lieux du nationalisme allemand.

RĂ©volutions de 1848

En mars 1848, la rĂ©volution Ă©clatait Ă  Vienne. Metternich tombait et l’Empereur Ferdinand Ier d’Autriche accordait une Constitution. Les citoyens Ă©lisaient une assemblĂ©e.

À Francfort-sur-le-Main, l’assemblĂ©e issue des rĂ©volutions ayant Ă©clatĂ© Ă  divers endroits au sein de la ConfĂ©dĂ©ration germanique se donnait pour vocation de crĂ©er un État rassemblant l’ensemble des citoyens de langue allemande. Les dĂ©lĂ©guĂ©s provenant de la partie germanophone de l’empire des Habsbourg y dĂ©fendaient l’idĂ©e de la crĂ©ation d’un État fĂ©dĂ©ral prĂ©servant les spĂ©cificitĂ©s locales.

La rĂ©volution ayant Ă©chouĂ©, les parlements de Francfort-sur-le-Main et de Vienne Ă©taient dissous. Mais les conservateurs, sortis gagnants, finissaient par lĂącher du lest. Les dĂ©faites militaires de l’Autriche Ă  SolfĂ©rino en 1859 et Ă  Sadowa en 1866 conduisaient Ă  l’octroi au peuple de la Constitution de 1867 qui faisait de l’empire des Habsbourg une double monarchie, dominĂ©e, d’un cĂŽtĂ©, par les Allemands d’Autriche et, de l’autre, par les Hongrois. Des pans de cette loi fondamentale restĂ©e en vigueur jusqu’à la fin de la monarchie constituent une partie de l’actuelle Constitution.

Sources :

Baland Lionel, Jörg Haider, le phĂ©nix. Histoire de la famille politique libĂ©rale et nationale en Autriche, Éditions des cimes, 2012.

Österreich Zuerst. 60 Jahre FPÖ. 1956 – 2016, FPÖ-Bildungsinstitut, Vienne, 2016.

 

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Lionel Baland

Écrivain et journaliste belge francophone (http://lionelbaland.hautetfort.com). Il parle le nĂ©erlandais (flamand), l’allemand et l’anglais. Il a travaillĂ© dans les parties francophone, nĂ©erlandophone et germanophone de la Belgique ainsi qu’aux Pays-Bas et a vĂ©cu en Allemagne. Il est l’auteur de trois livres : LĂ©on Degrelle et la presse rexiste, Éditions DĂ©terna, Paris, 2009 ; Jörg Haider, le phĂ©nix. Histoire de la famille politique libĂ©rale et nationale en Autriche, Éditions des Cimes, Paris, 2012 et Xavier de Grunne. De Rex Ă  la RĂ©sistance, Godefroy de Bouillon, Paris, 2017.

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