par BenoĂźt Busonier.

Une civilisation qui a deux millĂ©naires et demi d’existence est une civilisation qui a tout connu. « J’appelle Europe toute terre qui a Ă©tĂ© romanisĂ©e, christianisĂ©e, et soumise Ă  l’esprit de discipline des Grecs », nous dit Paul ValĂ©ry. Ce qui laisse un champ de lieux et d’époques monumental. Seules certaines civilisations d’ExtrĂȘme-Orient peuvent prĂ©tendre rivaliser culturellement.

Le premier rĂ©cit marquant dĂ©crivant une grande Ă©pidĂ©mie date environ de 430 avant JĂ©sus-Christ. C’est un Grec nommĂ© Thucydide qui la relate, dans le livre II de son recueil Histoire de la guerre du PĂ©loponnĂšse. Ce livre est considĂ©rĂ© comme l’un des premiers Ă  ĂȘtre un vĂ©ritable ouvrage d’histoire. La peste qu’il dĂ©crit est un Ă©pisode violent, voire traumatisant, pour la GrĂšce. Cette Ă©pidĂ©mie Ă©pouvantable a emportĂ© plusieurs citĂ©s, et un tiers de la population d’AthĂšnes. L’immense PĂ©riclĂšs lui-mĂȘme, qui a reconstruit AthĂšnes aprĂšs les guerres mĂ©diques, a Ă©tĂ© tuĂ© par ce qui Ă©tait probablement un typhus.

Ce que nous apprend ce livre, c’est qu’avec le nombre de morts croissant, la citĂ© s’est abĂźmĂ©e dans un dĂ©sordre moral et civique croissant. « Ni la crainte des dieux ni la crainte des hommes ne les arrĂȘtaient », Ă©crit-il au sujet de ses contemporains. En l’espĂšce, AthĂšnes Ă©tait en guerre contre Sparte, et le stratĂšge PĂ©riclĂšs avait choisi la « stratĂ©gie des longs murs », c’est-Ă -dire de calfeutrer la citĂ© dans ses fortifications et de laisser la campagne au pillage. Un choix payant militairement, mais l’afflux de rĂ©fugiĂ©s venus du PirĂ©e, le port d’AthĂšnes, a provoquĂ© l’épidĂ©mie. Dans ce livre que chacun devrait lire, Thucydide Ă©voque l’impĂ©rialisme, l’arrogance face Ă  la nature, la perte de sens moral et bien d’autres sujets qui demeurent les nĂŽtres aujourd’hui : une leçon Ă©ternelle.

Si saint Louis meurt en 1270 du scorbut et de dysenterie devant les murs de l’antique Carthage, c’est la peste noire qui est sans conteste la maladie du Moyen Âge. Elle a tuĂ© entre trente et cinquante % de la population europĂ©enne en cinq ans. Une apocalypse, qui emportera entre autres l’Empire romain d’Orient, si affaibli qu’il ne survivra, exsangue, qu’un petit siĂšcle. Nous sommes en 1347. Toutes les cĂŽtes mĂ©diterranĂ©ennes sont touchĂ©es : Le Caire passe d’un million d’habitants Ă  environ trois cent mille. Parmi les livres qui l’ont dĂ©crite, on retrouve Nuova Cronica de Giovanni Villani, un auteur florentin qui dĂ©cĂ©dera de la maladie comme Thucydide en son temps. En France, on retrouve les Ă©crits de Guillaume de Nangis, et Louis Heyligen qui vivait Ă  Avignon.

C’est d’Italie que provient le livre le plus marquant de l’époque : Le DĂ©camĂ©ron. L’histoire est la suivante : lorsque la peste noire atteint Florence, sept demoiselles et trois damoiseaux, soit dix jeunes gens relativement fortunĂ©s, dĂ©cident de se confiner dans une villa Ă  l’orĂ©e de la ville. Chaque jour, ils vont chacun raconter une nouvelle, pendant dix jours, d’oĂč le titre du livre. Ce recueil est devenu un immense classique de la culture europĂ©enne. Ses cent et une nouvelles racontent la vie de banquiers, nobles, paysans, bourgeois, guerriers, des amours, des haines, l’avarice ou la gĂ©nĂ©rositĂ©, etc.

La Renaissance ne sera pas Ă©pargnĂ©e par les maladies : les mĂȘmes causes provoquant les mĂȘmes effets, le manque d’hygiĂšne des villes et bourgs, la promiscuitĂ©, crĂ©ent des Ă©cosystĂšmes idĂ©aux pour les virus. C’est Ă  cette Ă©poque que des mĂ©decins, tentant de rationaliser la dĂ©fense contre les maladies, mettront des masques terrifiants avec un long bec rempli d’herbes mĂ©dicinales pour filtrer l’air.

La derniĂšre Ă©pidĂ©mie de masse en Europe est la grippe espagnole, juste aprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale. Elle a fait entre vingt et trente millions de morts, soit entre trois et cinq pourcents de la population mondiale. Cette maladie appelĂ©e grippe française en Espagne est venue en Europe avec les troupes amĂ©ricaines en 1918. Guillaume Apollinaire, Edmond Rostand, cette maladie a plus tuĂ© d’écrivains qu’elle n’en a inspiré : comme un symbole ?

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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