Le 29 dĂ©cembre prochain s’achĂšvera le deuil d’un an dĂ©cidĂ© par la Fondation Franco, suite au dĂ©cĂšs, il y a presque une annĂ©e, Ă  l’ñge respectable de 91 ans, de sa prĂ©sidente d’honneur, Maria del Carmen Franco y Polo. Toute sa vie, la fille unique du Caudillo espagnol dĂ©fendit la mĂ©moire de son illustre pĂšre. Entrera ce jour-lĂ  en fonction le nouveau prĂ©sident d’honneur, Ă  savoir son petit-fils prĂ©fĂ©rĂ©, le prince Louis-Alphonse de Bourbon.

Binational franco-espagnol nĂ© en 1974, Louis-Alphonse est pour les lĂ©gitimistes le roi de France « Louis XX » depuis bientĂŽt trente ans. Vivant Ă  Madrid et sous peu pĂšre pour la quatriĂšme fois (aprĂšs une fille et des jumeaux tous nĂ©s aux États-Unis !), il occupe la vice-prĂ©sidence de la Banco Occidental de Descuento, un Ă©tablissement bancaire vĂ©nĂ©zuĂ©lien, principal actionnaire Ă  Caracas d’American Express, dirigĂ© par Victor Vargas, son beau-pĂšre.

Par-delĂ  de vives et frĂ©quentes polĂ©miques d’ordre dynastique et gĂ©nĂ©tique, le duc d’Anjou rĂ©unit en lui l’hĂ©ritage des CapĂ©tiens, des Bourbons d’Espagne et de Francesco Franco. Ainsi prend-il position contre l’avortement, le laĂŻcisme et l’homoconjugalitĂ©. Les Bourbons-Busset exceptĂ©s, l’aĂźnĂ© des CapĂ©tiens vient de soutenir publiquement les « Gilets jaunes ». Il n’oublie pas par ailleurs que son pĂšre Alphonse fut un temps pressenti pour ceindre la couronne d’Espagne par le Caudillo qui savait que le mari de sa petite-fille portait souvent la chemise phalangiste, d’oĂč son surnom de « Prince bleu ».

En acceptant la lourde charge de prĂ©sident d’honneur, Louis-Alphonse de Bourbon maintient avec force et conviction la mĂ©moire du chef de la Croisade de libĂ©ration nationale commencĂ©e en 1936 sans cesse bafouĂ©e par le gouvernement socialiste minoritaire de l’ineffable Pedro Sanchez. Non seulement le chef hargneux du gouvernement espagnol voudrait dĂ©porter la tombe de Franco (et celle de JosĂ© Antonio !) de la Valle de Los CaĂŻdos, mais il aimerait en outre transformer ce lieu de rĂ©conciliation nationale en un espace avariĂ© de mĂ©moire tronquĂ©e philobolchevique et dissoudre la Fondation Franco pour des motifs fallacieux


Le duc d’Anjou refuse ces projets grotesques. Le 15 juillet 2018, en compagnie de son Ă©pouse, il se trouvait Ă  la Valle de Los CaĂŻdos au milieu des partisans de l’Espagne Ă  la banniĂšre ornĂ©e de l’aigle de Saint Jean qui entonnĂšrent avec fougue Cara al Sol, ce magnifique hymne phalangiste. Sa fidĂ©litĂ© Ă  ses aĂŻeux lui attire la sympathie de quelques royalistes atterrĂ©s par l’actuelle dynastie rĂ©gnante. Un petit mouvement royaliste appelĂ© Soluciona d’Armando Robles le verrait bien remplacer son cousin Philippe VI qui tente de restaurer l’image ternie de la famille dite royale (beau-frĂšre corrompu mis en dĂ©tention, pĂšre priapique dĂ©mocrate et prĂ©varicateur avĂ©rĂ©, mĂšre participante active aux rĂ©unions secrĂštes du Club Bilderberg).

L’engagement mĂ©moriel du Prince risque d’indisposer les lĂ©gitimistes de salon qui, Ă  l’instar de Thierry Ardisson, rĂȘvent d’une monarchie constitutionnelle parlementaire dĂ©mocratique rabougrie. Ils ignorent les leçons de radicalitĂ© politique donnĂ©es par le Comte de Chambord. Il est rare de nos jours qu’un aristocrate de haut rang mette en jeu sa rĂ©putation mĂ©diatique. Cette attitude courageuse tranche de la lĂąchetĂ© permanente de la plupart des lignĂ©es dynastiques faillies d’Europe.

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