À la fin du mois d’aoĂ»t 1858 arrive dans un port chilien un jeune avouĂ© de PĂ©rigueux, OrĂ©lie-Antoine de Tounens. Il rĂȘve d’unir sous son autoritĂ© les tribus amĂ©rindiennes mapuches d’Araucanie ainsi que les indigĂšnes de Patagonie. Deux ans plus tard, il proclame le royaume d’Araucanie–Patagonie dont il devient le premier souverain. Il donne au nouvel État un drapeau, un hymne national, une capitale (Perquenco) et une constitution parlementaire. Ce royaume dure moins de deux ans. Les Chiliens arrĂȘtent OrĂ©lie-Antoine Ier qui, une fois libĂ©rĂ©, finit sa vie Ă  Paris en 1878.

Cet exemple de cryptarchie bien expliqué par l’historien Bruno Fuligni dans L’État c’est moi (Histoire des monarchies privĂ©es, principautĂ©s de fantaisie et autres rĂ©publiques pirates), est citĂ© dĂšs 1973 par l’historien belge Jacques de Launay dans son Histoire de la diplomatie française 1789 – 1914. Cette aventure originale avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© romancĂ©e par Saint Loup dans Le Roi blanc des Patagons en 1950 avant que Jean Raspail en fasse un mythe littĂ©raire contemporain avec Le Jeu du Roi (1976) et Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie (1981). Il s’attribue dans Le Figaro du 6 novembre 1981 la charge de « Consul gĂ©nĂ©ral de Patagonie ». Il s’autorise depuis Ă  dĂ©cerner aux meilleurs dans leur domaine la nationalitĂ© patagonne.

Or, avant de s’éteindre, Antoine de Tounens avait dĂ©signĂ© un successeur, fondant ainsi une dynastie Ă©lective et adoptive si bien qu’ont rĂ©gnĂ© depuis la France sur de lointaines contrĂ©es australes Achille Ier, Antoine II, Laure-ThĂ©rĂšse Ire, Antoine III et Philippe Ier. Si Jean Raspail s’est trĂšs tĂŽt Ă©cartĂ© des diffĂ©rents rois d’Araucanie – Patagonie pour suivre son propre chemin, cette « monarchie de fantaisie » suscite bien des convoitises. En 2014 meurt Philippe Ier. Le choix du nouveau roi provoque un vif dĂ©saccord entre le Conseil de rĂ©gence du Royaume qui nomme Antoine IV alias Jean-Michel Parasiliti di Para, et Stanislas Ier.

Petit-fils de l’écrivain Jean Parvulesco qui faisait de ses romans une vie, Stanislas Ier Parvulesco s’estime ĂȘtre le seul souverain lĂ©gitime d’Araucanie – Patagonie. Sensible aux thĂšses gĂ©opolitiques continentales de son grand-pĂšre, il se sent proche du nĂ©o-eurasisme d’Alexandre Douguine et dĂ©fend l’homme politique moldave Iurie Rosca, victime de persĂ©cutions atlantistes. À la mort d’Antoine IV en 2017, les instances officielles de ce royaume virtuel choisissent FrĂ©dĂ©ric Ier, FrĂ©dĂ©ric Luz Ă  la ville. Cet hĂ©raldiste rĂ©putĂ© de confession orthodoxe Ă©crit chez PardĂšs dans la collection « B–A-BA » une Ă©tude sur l’Orthodoxie. Proche de l’historien royaliste Henry Montaigu, il a animĂ© la revue traditionaliste guĂ©nonienne La Place royale. En 1995, il publiait aux Ă©ditions Claire Vigne Le soufre et l’encens. EnquĂȘte sur les Églises parallĂšles et les Ă©vĂȘques dissidents. Il prĂ©voyait alors de rĂ©diger une biographie sur Mgr Pierre-Martin Ngo-Dinh-Thuc, L’ArchevĂȘque aux dragons d’or. Mgr Thuc consacra des Ă©vĂȘques en rupture totale avec le Vatican conciliaire. Il est savoureux de constater qu’un quart de siĂšcle plus tard, l’auteur se retrouve acteur d’une affaire microscopique.

Ces bisbilles dĂ©montrent que le royaume d’Araucanie – Patagonie ne peut ĂȘtre, Ă  l’encontre de ce qu’avance Jean Raspail, une patrie de substitution Ă  tous ceux qui ont « mal Ă  la France ». La rĂȘverie araucano-patagonne est dĂ©mobilisatrice et impolitique. C’est ici et maintenant en vieille terre française que se dĂ©roule le combat et non pas Ă  des milliers de kilomĂštres des terroirs europĂ©ens.

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