Entretien avec Philippe Randa qui vient de rĂ©Ă©diter L’ombre du sombre Orient de Ferdinand Antoni Ossendowski aux Éditions DĂ©terna. 

(Propos recueillis par Aliénor Marquet)

L’ombre du sombre Orient de Ferdinand Antoni Ossendowski (Éditions DĂ©terna)

L’ombre du sombre Orient de
Ferdinand Antoni Ossendowski (Éditions DĂ©terna)

Qui est l’auteur, Ferdinand Antoni Ossendowski ?

NĂ© en 1876, mort en 1945, c’est un Ă©crivain polonais, gĂ©ologue et universitaire, mais aussi militant politique connu pour ses tĂ©moignages sur la RĂ©volution russe de 1905 Ă  laquelle il a pris part
 et encore aventurier et explorateur, connu pour ses rĂ©cits de voyage. AppelĂ© « le Robinson CrusoĂ© du XXe siĂšcle », il a Ă©tĂ© laurĂ©at de l’AcadĂ©mie française.

 

Ferdinand Antoni Ossendowski.

Ferdinand Antoni Ossendowski.

Le grand public connaĂźt surtout son livre le plus cĂ©lĂšbre BĂȘtes, Hommes et Dieux : pour Ă©chapper Ă  son exĂ©cution par les bolcheviques, la seule issue pour le hĂ©ros est de quitter la Russie, pour gagner Ă  pied, dans le froid et la nature hostile, l’Inde anglaise « à travers l’immensitĂ© sibĂ©rienne, puis les passes de Mongolie, puis le dĂ©sert de Gobi, puis le plateau tibĂ©tain, puis l’Himalaya »  Ce livre est connu, dixit l’encyclopĂ©die Wikipedia ; comme « une Ă©trange odyssĂ©e intĂ©rieure qui nous introduit au cƓur des mystĂšres de l’Asie millĂ©naire ».

 

Vous avez choisi de rĂ©Ă©diter un autre livre d’Ossendowski, moins connu


Mais tout aussi passionnant. PubliĂ© en 1926, il n’avait jamais Ă©tĂ© rĂ©Ă©ditĂ© (contrairement Ă  BĂȘtes, Hommes et Dieux) et de ce fait, beaucoup moins connu


L’auteur, fascinĂ© par la Russie nous en livre une vision surprenante ; pour lui s’y rencontre « partout et toujours [
] l’Orient et l’Occident, la civilisation et le nomadisme primitif, l’Église et les vieux Dieux, le romanesque et le crime. »

Chez les peuples europĂ©ens, toute trace des anciens cultes paĂŻens a disparu depuis longtemps et il faut aller dans les musĂ©es archĂ©ologiques pour en retrouver Ă  l’heure actuelle.

À l’aube du XXe siĂšcle, la Russie formait une exception. Ce pays des « possibilitĂ©s impossibles » cachait alors, dans ses classes infĂ©rieures, un culte paĂŻen toujours vivant, qui a survĂ©cu aux siĂšcles, se dĂ©veloppant paisiblement cĂŽte Ă  cĂŽte avec l’église orthodoxe et la civilisation.

 

Il s’agit d’un rĂ©cit de voyage oĂč l’auteur nous fait dĂ©couvrir des tribus insolites de la Russie d’alors ?

Oui, telles que les Finnois ou les Mongols, les Votyaks, les Tchouvaches, les Mordvines, les Kalmouks et encore les Ostyaks, qui, sous l’influence de certaines causes ethnographiques et historiques, Ă©taient restĂ©es dans un Ă©tat trĂšs proche du paganisme prĂ©historique.

Il nous fait dĂ©couvrir coutumes et croyances paĂŻennes familiĂšres au peuple russe, dĂ©crivant seulement ce qu’il a vu lui-mĂȘme : ainsi sont Ă©voquĂ©s les « Boucaniers du Pacifique », les « Flagellants », les « Blanches Colombes », les « empoisonneuses », la « chasse aux cygnes blancs », les « ascĂštes en lutte contre l’AntĂ©christ », la mort des Romanoff et le mouvement mystique


Et de grandes figures historiques, Ă©galement


Oui, elles ont traversĂ© l’histoire de la Russie : le Ministre et chef de gouvernement Witte, le Premier ministre Stolypine, le prĂ©sident du Conseil Goremykine, l’occultiste Papus
 ou encore le sulfureux conseiller Raspoutine


Ossendowski dĂ©crit le mĂ©lange de luxe et de brutalitĂ©, de superstition et d’irresponsabilitĂ© politique dont les classes supĂ©rieures Ă©taient affectĂ©es en Russie pendant les derniĂšres annĂ©es de l’ancien rĂ©gime


Surpris en SibĂ©rie par la RĂ©volution de 1917, l’auteur, qui avait pris position nettement contre le bolchevisme naissant, s’engagea auprĂšs de l’amiral Koltchak, chef des armĂ©es contre-rĂ©volutionnaires.

L’ombre du sombre Orient, par Roland Ferdinand Antoni Ossendowski, Ă©ditions DĂ©terna, collection « Documents pour l’Histoire », 189 pages, 23 euros + illustrations. Pour commander ce livre, cliquez ici.

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.