La France et l’Allemagne proposent Ă  l’Union europĂ©enne de crĂ©er un mĂ©canisme permettant une suspension rapide des exemptions de visas accordĂ©es Ă  des pays tiers, comme cela pourrait ĂȘtre le cas pour la Turquie, voire d’autres États. Admettons que ce mĂ©canisme de suspension envisagĂ© dans le document franco-allemand serait plus rapide qu’une procĂ©dure comparable actuellement en vigueur, et aurait un effet de six mois, Il pourrait mĂȘme aboutir Ă  une remise en cause de l’exemption.

Cette suspension pourrait intervenir si l’un des critĂšres de rĂ©fĂ©rence existant pour accorder l’exemption n’était plus respectĂ©. Ou bien s’il y a un afflux des ressortissants du pays tiers restant dans l’UE aprĂšs l’expiration de la durĂ©e autorisĂ©e de leur court sĂ©jour sans visa.

Cette initiative franco-allemande intervient alors que s’expriment de vives inquiĂ©tudes face Ă  la possibilitĂ© d’une exemption de visa pour les ressortissants turcs voyageant dans l’espace Schengen et dont Ankara a fait une condition pour appliquer son rĂ©cent accord migratoire avec l’UE.

Le mĂ©canisme de suspension proposĂ© par les deux capitales europĂ©ennes viserait Ă  rassurer ceux qui redoutent que la pression du gouvernement turc ne conduise l’UE Ă  faire preuve de mansuĂ©tude, voire de faiblesse, en ce qui concerne les dizaines de critĂšres – 72 au total – Ă  respecter afin d’obtenir une exemption de visas.

Nombre de pays europĂ©ens redoutent Ă©galement de voir les exemptions de visas provoquer un nouvel afflux de migrants. De mĂȘme, l’UE est en cours de discussions avec l’Ukraine, la Georgie et la Moldavie, afin de leur accorder des exemptions pour les sĂ©jours de courte durĂ©e (90 jours). Une source diplomatique considĂšre au demeurant qu’il y a un « paradoxe apparent dans le fait d’accorder une libĂ©ralisation des visas Ă  130 millions de personnes au moment oĂč l’on tente de freiner les flux migratoires. »

Parmi les critĂšres proposĂ©s on peut citer le fait qu’un pays tiers rejette un nombre croissant de demandes de « rĂ©admissions » sur son espace, de ses propres ressortissants.

L’ExĂ©cutif europĂ©en doit arrĂȘter sa position le 4 mai quant au respect par la Turquie des conditions nĂ©cessaires pour une exemption de visas. En cas de feu vert, les États membres et le Parlement europĂ©en devront ensuite se prononcer.