Rappel : Trump, le candidat, Ă©tait parti du principe de dĂ©part que les finances publiques amĂ©ricaines ne permettaient plus d’instrumenter une stratĂ©gie hĂ©gĂ©monique fondĂ©e sur les changements de rĂ©gime. La dette amĂ©ricaine a en effet doublĂ© pendant le rĂšgne du PrĂ©sident Obama, passant Ă  environ vingt mille milliards de dollars. Le Wall Street Journal estimait le 3 fĂ©vrier 2015 que le remboursement des seuls intĂ©rĂȘts dĂ©passera le budget de la dĂ©fense en 2021. Un budget militaire obĂšse, bureaucratique et inefficace, de prĂšs de neuf cents milliards de dollars, soit environ 40 % du budget militaire mondial.

Il n’y a donc plus de marge de manƓuvre budgĂ©taire gouvernementale, au moment oĂč les dĂ©penses « automatiques » explosent (retraites, santĂ©).

C’est pourquoi Trump a dĂ» enraciner sa politique Ă©trangĂšre dans un projet keynĂ©sien de retour Ă  la croissance Ă©conomique mondiale, basĂ©e sur des accords politiques et Ă©conomiques exclusivement bilatĂ©raux. Les dividendes de la paix, en somme. Trump a ainsi promis un retour Ă  l’État-Nation, ainsi qu’à la nĂ©gociation d’État Ă  État. La fin de la mĂ©thode « Europe », comme du mondialisme des « machins », facteur de prolĂ©tarisation des peuples. Sans omettre le retour Ă  la dĂ©signation claire de l’« adversaire » structurel : le djihadisme


Et maintenant ?

Obama l’a dit dans sa premiĂšre confĂ©rence de presse aprĂšs l’élection : « Je ne vois pas dans le futur prĂ©sident Trump un idĂ©ologue, mais plutĂŽt un pragmatique. »

Trump constitue son Ă©quipe, tentant de synchroniser les « populistes » de la Maison Blanche avec les « conservateurs » du CongrĂšs. Il semble vouloir confier l’« administration de gestion », les ministĂšres, Ă  des fidĂšles qui connaissent le systĂšme (CongrĂšs, Wall Street
), tout en se dotant d’un cabinet « privé » en charge de la stratĂ©gie comme du « commissariat politique » Ă  exercer sur la machine.

L’enjeu pour les « gestionnaires » du PrĂ©sident sera de mettre au pas le DĂ©partement d’État (diplomatie), forteresse anti-eurasiatique, et le MinistĂšre de la DĂ©fense, antichambre du pantouflage militaro industriel. Tous deux incompĂ©tents Ă  maĂźtriser la nature « virale » (selon l’expression de Newt Gingrich) de la propagation contemporaine du terrorisme islamiste.

Le défi pour les « commissaires politiques » sera de survivre aux attaques de la droite belliciste comme de la gauche anti-eurasienne. Trump a choisi pour chef de sa garde Stephen Bannon, un ancien de la US Navy, spécialiste de stratégie militaire, ancien partenaire de Goldman Sachs, ayant fait fortune à Hollywood, qui a ensuite rejoint et soutenu Breibart News, organe de presse conservateur proche des milieux juifs orthodoxes (comme le rappelait Morton Klein, président de la Zionist Organization of America, ce 17 novembre), autant que des milieux évangélistes, tous sensibles à la montée du terrorisme islamiste.

La nomination de Mike Flynn au poste de conseil du Président pour la sécurité nationale suggérerait trois axes géostratégiques pour la nouvelle administration :

  • Atlantique : renforcement idĂ©ologique et Ă©conomique de l’axe amĂ©ricano-britannique relancĂ© par le Brexit (rĂ©duction du PTCI aux deux parties).
  • Asiatique : relance Ă©conomique amĂ©ricano-chinoise d’un cĂŽtĂ© et nippo-amĂ©ricaine de l’autre (en remplacement du Partenariat Transpacifique ressenti comme un casus belli par PĂ©kin).
  • Culturel : alliance dĂ©fensive amĂ©ricano-russe face au terrorisme islamiste, en prĂ©lude Ă  de possibles accords Ă©conomiques.

Le tout avec l’enthousiaste soutien de Monsieur Netanyahu, qui ne tarit pas d’éloges sur Trump.

Quant Ă  l’oubliĂ©e du dĂźner, l’Europe germanique, avec son Otan fatiguĂ©e, et ses budgets Ă©puisĂ©s, elle attend, inquiĂšte de savoir qui va vraiment gagner la prĂ©sidence : Trump, Romney, Kissinger, ou Soros
 ?

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