La Pologne a connu une fin de mois de dĂ©cembre 2016 trĂšs agitĂ©e. Dans la nuit du 16 au 17, des manifestants qualifiĂ©s par les mĂ©diats occidentaux de « dĂ©mocrates » envahirent la DiĂšte, le Parlement polonais, bloquĂšrent les dĂ©putĂ©s et les empĂȘchĂšrent de voter de nouvelles lois. Si au moment des oppositions en 2012-2013 sur l’horrible loi Taubira, La Manif pour Tous avait agi ainsi, le chƓur mĂ©diatique aurait criĂ© unanime au putsch, au coup d’État et Ă  la RĂ©publique en danger. Il approuve au contraire ces actions illĂ©gales survenues Ă  Varsovie.

Les Ă©lections lĂ©gislatives d’octobre 2015 ont donnĂ© une majoritĂ© absolue au parti social-Ă©tatiste et national-conservateur eurosceptique, anti-russe, germanophobe et atlantiste Droit et justice (PiS en polonais). L’opposition libĂ©rale-conservatrice pro-europĂ©enne de la Plate-forme civique et les opposants de gauche progressiste, presque Ă©liminĂ©s du Parlement, se sont entendus afin de rejeter les dĂ©cisions du PiS.

La prĂ©sidente du Conseil des ministres, Beata Szydlo, et le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, sont des dĂ©mocrates ancienne maniĂšre : ils n’acceptent pas que les choix souverains de la DiĂšte soient contrecarrĂ©s par la rue, par des tribunaux dont le Tribunal constitutionnel largement composĂ© d’adversaires politiques ainsi que par les instances supranationales de l’Union dite « europĂ©enne » qui enquĂȘtent sans vergogne sur de supposĂ©es violations de l’« État de droit » par le nouveau gouvernement polonais.

La majoritĂ© parlementaire ose en effet appliquer son programme, abaisser l’ñge de la retraite, donner une allocation de 120 euros par enfant Ă  partir du deuxiĂšme, et s’attaquer Ă  certaines vaches sacrĂ©es du SystĂšme comme le droit Ă  l’avortement ou la suprĂ©matie des juges sur les Ă©lus.

Bruxelles et des ONG parmi lesquelles les habituelles stipendiĂ©es de l’oligarque mondialiste George Soros, excitent par consĂ©quent une frange marginale et urbaine de nostalgiques déçus des rĂ©sultats Ă©lectoraux et de la grande popularitĂ© du PiS. Elle se manifeste au sein d’un fantomatique ComitĂ© de dĂ©fense de la dĂ©mocratie (KOD) qu’il faudrait plutĂŽt appeler ComitĂ© d’adhĂ©sion Ă  la ploutocratie.

L’hyper-classe eurocratique et les oligarques occidentaux ne veulent pas que la Pologne, forte de 38,5 millions d’habitants, rejoigne la Hongrie de Viktor Orban dans la catĂ©gorie novatrice et originale des dĂ©mocraties « illibĂ©rales » au risque de susciter une contagion politique en Europe centrale, en Europe de l’Est, voire Ă  l’Ouest. Ils montent donc un cordon sanitaire Ă  l’extĂ©rieur et fomentent Ă  l’intĂ©rieur une contestation dans les rues. Les dirigeants polonais sauront-ils faire face Ă  ce dĂ©but de rĂ©volution colorĂ©e ? Il faut les encourager Ă  rĂ©sister, s’il le faut, par tous les moyens.

Bonjour chez vous !

Cette « Chronique hebdomadaire du Village planétaire » a été diffusée sur Radio-Libertés, le 13 janvier 2017.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.