Coup de tonnerre chez les AmĂ©ricains lorsque le 11 dĂ©cembre dernier, 25 Ă©tats de l’Union EuropĂ©enne ont approuvĂ© en matiĂšre de sĂ©curitĂ© l’inauguration d’une coopĂ©ration structurĂ©e permanente, comme le prĂ©voit le traitĂ© de Lisbonne ainsi que le lancement du fonds europĂ©en de dĂ©fense.

Marines amĂ©ricains entraĂźnĂ©s au maintien de l’ordre par la gendarmerie française en dĂ©cembre 2014. Les militaires engagĂ©s dans des opĂ©rations de guerre asymĂ©trique doivent souvent rĂ©agir Ă  des mouvements de foules.

Marines amĂ©ricains entraĂźnĂ©s au maintien de l’ordre par la gendarmerie française en dĂ©cembre 2014. Les militaires engagĂ©s dans des opĂ©rations de guerre asymĂ©trique doivent souvent rĂ©agir Ă  des mouvements de foules.

La rĂ©action amĂ©ricaine n’a pas traĂźné : en janvier, au siĂšge de l’Alliance Atlantique Ă  Bruxelles, le secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense amĂ©ricain, Jim Mattis, a dĂ©claré : « La dĂ©fense commune est une mission pour l’Otan et pour l’Otan seule. »

Et histoire d’en remettre une couche, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Otan Jens Stoltenberg a estimĂ© que « l’UE ne doit pas se substituer Ă  l’Otan » et
 qu’elle « ne doit pas fermer ses marchĂ©s de dĂ©fense aux AmĂ©ricains ! » : on ne peut ĂȘtre plus clair !

Naturellement, pour faire monter la sauce, il faut dĂ©velopper une paranoĂŻa active vis-Ă -vis des Russes : d’abord cĂŽtĂ© mĂ©dias, convaincre de la volontĂ© hĂ©gĂ©monique de Poutine, notamment sur les ex-pays du pacte de Varsovie. Ensuite mettre la pression militaire sur les frontiĂšres europĂ©ennes pour faire rĂ©agir les Russes qui ne manqueront pas d’y rĂ©pondre en y concentrant des troupes, rĂ©sultat obtenu avec les manƓuvres ZAPAD 2017.

Enfin, dĂ©montrer le machiavĂ©lisme de la nouvelle stratĂ©gie russe, trop subtile pour que l’Europe y comprenne quelque chose. Et c’est lĂ  que va apparaĂźtre la fameuse « Doctrine Gerasimov » qui fait le buzz dans les Ă©tats-majors.

Valery Gerasimov, 63 ans est le chef d’état-major de l’armĂ©e russe. La prise de la CrimĂ©e en 2014 l’a rendu cĂ©lĂšbre. C’est Ă  lui qu’un cercle de nĂ©ocons amĂ©ricain, dont Andrew Exum et l’ineffable Molly McKew, sans oublier le groupe Carlyle toujours en embuscade, attribue la paternitĂ© d’une nouvelle thĂ©orie de la guerre, dite « hybride » ou « non linĂ©aire » (?) appellations dont l’hermĂ©tisme fait expert. Plus prosaĂŻquement, Gerasimov, lui, se contente de parler de « guerre asymĂ©trique ». De quoi s’agit-il ?

Sans intervention militaire directe, loin de dĂ©barquements, d’affrontements de masse et autres batailles rangĂ©es, l’idĂ©e est au contraire de dĂ©tourner Ă  des fins d’action subversive les rĂ©seaux sociaux, puis l’humanitaire et enfin, Ă  partir d’une analyse systĂ©mique, d’utiliser les forces spĂ©ciales pour taper fort, rapidement et inopinĂ©ment sur les nƓuds sensibles de l’adversaire ainsi bien repĂ©rĂ©s. Pas de destructions Ă  large spectre, mais des frappes soigneusement ciblĂ©es. S’appuyant sur les exemples de la Libye et de l’Ukraine, nos cadors de la stratĂ©gie nous l’expliquent dans un numĂ©ro du Financial Time de Moscou, avant de nous mettre en garde.

En Libye, par exemple, oĂč une zone d’exclusion aĂ©rienne a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e, un blocus maritime imposĂ©, des entrepreneurs militaires privĂ©s ont Ă©tĂ© largement employĂ©s en Ă©troite interaction avec les formations armĂ©es de l’opposition. Ainsi les zones d’exclusion aĂ©rienne prĂ©sentĂ©es comme nĂ©cessaires aux interventions humanitaires et au maintien de la paix ont Ă©tĂ© aussi utilisĂ©es pour favoriser une partie des combattants.

Autre exemple : l’Ukraine. Tandis que le Service fĂ©dĂ©ral de sĂ©curitĂ© (FSB), infiltrait l’appareil de sĂ©curitĂ© ukrainien, le GRU organisait l’afflux de volontaires dont le fameux « Bataillon Vostok », considĂ©rĂ© comme la plus forte unitĂ© des rebelles russophones de l’est ukrainien.

Pendant ce temps, les médias russes maintenaient une campagne incessante contre les agissements du gouvernement de Kiev tandis que des hackers russophiles attaquaient les banques et les sites gouvernementaux ukrainiens.

Pour les lobbyistes amĂ©ricains, Gerasimov est donc l’incarnation du super mĂ©chant, tirant partout les ficelles avec sa bande de hackers dont naturellement la prĂ©tendue manipulation de l’élection amĂ©ricaine affirmĂ©e comme une VĂ©ritĂ© RĂ©vĂ©lĂ©e.

Le problĂšme, c’est que la doctrine Gerasimov n’existe pas ! Cette « doctrine Gerasimov » se fonde sur un essai de 2013 oĂč le chef d’état-major des forces armĂ©es de Russie, mentionnait diffĂ©rents types de guerre moderne, et analysait la façon dont l’Occident menait ses opĂ©rations, notamment en Libye. Les commentaires de Gerasimov ne portaient donc pas sur la doctrine stratĂ©gique russe, mais tout au contraire sur les scĂ©narios dĂ©veloppĂ©s par les AmĂ©ricains et l’OTAN, notamment en Libye et dans les pays du « Printemps Arabe ».

Tout au plus peut-on remarquer qu’il a su se les approprier lors de l’annexion de la CrimĂ©e. En fait, si l’on n’est pas subjuguĂ© par la boursoufflure de termes tels qu’« hybride » ou « non linĂ©aire », la fameuse doctrine enfonce des portes ouvertes. Depuis Sun Sen et Machiavel, la guerre subversive ou contre-insurrection a Ă©tĂ© largement thĂ©orisĂ©e, qu’il s’agisse de Giap, de Galula ou de Petraeus. Lui intĂ©grer aujourd’hui l’humanitaire et les rĂ©seaux sociaux relĂšve donc de l’évidence.

Comme en leur temps les fameuses armes de destruction massive de Saddam, prĂ©texte Ă  l’envahissement de l’Irak et falsification grossiĂšre que tout le monde savait, mais qui permettait de justifier l’« Axe du Bien », la doctrine Gerasimov a Ă©tĂ© fabriquĂ©e de toutes piĂšces par les États-Unis. Ciblant les pays de l’Est europĂ©en encore mal remis du traumatisme de 50 ans de communisme, elle prĂ©tend augurer une montĂ©e des pĂ©rils que seuls les USA seraient capables de contenir. Deux conditions : avant tout laisser tomber le dĂ©veloppement de nos armements qui ne vaudraient rien, ensuite faire uniquement confiance Ă  la qualitĂ© des techniques militaires « made in USA », incomparables en matiĂšre de destructions ciblĂ©es ou massives. Évidemment tout ceci a un coĂ»t. Mais quand on tue, on ne compte pas. Contribuables Ă  vos portefeuilles.

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