Le prĂ©sident Ă©lu des États-Unis, Donald Trump, n’est pas le premier homme d’affaires Ă  entrer en politique pour soumettre aux Ă©lecteurs des propositions iconoclastes.

Dans la dĂ©cennie 1990, l’indĂ©pendant Ross Perot, le rĂ©publicain anti-nĂ©o-conservateur Patrick Buchanan et l’écologiste Ralph Nader prĂ©figuraient le phĂ©nomĂšne Trump.

À la mĂȘme Ă©poque en Europe, un homme d’affaires prĂ©venait les Français de l’engrenage maastrichtien : le Franco-Britannique Jimmy Goldsmith (1933-1997). FrĂšre de l’écologiste « palĂ©oconservateur » Edward Goldsmith et pĂšre de Zac Goldsmith, candidat conservateur malheureux Ă  la mairie de Londres en 2016, il devint en 1994 dĂ©putĂ© français au Parlement europĂ©en sur la liste L’autre Europe conduite par Philippe de Villiers.

Un an plus tĂŽt, il avait publiĂ© chez Fixot Le piĂšge, une sĂ©rie d’entretiens avec Yves Messarovitch.

Hostile au traitĂ© de Maastricht et Ă  la monnaie unique, Jimmy Goldsmith, en conservateur libĂ©ral, soutenait nĂ©anmoins « un marchĂ© europĂ©en libre Ă  l’intĂ©rieur duquel puissent circuler sans restrictions marchandises, services et capitaux » (p. 34).

Sur l’euro, perçu comme un intolĂ©rable carcan, il annonçait que l’impossibilitĂ© de le dĂ©valuer entraĂźnerait la GrĂšce et l’Espagne Ă  accepter « le transfert des chĂŽmeurs [
] vers d’autres [pays] plus prospĂšres » (p. 37), ce qui est le cas avec une forte Ă©migration hispano-grecque en Allemagne.

Vilipendant le libre-Ă©change et les dĂ©localisations, Jimmy Goldsmith invitait Ă  « rejeter, sans complexes, le GATT [l’ancĂȘtre de l’OMC] et protĂ©ger l’Europe » (p. 71). Il prĂ©voyait aussi que les Ă©lites autoproclamĂ©es approuveraient l’injonction « selon laquelle ce serait aux gens de se dĂ©placer vers les emplois et non l’inverse » (p. 28). La mobilitĂ© europĂ©enne ne s’alignera jamais sur celle des États-Unis, surtout si elle est subie !

Contrairement Ă  Donald Trump, Jimmy Goldsmith condamnait l’énergie nuclĂ©aire ainsi que les Ă©nergies fossiles. Il encourageait en revanche les « énergies vertes ». Quand on relit Le piĂšge un quart de siĂšcle plus tard, on ne peut que constater la pertinence de ses analyses, nonobstant leur libĂ©ralisme affichĂ©. Finalement assez proche des thĂšses du Prix Nobel d’économie Maurice Allais, Goldsmith dĂ©nonçait la course Ă  l’abĂźme de la pseudo-UE. Un indĂ©niable esprit altereuropĂ©en se manifestait dĂ©jĂ  dans cet ouvrage plus que jamais d’actualitĂ©.

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Cette « Chronique hebdomadaire du Village planétaire » a été diffusée sur Radio-Libertés le 25 novembre 2016.

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