Envisageons froidement ce qu’est l’état du monde islamique depuis qu’à compter de 2008 , les USA sont dirigĂ©s par un crypto-islamiste – Barack-Hussein Obama – et que la Turquie, renonçant Ă  sa laĂŻcitĂ© kĂ©maliste, est redevenue un rĂ©gime islamique, sous la fĂ©rule du sunnite Recep Erdogan, trĂšs fidĂšle alliĂ©, non des USA et de l’OTAN, mais d’Obama, ce qui n’est pas tout-Ă -fait la mĂȘme chose.

Obama (nĂ© en 1961) est, chacun peut le dĂ©couvrir aisĂ©ment Ă  la lecture de ses confidences publiĂ©es aux USA, le fils d’un musulman d’Afrique orientale (Ouganda-Kenya), devenu plus tard athĂ©e et alcoolique (ce qui est une autre façon de rejeter l’islam). De 6 Ă  10 ans, en IndonĂ©sie, le petit Barack-Hussein a Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ© « musulman »  vu le jeune Ăąge de l’individu, on reconnaĂźt volontiers que cette mention sur un dossier scolaire ne correspond pas obligatoirement Ă  une conviction profonde.

Toutefois, c’est aux fruits qu’on juge l’arbre. Partout en terres d’islam, la politique guerriĂšre du Prix Nobel de la Paix pour l’annĂ©e 2009 s’est faite au dĂ©triment de vieux potentats amollis et au bĂ©nĂ©fice des musulmans les plus exaltĂ©s : Tunisie & Libye, Irak & Syrie, mais aussi Soudan du Nord, YĂ©men, sans compter une guĂ©rilla au Pakistan, en IndonĂ©sie et aux Philippines, enfin, une agitation ultra-violente au Sahel et dans les pays d’Afrique centrale et occidentale.

Cerises sur le gĂąteau : l’État Islamique (EI – Daesh, si l’on prĂ©fĂšre) et l’immigration-invasion musulmane imposĂ©e Ă  l’Europe occidentale et danubienne, pour y amener la paix et la prospĂ©ritĂ©, comme chacun peut le constater.

L’EI, a Ă©tĂ© armĂ© et financĂ© par les Ă©mirs et roitelets islamo-pĂ©troliers de la pĂ©ninsule arabique et la Turquie, voire IsraĂ«l (oĂč l’on a commercialisĂ© le pĂ©trole de Mossoul, devenu source d’autofinancement de l’EI, jusqu’à ce que, tout rĂ©cemment, l’offensive des Russes et des Syriens loyalistes bloque la frontiĂšre turque par oĂč les camions citernes et les barils Ă©taient exportĂ©s, le relais Ă©tant pris par des proches du PrĂ©sident Erdogan).

Recep Erdogan (nĂ© en 1954), qui est sans conteste la plus forte personnalitĂ© politique depuis la mort de Mustafa Kemal « AtatĂŒrk » en 1938, dirige la Turquie depuis 2003 (comme premier ministre, puis comme chef de l’État, triomphalement Ă©lu en 2014). L’homme est un sunnite fanatique qui, de 2008 Ă  2012, a cassĂ© l’État laĂŻc imposĂ© par Kemal, avec l’approbation d’une majoritĂ© de l’électorat. Il n’est pas sans intĂ©rĂȘt de signaler que sous la direction d’Erdogan, le Turquie est en passe de devenir une puissance nuclĂ©aire « civile » !

C’est aussi, plus discrĂštement, un pantouranien. Mais le Kazakhstan, l’OuzbĂ©kistan, le Kirghizistan et le TurkmĂ©nistan Ă©tant des chasses gardĂ©es de multinationales dirigĂ©es des USA, il ne peut agir que dans le Turkestan chinois (ou Xinjiang), oĂč il a fort peu discrĂštement organisĂ© une agitation pantouranienne, trĂšs rudement rĂ©primĂ©e par les gouvernants chinois, guĂšre rĂ©putĂ©s pour leur patience : le racisme chinois se heurte de plein fouet au racisme touranien. Vu le rapport de forces en Asie centrale, il est peu probable que ce heurt dĂ©bouche sur une guerre Ă  l’échelle planĂ©taire.

En revanche, l’action combinĂ©e des roublards Obama et Erdogan au Proche-Orient est grosse d’un casus belli, certes exotique, excentrĂ©, d’intĂ©rĂȘt mĂ©diocre : la Syrie n’est qu’une zone de passage pour pipe-lines et l’on pourrait en construire ailleurs comme on l’a fait en contournant l’Afghanistan oĂč l’agitation de fanatiques primitifs rendait impossible leur implantation.

Ce genre de conflit rĂ©gional peut dĂ©boucher sur une guerre mondiale : on s’est bien Ă©tripĂ©s, de 1914 Ă  1918, Ă  propos de la Bosnie, annexĂ©e quelques annĂ©es plus tĂŽt par l’Empire austro-hongrois, convoitĂ©e par des trublions serbes, encouragĂ©s par la Russie impĂ©riale, trop assurĂ©e d’un soutien français et de la haine que vouait l’establishment britannique Ă  une Allemagne trop dynamique. Un petit conflit rĂ©gional peut dĂ©boucher sur un rĂšglement de comptes intercontinental ; on ne le sait que trop depuis 1914 et 1939.

Or, aprĂšs avoir titillĂ© l’aviation soviĂ©tique Ă  la fin de l’An 2015, le bon apĂŽtre Erdogan – sous couvert d’une Ă©niĂšme opĂ©ration militaire contre des Kurdes haĂŻs de façon multisĂ©culaire par les Turcs (mais aussi par les Iraniens, les Irakiens et les Syriens) – se rapproche dangereusement d’un affrontement direct avec les forces russes engagĂ©es par Vladimir Poutine pour soutenir le gouvernement lĂ©gal de Syrie, qu’Obama veut Ă  toute force voir disparaĂźtre avant d’ĂȘtre contraint de quitter la Maison Blanche.

La question qu’un EuropĂ©en, engluĂ© dans l’OTAN, est en droit de se poser est la suivante : serait-il envisageable que les deux fous d’Allah, le dĂ©clarĂ© (Erdogan) et le cachĂ© (Obama), aient planifiĂ© une jolie guerre – si utile au big business et au triomphe d’Allah le tout-puissant – opposant le bloc sino-russe au bloc occidental & islamique ?

Car ce que n’avaient pas prĂ©vu les gĂ©niaux politologues de la fin du XXe siĂšcle et du dĂ©but de l’ùre mondialiste se rĂ©alise sous nos yeux Ă©berluĂ©s : une collusion, contre nature, contre toute logique et bien sĂ»r opposĂ©e aux intĂ©rĂȘts des Nations europĂ©ennes, entre les politiciens de certains gouvernements de la soi-disant Europe Unie et les fous furieux de l’islam conquĂ©rant, collusion organisĂ©e par le curieux PrĂ©sident US, avec la bĂ©nĂ©diction de dirigeants des multinationales, aux yeux rivĂ©s sur la courbe prĂ©visionnelle des bĂ©nĂ©fices Ă  cinq ans.

DĂ©lire ou triste rĂ©alité ? L’avenir nous le dĂ©montrera assez vite.

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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