Le petit État des Balkans, anciennement partie de la Yougoslavie puis de la Serbie, le MontĂ©nĂ©gro a rejoint l’OTAN officiellement le lundi 5 juin.

Lors d’une cĂ©rĂ©monie Ă  Wahsington DC, des reprĂ©sentants du MontĂ©nĂ©gro ont signĂ© l’adhĂ©sion du petit pays des Balkans occidentaux Ă  l’Organisation du TraitĂ© de l’Atlantique Nord. Le MontĂ©nĂ©gro a Ă©tĂ© formellement invitĂ© Ă  se joindre Ă  l’alliance en 2015 et malgrĂ© l’attente de son acceptation formelle, a participĂ© en tant que membre Ă  part entiĂšre lors de la rĂ©union des dirigeants de l’OTAN Ă  Bruxelles le mois dernier.

“L’adhĂ©sion du MontĂ©nĂ©gro envoie un message fort à la rĂ©gion et clair Ă  nos alliĂ©s”, a dĂ©clarĂ© le vice-secrĂ©taire d’État aux Affaires Politiques, Tom Shannon.

“[Ceci] est un Ă©vĂ©nement historique pour un pays et une nation qui ont subi d’énormes sacrifices aux 19Ăšme et 20Ăšme siĂšcles afin de dĂ©fendre leur droit Ă  une vie libre, le droit de dĂ©cider de notre avenir, le droit d’ĂȘtre reconnu par le monde sous notre propre nom et avec nos symboles nationaux”, a dĂ©clarĂ© le premier ministre montĂ©nĂ©grin Dusko Markovic. “Cela confirme Ă©galement une chose qui n’a jamais Ă©tĂ© remise en question : que les AmĂ©ricains restent attachĂ©s Ă  la stabilitĂ© et Ă  la sĂ©curitĂ© des Balkans occidentaux et de l’Europe”.

Un changement important dans la région

Comme les Balkans sont dans une situation instable, en particulier en raison de la crise des migrants et de plusieurs tentatives de coups d’État au cours des derniĂšres annĂ©es – en Bosnie-HerzĂ©govine en 2014, au MontĂ©nĂ©gro en 2016 et actuellement en MacĂ©doine – ce changement du MontĂ©nĂ©gro, souvent qualifiĂ© prĂ©cĂ©demment d’ami de la Russie, pourrait avoir d’importantes consĂ©quences.

Le pays, autrefois partie de l’État serbe, et en tant que tel, bombardĂ© par l’OTAN en 1999 durant le conflit autour du Kosovo, est encore divisĂ© sur cette alliance.

Le ministĂšre russe des Affaires Ă©trangĂšres a dĂ©clarĂ© lundi que “la Russie se rĂ©serve le droit de prendre des contre-mesures sur la base de la rĂ©ciprocitĂ© au regard de la position hostile des autoritĂ©s montĂ©nĂ©grines”, selon l’agence de presse de l’État russe TASS.

Selon ABC News, la Russie a Ă©galement menacĂ© des reprĂ©sailles Ă©conomiques et politiques, y compris d’une campagne visant Ă  saper l’industrie du tourisme montĂ©nĂ©grin, qui dĂ©pend fortement des visiteurs russes. On estime que 200.000 Russes visitent le MontĂ©nĂ©gro chaque annĂ©e, que 80.000 Russes y ont une propriĂ©té et que 15.000 y vivent en permanence.

La porte-parole du ministĂšre russe des Affaires Ă©trangĂšres, Maria Zakharova, a rĂ©cemment averti les touristes russes potentiels “qu’il existe une hystĂ©rie anti-russe au MontĂ©nĂ©gro”. “Nous n’excluons pas la possibilitĂ© pour les citoyens russes de subir des provocations, des arrestations pour des raisons suspectes ou des extradition vers des pays tiers”, a dĂ©clarĂ© Zakharova.

Bien que ces dĂ©clarations aient Ă©tĂ© rejetĂ©es par le prĂ©sident de la diaspora de russophone au MontĂ©nĂ©gro, Alexander Khrgian, qui dirige son bureau d’avocats dans la station balnĂ©aire de Budva. “Les gens savent que la Russie et le MontĂ©nĂ©gro ont des liens culturels trĂšs Ă©troits. C’est pourquoi nous sommes ici comme Ă  la maison”.

Le MontĂ©nĂ©gro considĂšre que Moscou Ă©tait derriĂšre une tentative de coup d’Etat dĂ©jouĂ©e en octobre qui aurait ciblĂ© l’ancien premier ministre Milo Djukanovic, qui Ă©tait la force motrice de l’adhĂ©sion Ă  l’OTAN de son pays. La Russie rĂ©fute l’implication.

“L’une des raisons pour lesquelles nous adhĂ©rons Ă  l’OTAN est de crĂ©er une plus grande stabilitĂ©, non seulement pour les citoyens montĂ©nĂ©grins, mais aussi pour les investisseurs Ă©trangers et les touristes”, a dĂ©clarĂ© Djukanovic. “Par consĂ©quent, notre objectif est de faire venir encore plus de touristes russes”.

AprĂšs avoir dĂ©cidĂ© de la scission avec la Serbie en 2006 lors d’un rĂ©fĂ©rendum, le MontĂ©nĂ©gro a pris un tournant vers l’intĂ©gration euro-atlantique.

Cet article est paru sur le site VPost.

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