Les urnes ont parlĂ© le dimanche 6 octobre, au Kosovo, comme au Portugal et en Italie. Mais, pour l’heure, examinons le seul cas de cette ancienne province autonome de la dĂ©funte Yougoslavie. Il semble que les votants aient sonnĂ© l’heure du changement dans cette poche albanaise enclavĂ©e dans les Balkans, qui fut le prĂ©texte d’une odieuse intervention contre la Serbie.

À noter que seulement 100 pays sur les quelque 194 membres de l’ONU, reconnaissent cet « État » mafieux, un État bidon qui n’aurait jamais dĂ» exister. Regardons d’ailleurs son drapeau, imposĂ© par l’OTAN comme l’a Ă©tĂ© celui de la pseudo Bosnie-HerzĂ©govine : un pavillon totalement artificiel, sans aucune rĂ©fĂ©rence historique et pour cause ! D’ailleurs, les habitants, qu’ils soient Albanais ou Serbes, ne s’y trompent pas : les premiers arborent l’aigle noir Ă  deux tĂȘtes sur fond Ă©carlate – celui de Tirana –, et les seconds le tricolore de Belgrade !

Un espoir pour la paix et la justice ?

Changement, disions-nous au dĂ©but de cette chronique. Oui, le parti des « commandants historiques » de l’UCK, cette organisation terroriste kosovare, soutenue en douce par nos bons alliĂ©s allemands lors du conflit serbo-albanais, Ă©tait dirigĂ©e par l’ex-premier ministre et chef de guĂ©rilla Ramush Haradinaj. InquiĂ©tĂ© par le tribunal spĂ©cial international suite Ă  une suspicion de crimes commis par l’ArmĂ©e de libĂ©ration du Kosovo, son mouvement gouvernemental est, cette fois-ci, nettement devancĂ© par l’opposition. Cette derniĂšre est reprĂ©sentĂ©e par la gauche, le parti Vetevendosje, de tendance sociale-dĂ©mocrate, avec 26 %, dirigĂ© par Albin Kurti et par la Ligue dĂ©mocratique du Kosovo, la Ramush Haradinaj, 25 %, conduite par Madame Vjosa Osmani.

Le Premier ministre Ramush Haradinaj.

Le Premier ministre Ramush Haradinaj.

À noter que ce dernier parti Ă©tait inspirĂ© et animĂ© par Ibrahim Rugova, aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ©. Il ne demandait pas, jadis, la sĂ©cession du Kosovo, mais une simple reconnaissance en tant que rĂ©publique constitutive de la fĂ©dĂ©ration yougoslave. Une occasion manquĂ©e, peut-ĂȘtre, par feu le prĂ©sident MilosĂ©vitch, mort en captivitĂ© aprĂšs l’agression de l’OTAN contre son pays.

Remarquons que les enclaves serbes, 100 Ă  120 000 personnes tout de mĂȘme, qui vivent dans des poches plus ou moins protĂ©gĂ©es par les troupiers de l‘OTAN, dont Mitrovitza, la plus importante, ont apportĂ© leurs suffrages aux candidats Ă©tiquetĂ©s Srbska lista, Ă©manation du pouvoir politique en place Ă  Belgrade. Ils auront donc les 10 siĂšges sur 120 dĂ©putĂ©s, ces 10 strapontins qui sont constitutionnellement attribuĂ©s Ă  la minoritĂ© serbe.

Un rejet de l’UCK et de ses hĂ©ritiers ?

La population, surtout les jeunes, rejette les hĂ©ritiers de l’UCK qui s’en sont mis plein les poches aprĂšs leur victoire sous protection, il faut le rappeler, otanienne. Corruption, mĂ©diocritĂ© des services publics, clientĂ©lisme, sont les plaies du « pays » – le mot pays Ă  Ă©crire, bien sĂ»r, entre guillemets – dont souffre le Kosovo. Le prĂ©sident Hashim Thaçi, lui-mĂȘme ancien chef de l’Union des combattants du Kosovo, soupçonnĂ© d’avoir trempĂ© dans le trafic du sang des prisonniers de guerre et des civils serbes, devra composer avec l’opposition devenue majoritaire.

Pour cela, il faudra qu’Albin Kurti, vieil adversaire des commandants, mais jeune et charismatique juriste, s’entende avec Mme Vjosa Osmani pour bĂątir une coalition crĂ©dible. L’Union europĂ©enne et l’OTAN les guettent, car il leur faudra aussi rĂ©ussir Ă  normaliser les relations entre Pristina et Belgrade. Sur quelles bases ? Un Ă©change de territoires ? On en a parlĂ©, mais ce n’est pas du goĂ»t des Occidentaux qui restent cramponnĂ©s sur la sacro-sainte intangibilitĂ© des frontiĂšres. Des droits supplĂ©mentaires pour la minoritĂ© serbe ? Le prĂ©sident serbe Aleksander Vucic n’a pas fermĂ© la porte Ă  des nĂ©gociations avec le nouveau cabinet de Pristina. Ce ne serait pas une premiĂšre, il y a dĂ©jĂ  eu des conversations entre les parties sous les auspices de l’UE. Mais que peuvent se concĂ©der ces adversaires/partenaires?

Une similitude entre le Kosovo et le « 9- 3 » ?

La rĂ©alitĂ©, le fond de la question, c’est que les Kosovars, – disons des Albanais musulmans —, sont devenus majoritaires dans cette ancienne province historique serbe – comme une partie de l’üle de France de nos rois, en tout cas la Seine-Saint-Denis –, grĂące Ă  l’immigration et Ă  la natalitĂ©. Seine Saint-Denis/Kosovo, mĂȘme combat ? Il faut raison garder, mais restons pragmatiques.

Aujourd’hui, il y a un fait accompli. Le Kosovo est devenu, majoritairement, albanais. (Comme le dĂ©partement 93, j’aurais tendance Ă  dire la « willaya », est majoritairement peuplĂ© de mahomĂ©tans). Que faire ? La partition, une solution, comme en Bosnie, avec des minirĂ©publiques ou cantons ethniques ? Ou alors, rattacher les zones serbes Ă  la Serbie, et le reste Ă  l’Albanie ? Car, posons-nous la question : rĂ©ellement, le Kosovo en tant que tel, a-t-il une raison, une justification pour exister sous la forme d’un État indĂ©pendant, souverain et internationalement reconnu ?

L’Espagne, la Russie, la Chine et bien d’autres, ont dit non. Une entitĂ© autonome, peut-ĂȘtre, au sein de la Serbie ou de l’Albanie ? Le rattacher Ă  l’Albanie, crĂ©erait un terrible prĂ©cĂ©dent. (On imagine les revendications en cascades, des Hongrois de Roumanie et de Slovaquie, des germanophones du nord de l’Italie, etc.).

Et, en plus, cela accentuerait une sorte d’injustice territoriale au dĂ©triment de la Serbie, mais surtout Ă©vacuerait un fait historique. Oui, le Kosovo fut le berceau de la Serbie, comme l’üle de France, grĂące Ă  nos rois, fut la matrice de notre nation. Mais, tant que cette question, latente, des droits des uns et des autres, ne sera pas rĂ©glĂ©e, le Kosovo sera comme une tumeur au sein du corps europĂ©en. Et quid de nos dĂ©partements mĂ©tropolitains, Ă  nous « Français de souche » – quelle vilaine association de mots devenus« grossiers » ! –, par trop, disons, « exotiques » ?

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