Michel Grimard, président du ROUE.

Être Ă  ce point sourcilleux avec la Russie et si comprĂ©hensif avec la Chine ne peut manquer de surprendre. Quelles sont les raisons qui justifient l’indulgence accordĂ©e Ă  PĂ©kin et la sĂ©vĂ©ritĂ© appliquĂ©e Ă  Moscou ? Cette approche spĂ©cieuse est aussi injustifiĂ©e qu’infondĂ©e. Rien, dans les pratiques de la Chine, ne semble Ă©mouvoir le PrĂ©sident Macron. Apparemment, les reproches susceptibles d’ĂȘtre formulĂ©s seraient excusables, sinon anodins. Est-il concevable que l’éloignement continental de la Chine puisse la protĂ©ger de toute critique, alors que le positionnement europĂ©en de la Russie, nous confĂ©rerait un droit d’ingĂ©rence ?

Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Le comportement de PĂ©kin serait pensĂ© plus probe que celui de Moscou. L’observation des faits ne reflĂšte pas cette image. DĂ©mocratie et libertĂ© ne sont guĂšre en odeur de saintetĂ©, au sens figurĂ© et propre, l’expression religieuse Ă©tant sous tutelle. Le rĂ©gime chinois leur prĂ©fĂšre l’autoritarisme du parti unique, intrinsĂšquement policier, qui renoue savoureusement avec l’absolutisme du PrĂ©sident Mao TsĂ©-Toung.

En rĂ©sumĂ©, une dictature autocratique verrouille la Chine. MĂȘme si, Ă  la maniĂšre oĂč nous l’entendons, la Russie n’est pas un modĂšle de dĂ©mocratie, il serait mensonger de nier l’existence d’espaces de libertĂ© mĂ©diatiques.

Des journaux, radios et tĂ©lĂ©visions ne manquent pas d’émettre des critiques. Un peu d’objectivitĂ© devrait tempĂ©rer notre jugement, pĂ©remptoire, sur le sujet.

Les pesanteurs historiques et culturelles conditionnent d’autre part la forme et le fond que prend la dĂ©mocratie. Souvenons-nous, que la premiĂšre lueur de l’étincelle dĂ©mocratique n’est apparue qu’en 1990, le pays n’ayant connu antĂ©rieurement, qu’une monarchie rĂ©trograde et un communisme dĂ©voyĂ©.

Aujourd’hui, le candidat Poutine est crĂ©ditĂ© de 75 % de votes favorables, n’est-ce pas le signe d’une dĂ©mocratie, mĂȘme imparfaite ?

Les droits de l’homme, inscrits au cƓur de la dĂ©mocratie occidentale, ne constituent pas une primautĂ© pour la Chine, comme l’atteste l’usage frĂ©quent de la peine de mort. Le nombre d’exĂ©cutions de condamnĂ©s Ă  cette peine place la Chine au premier rang dans le monde. Selon Amnesty International, les exĂ©cutions, pour une annĂ©e, ont dĂ©passĂ© celles de l’ensemble des pays qui la pratiquent.

La mort du prix Nobel de la paix, Lui Xiaobo, sorti de prison pour mourir, nous rappelle cette triste rĂ©alitĂ©. À cette occasion, on aurait souhaitĂ© qu’au fade communiquĂ© publiĂ© par l’ÉlysĂ©e, fasse place une trĂšs forte dĂ©nonciation de cette pratique.

En Russie, la peine de mort demeure dans les textes, mais elle n’est plus appliquĂ©e. Les curiositĂ©s chinoises s’incrustent aussi dans son systĂšme politique. Quelle ironie pour un rĂ©gime communiste de voir se creuser les inĂ©galitĂ©s. FidĂšles Ă  l’idĂ©ologie du pouvoir, 90 % des Chinois les jugent anormales. Si le rĂ©gime a perdu la boussole, le peuple, lui, n’est pas dupe.

Faut-il différencier les actes qui entraßnent des sanctions contre la Russie et une exemption pour la Chine ?

La violente rĂ©pression qu’elle exerce contre les AĂŻghours ou l’occupation intĂ©grationniste du Tibet, sont-elles moins rĂ©prĂ©hensibles que les actions reprochĂ©es Ă  la Russie ?

Doit-on fermer les yeux et obturer nos oreilles face aux persĂ©cutions que subit ce peuple turcophone, musulman sunnite et Ă  la destruction de la culture du Tibet, qui a provoquĂ© l’exil des dignitaires religieux, reconnus seuls reprĂ©sentatifs par la communautĂ© bouddhiste tibĂ©taine ?

En regard, les raisons des sanctions appliquĂ©es Ă  la Russie, apparaissent bien pĂąles. ParticuliĂšrement celles concernant la CrimĂ©e oĂč le rĂ©fĂ©rendum du droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes, n’a fait que confirmer la rĂ©alitĂ© de l’appartenance de la CrimĂ©e Ă  la Russie.

Contrairement Ă  d’autres consultations, celle-lĂ  n’était pas la manifestation du dĂ©tachement d’une province par rapport Ă  une nation d’origine, la CrimĂ©e n’ayant jamais appartenu Ă  l’Ukraine.

Quant au libre choix de l’Ukraine et de la GĂ©orgie en faveur de l’Europe, il mĂ©rite d’ĂȘtre tempĂ©rĂ©. L’Union europĂ©enne et les États-Unis, avec en arriĂšre-pensĂ©e l’OTAN, n’ont pas manquĂ© d’influer sur leurs dĂ©cisions. À ce jour, les rĂ©sultats catastrophiques de l’Ukraine, embourbĂ©e dans ses contradictions et sa corruption, devraient nous interroger. L’Europe ne doit pas tout subordonner Ă  l’Ukraine.

Partenaire certainement incontournable, la Chine ne doit, toutefois, pas ĂȘtre surestimĂ©e. Dans le passĂ©, de nombreux accords mirifiques n’ont jamais vu le jour. Alors, demeurons prudents sur les perspectives allĂ©chantes de coopĂ©ration aĂ©ronautique et nuclĂ©aire, car la Chine a de vastes dĂ©serts oĂč les mirages sont toujours prĂ©sents.

Aujourd’hui, n’occultons pas la rĂ©alitĂ© du temps prĂ©sent. Un dĂ©ficit commercial de la France de 30 milliards en 2016, non rĂ©sorbĂ©, un dumping toujours prĂ©sent touchant de nombreux produits, enfin des prises de contrĂŽle de secteurs stratĂ©giques, non seulement en France, mais dans toute l’Europe et alors mĂȘme que les marchĂ©s chinois restent encore bien cadenassĂ©s


Évitons toute naĂŻvetĂ© concernant la nature des rapports de la Chine avec la France et l’Europe, en gĂ©nĂ©ral. La division et la neutralisation de l’Union, que gĂšre la Chine Ă  travers le 16+1, montrent les vĂ©ritables intentions de PĂ©kin.

Les pays europĂ©ens qui participent Ă  cette structure risquent d’ĂȘtre fort déçus par la pratique chronique des promesses non tenues. Écarter la Russie, partie insĂ©parable de notre continent, est un vĂ©ritable non-sens. Elle doit ĂȘtre, par sa proximitĂ© et sa similitude culturelle notre premier partenaire. Nous devons reprendre nos Ă©changes commerciaux et dĂ©velopper notre coopĂ©ration industrielle, dĂ©jĂ  existante dans les domaines de l’aĂ©ronautique, du spatial et de l’automobilisme.

Dans le secteur spatial, la sociĂ©tĂ© Starsem est un exemple encourageant : lancement de satellites de la base russe de BaĂŻkonour et du Centre spatial français de Guyane ; pour l’industrie automobile participation Renault-Nissan/Avtovaz
 Il ne s’agit lĂ  que de quelques exemples parmi les plus significatifs.

MĂȘme si l’on en comprend le sens premier, certaines dĂ©clarations du PrĂ©sident Macron peuvent intriguer, comme celle prononcĂ©e rĂ©cemment en Chine : « Nous avons entre nous une concordance de temps. »

Souhaitons qu’elle ne s’étende pas Ă  l’exercice de la dĂ©mocratie. Pour ĂȘtre rassurĂ©, nous aurions voulu que la question des droits de l’homme fasse l’objet d’une dĂ©claration publique, certes moins confortable, mais plus transparente qu’un dĂ©bat Ă  huis clos, entre les deux PrĂ©sidents, français et chinois.

Le rappel de la rĂ©alitĂ©, n’implique pas d’animositĂ© Ă  l’égard de la Chine. Il convenait seulement de rĂ©tablir la vĂ©ritĂ© qui ne justifie pas d’encenser PĂ©kin et de fustiger Moscou. La mĂȘme volontĂ© de non-ingĂ©rence en Chine, doit prĂ©valoir pour la Russie. Il ne revient pas Ă  la France ou Ă  l’Europe, d’intervenir dans la politique intĂ©rieure de ce pays. C’est aux citoyens russes et Ă  eux seuls de dĂ©cider de leur avenir. Or, ce peuple apparaĂźt majoritairement acquis Ă  celui qui prĂ©side, actuellement, aux destinĂ©es de ce grand pays.

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