Union europĂ©enne. Le gouvernement slovaque, qui a pris la prĂ©sidence tournante de l’Union pour six mois le 1er juillet, a donnĂ© le ton. Son Premier ministre, le populiste Robert Fico, ne veut pas entendre parler de solidaritĂ© en matiĂšre migratoire et rĂ©clame moins de pouvoir pour Bruxelles. Un programme parfaitement alignĂ© sur celui de ses partenaires du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, RĂ©publique tchĂšque).

En froid avec ces gouvernements, la Commission doit aussi composer, sur des sujets trĂšs dĂ©licats, avec les « grands pays », qui n’hĂ©sitent plus Ă  contester sa maniĂšre de fonctionner. Autre pomme de discorde en vue, le CETA, traitĂ© de libre-Ă©change avec le Canada. Jean-Claude Juncker, prĂ©sident de la Commission, est dans la nasse.

AprĂšs sept ans d’une bataille intense Ă  Bruxelles entre Ă©cologistes et industrie de la pĂȘche, un accord europĂ©en vient d’ĂȘtre trouvĂ© pour interdire le chalutage profond dans toutes les eaux europĂ©ennes au-dessous de 800 mĂštres.

Autriche. Suite Ă  l’invalidation du scrutin du 22 mai concernant l’élection prĂ©sidentielle – qui a vu l’élection d’un poil d’un Ă©colo face au candidat nationaliste – les Autrichiens retourneront aux urnes le 2 octobre.

 

L’intĂ©rim Ă  la tĂȘte de l’État sera assurĂ© par la prĂ©sidente du Parlement, la sociale-dĂ©mocrate Doris Bures, ainsi que par ses deux vice-prĂ©sidents : le conservateur     chrĂ©tien Karlheinz Kopf et
 Norbert Hofer, lui-mĂȘme. Il occupe cette fonction protocolaire depuis plusieurs annĂ©es.

Angleterre. Theresa May, candidate Ă  la succession de M. Cameron, a dĂ©clarĂ© qu’elle n’activerait pas la procĂ©dure de divorce avec l’UE avant dĂ©cembre. Et son concurrent, Michael Gove, pas en 2016. Or, les chefs d’État europĂ©ens pressent les Anglais d’en finir au plus vite.

La petite phrase de la reine Elizabeth II, qui, Ă  Belfast, rĂ©pond malicieusement « Well, I am still alive » (« Je suis toujours en vie ») aux politesses du vice-premier ministre nord-irlandais, fait rire jaune. Le Royaume-Uni n’a jamais Ă©tĂ© aussi proche de l’éclatement.

Des milliers de Britanniques ont dĂ©filĂ©, samedi 2 juillet Ă  Londres pour rĂ©clamer l’annulation du processus de sortie de l’Union europĂ©enne. Nombreux sont ceux qui pensent que tant que l’article 50 n’est pas activĂ©, tout demeure possible.

RĂ©sumons la situation politique anglaise : Boris Johnson s’est totalement dĂ©gonflĂ©, Jeremy Corbyn est la caricature du politique de gauche dogmatique qui ne respecte mĂȘme pas les rĂšgles de la dĂ©mocratie, Nigel Farage disparaĂźt de la circulation et maintenant tous les espoirs sont portĂ©s vers la trĂšs conservatrice Theresa May, antieuropĂ©enne mais qui n’a pas fait campagne pour le Brexit. Les Anglais, une fois encore, sauvĂ©s par les femmes ?

 

Les manifestations de xĂ©nophobie se multiplient dans le Royaume-Uni post-Brexit. Dans les quatre jours suivant le scrutin, la police a enregistrĂ© une hausse de 57 % des plaintes pour des dĂ©lits liĂ©s Ă  la haine xĂ©nophobe ou raciale. « Le climat dans les rues n’est pas bon », rĂ©sume Sayeeda Warsi, une lord conservatrice qui avait quittĂ© la campagne du « Leave » en dĂ©nonçant « ses mensonges et sa haine ».

Si le Brexit devait aller jusqu’au bout, la Grande-Bretagne et la City peaufinent leur plan d’attaque. Londres en hub de la finance internationale sans (aucune) contrainte et avec une rĂ©glementation light ou zĂ©ro. Rajoutez Ă  ça une fiscalitĂ© Ă  l’irlandaise ou Ă  la singapourienne. Alors pourquoi dĂ©mĂ©nager Ă  Paris comme le serine une certaine presse.

Suisse. La ville de BĂąle a dĂ©cidĂ© d’instaurer une signalĂ©tique spĂ©ciale pour dĂ©signer les zones autorisĂ©es Ă  la prostitution. Pour « aller aux putes », suivez le guide ! Le goĂ»t des bureaucrates suisses pour la rĂ©glementation. On se croirait en France.

Hongrie. Elle n’a fait que renforcer son dispositif contre les migrants : arsenal lĂ©gislatif durci, centaines de soldats et de policiers, hĂ©licoptĂšres, drones, camĂ©ras thermiques, gaz lacrymogĂšne, chiens pour dĂ©fendre la clĂŽture – l’UNHCR s’alarme d’ailleurs d’un comportement de plus en plus brutal des forces de l’ordre hongroises – mais aussi rĂ©duction des aides Ă  l’intĂ©gration. Ce qui n’empĂȘche pas les chiffres de grimper Ă  la hausse.

Deux facteurs expliquent ce reflux vers la Hongrie. Le premier tient Ă  la fermeture de la route des Balkans, il y a quatre mois. « Les frontiĂšres serbo-croate  et grĂ©co-macĂ©donienne sont bouclĂ©es. La Hongrie prĂ©sente de nouveau un corridor attractif, il est au moins possible d’y demander l’asile et d’espĂ©rer passer de l’autre cĂŽté », affirme un responsable.

 

Autre facteur dĂ©cisif : la Serbie n’accepte plus les renvois Ă  la frontiĂšre de la Hongrie. Ayant qualifiĂ© la Serbie de pays « sĂ»r », Budapest pensait avoir trouvĂ© la parade pour renvoyer « ses » migrants chez le voisin. Cela n’est plus possible.

Allemagne. Selon la chanceliĂšre ce n’est pas l’Otan qui est belliqueux mais bien la Russie suite Ă  son attitude Ă  l’égard de l’Ukraine. Et confirme son engagement dans l’Otan. Toutefois le chef de la diplomatie allemande a publiquement regrettĂ© les exercices militaires « Anaconda » rĂ©alisĂ©s Ă  l’Est par les troupes de l’Otan.

« Ce que nous ne devrions pas faire, c’est de souffler sur les braises avec des cris et des menaces de guerre », a-t-il mis en garde dans une interview Ă  Bild. « Nous ne devons pas retomber dans une vieille confrontation » avec la Russie.

Ukraine. Sur l’ensemble du front du Donbass, Kiev a augmentĂ© l’intensitĂ© de ses bombardements mais c’est dans le secteur nord est de Donetsk que les forces ukrainiennes ont Ă©tĂ© les plus agressives en engageant une percĂ©e dans le secteur de Debaltsevo tenu par la 7e brigade de l’armĂ©e rĂ©publicaine.

De source sûre les Ukrainiens ont été repoussés par les forces républicaines puis se sont repliés au-delà de la ligne de démarcation aprÚs une intervention du Comité de Coordination et de ContrÎle du Cessez-le-feu.

Russie. Pourquoi un pays pacifique comme la Russie, qui n’est pas partie prenante dans le conflit du sud-est de l’Ukraine, est-il visĂ© par un renforcement des capacitĂ©s militaires Ă  sa frontiĂšre occidentale ? Telle est l’interrogation que soulĂšve le Kremlin aux vues des intentions belliqueuses de l’OTAN Ă  son Ă©gard, comme le confirme sa rĂ©union Ă  Varsovie le 8 juillet.

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Philippe Randa,
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