Union européenne. Selon Jean-Claude Juncker, « La Turquie s’éloigne à pas de géant de l’Europe ». Tout en soulignant qu’il entretenait de « bonnes relations » avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, M. Juncker a déclaré qu’il le soupçonnait de vouloir pousser l’Europe « à dire qu’elle veut mettre un terme aux négociations. »

Selon un responsable de Bruxelles, l’incapacité des gouvernements de l’UE à renvoyer chez eux les migrants qui se voient refuser tout séjour constitue le facteur incitatif le plus important pour gagner l’Europe.

Brexit. Alors que le troisième cycle de négociation doit prendre fin, jeudi 31 aoĂ»t à Bruxelles, le seul point de rencontre, à ce stade, entre les deux équipes de négociateurs porte sur la nécessité  de redoubler d’efforts. C’est à propos du chèque de départ que l’incompréhension semble la plus forte. Le spectre d’un Brexit sans accord resurgirait. Un scĂ©nario catastrophe pour les citoyens autant que pour les entreprises.

Pologne. Varsovie est dĂ©cidĂ© Ă  s’opposer Ă  sa volontĂ© de durcir la directive sur les travailleurs dĂ©tachĂ©s (500 000 Polonais concernĂ©s dans l’UE), rĂ©vision pour laquelle Macron plaide depuis trois jours en Autriche, en Roumaine et en Bulgarie.

« Je conseille au prĂ©sident de se concentrer sur les affaires de son pays, grince Beata Szydlo, Premier ministre polonais. Peut-ĂȘtre ses propos arrogants sont-ils dus Ă  son manque d’expĂ©rience. »

De nombreux commentateurs n’ont d’ailleurs pas manquĂ© de souligner que l’argent gagnĂ© par les travailleurs dĂ©tachĂ©s dopait les profits des grandes surfaces françaises, trĂšs implantĂ©es en Pologne.

Russie. SergueĂŻ ChoĂŻgou, ministre de la DĂ©fense, supervisera les manƓuvres des 100 000 militaires dĂ©ployĂ©s sur le terrain, parfois aux frontiĂšres mĂȘmes de la Pologne ou des pays baltes. Loyal jusqu’au bout des ongles, ce trĂšs proche de Vladimir Poutine a Ă©tĂ© nommĂ© Ă  la tĂȘte de l’armĂ©e russe en 2012. Cette dĂ©monstration de force a obligĂ© le patron de l’Otan Ă  se rendre en Pologne pour rassurer l’Europe de l’Est.

Sous la banniĂšre « Occident 2017 », la Russie et la BiĂ©lorussie s’apprĂȘtent en effet Ă  conduire, Ă  partir du 14 septembre, des exercices militaires de grande ampleur aux portes de l’Union europĂ©enne, suscitant la crainte de l’Otan et des voisins immĂ©diats de Moscou, et semant la confusion parmi les chancelleries occidentales. RĂ©ponse aux manƓuvres de l’Otan dans les pays baltes.

Armia 2017, le Salon militaire russe a exposĂ© 11 000 piĂšces sur prĂšs de 600 000 mĂštres carrĂ©s dans la banlieue boisĂ©e de Moscou. « Pour moderniser notre armĂ©e, les Russes ont des technologies fiables et pas trop chĂšres », confie un reprĂ©sentant de la Birmanie qui, entre deux tanks, croise ses collĂšgues d’Asie (Chine, IndonĂ©sie, Mongolie,
).

Pour sa troisiĂšme Ă©dition, Armia 2017 s’est tournĂ© vers les pays Ă©mergents, Ă©largissant sa base commerciale au-delĂ  de clients traditionnels comme l’Inde. Un marchĂ© clef, alors que la Russie est isolĂ©e par les Occidentaux depuis la crise ukrainienne. MĂȘme les pays arabes Ă©taient prĂ©sents.

Belgique. L’État islamique (EI) a revendiquĂ© l’attaque au couteau contre des soldats Ă  Bruxelles, dans un communiquĂ©. L’EI prĂ©cise que « l’opĂ©ration a Ă©tĂ© menĂ©e en rĂ©ponse aux appels Ă  cibler les États de la coalition » internationale antijihadistes opĂ©rant en Syrie et en Irak, dont la Belgique fait partie.

Des centaines de migrants, pour la plupart des Soudanais et ÉrythrĂ©ens espĂ©rant rejoindre le Royaume-Uni, dorment chaque soir dans un parc de Bruxelles, un phĂ©nomĂšne qui a pris de l’ampleur cet Ă©tĂ©, faisant redouter une situation comparable Ă  celle de l’ex-jungle de Calais.

Allemagne. Angela Merkel ne regrette en rien d’avoir ouvert en 2015 les frontiĂšres de l’Allemagne Ă  des centaines de milliers de rĂ©fugiĂ©s et de migrants. Dans une interview Ă  Die Welt, la chanceliĂšre estime ne pas avoir fait d’erreur en accueillant un million de migrants ces deux derniĂšres annĂ©es, mĂȘme si cela a provoquĂ© des dissensions sĂ©rieuses au sein de son camp et a entamĂ© sa popularitĂ©.

Dans un sondage Infratest dimap pour la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision ARD, la politique migratoire arrive en tĂȘte des prioritĂ©s des Ă©lecteurs, dont 12 % jugent que le prochain gouvernement devra d’abord se consacrer Ă  cette question et revoir la dĂ©finition du droit d’asile.

Le parti populiste (AfD) plaide pour un solde migratoire net de « moins de 200 000 » personnes par an et le refoulement des 630 000 Ă©trangers dont la demande d’asile a Ă©tĂ© rejetĂ©e. Il demande par ailleurs une rĂ©forme du droit d’asile et le rĂ©tablissement des contrĂŽles aux frontiĂšres.

Mme Özoguz, secrĂ©taire d’État Ă  l’intĂ©gration et vice-prĂ©sidente du Parti social-dĂ©mocrate (SPD), fille de travailleurs immigrĂ©s turcs, avait dĂ©clarĂ©, en mai, dans le quotidien berlinois Der Tages-Spiegel, qu’« il n’est pas possible d’identifier, au-delĂ  de la langue, une culture allemande spĂ©cifique. »

Alexander Gauland, du parti identitaire AfD, a rĂ©torqué : « C’est une Germano-Turque qui dit cela. Vous n’avez qu’à l’inviter Ă  Eichsfeld et lui dire ce que la culture allemande a de particulier. » Au Frankfurter Allgemeine Zeitung, M. Gaulant a rĂ©pĂ©tĂ© que Mme Özoguz n’a, selon lui, « rien Ă  faire dans ce pays » et qu’elle ferait mieux d’« en chercher un autre ». Un ex-magistrat de la Cour fĂ©dĂ©rale a dĂ©posĂ© plainte contre lui.

Un millier de plaintes « pour haute trahison » ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es contre Angela Merkel par des sympathisants de la droite radicale, a rĂ©vĂ©lĂ© le quotidien rĂ©gional Mannheimer Morgen. Et le parti nationaliste AfD remonte dans les sondages aprĂšs une guerre interne de leadership. Sans retrouver les 15 % atteints il y a un an, le parti peut espĂ©rer jusqu’à 10 % d’intentions de vote, ce qui le placerait en troisiĂšme position derriĂšre la CDU et le SPD.

Italie. Bonne nouvelle, les dĂ©barquements de migrants ont baissĂ© de 68 % ces deux derniers mois, passant de 44 846 arrivĂ©es en 2016 Ă  14 391 en 2017. Pour l’instant, sur un an, la diminution est de prĂšs de 7 %. Le ministre de l’IntĂ©rieur a passĂ© des accords avec le gouvernement d’Al Sarraj et de 14 communautĂ©s locales. But : responsabiliser les Libyens moyennant des aides appropriĂ©es.

Ce qui revient Ă  confier la sous-traitance du dossier des trafiquants aux pays tiers limitrophes sur le modĂšle de l’accord entre Bruxelles et Ankara. Depuis le gouvernement Prodi, tous les exĂ©cutifs italiens, quelle que soit leur couleur politique, ont adoptĂ© cette stratĂ©gie. Elle est cynique, pragmatique et efficace.

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