Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, plusieurs manifestations contre la politique migratoire de la chanceliĂšre Merkel et l’insĂ©curitĂ© ont eu lieu en Allemagne. Leur couverture mĂ©diatique a Ă©tĂ© trĂšs discrĂšte en France. Le traitement par les mĂ©dias a-t-il Ă©tĂ© le mĂȘme en Grande Bretagne ? Nous avons menĂ© l’enquĂȘte.

À partir de 2014, les manifestations organisĂ©es par le mouvement Pegida contre l’arrivĂ©e massive de migrants avaient fait l’objet d’une assez large couverture tant dans le presse française que sur les chaĂźnes de la tĂ©lĂ©vision. Il en va autrement en ce dĂ©but d’annĂ©e, oĂč des agressions commises par des migrants ont dĂ©clenchĂ© des rĂ©actions d’une partie de la population allemande.

Les faits

Parmi les manifestations anti immigration organisĂ©es en Allemagne en ce premier trimestre 2018, on peut citer celle du 3 fĂ©vrier 2018 Ă  Cottbus. Le site DW.com (Deutsch Welle) nous informe que 2 000 manifestants ont dĂ©filĂ© dans la ville aprĂšs deux attaques au couteau commises par des adolescents syriens. Une manifestation pro-migrants a quant Ă  elle rĂ©uni le mĂȘme jour environ 600 personnes.

Le 17 mars, Online.De fait Ă©tat d’une autre manifestation anti migrants Ă  Cottbus rassemblant 2 000 manifestants pour protester une nouvelle fois contre la politique d’immigration de la chanceliĂšre Merkel.

Le 24 mars, le site Epochtime.de relate une manifestation rĂ©unissant 2 500 personnes Ă  Kandel suite au meurtre d’une adolescente de 15 ans par un Afghan. La contre-manifestation organisĂ©e par la gauche est crĂ©ditĂ©e de 600 manifestants.

Le mĂȘme jour, une manifestation contre la politique migratoire du gouvernement est organisĂ©e Ă  Zwickau. Radiozwickau annonce le chiffre de 800 manifestants revendiquĂ©s par les organisateurs.

La couverture française

La manifestation Ă  Cottbus du 3 fĂ©vrier bĂ©nĂ©ficie d’une trĂšs faible couverture mĂ©diatique en France :

Euronews prĂ©sente les deux cortĂšges : la contre-manifestation est mise en avant (3 paragraphes sur 5). Une contre manifestante parle d’ « hystĂ©rie » de la part des manifestants contre l’insĂ©curitĂ© et l’immigration. La conclusion de l’article est consacrĂ©e Ă  l’arrestation de « six membres d’un groupuscule d’extrĂȘme-droite, qui avaient distribuĂ© des gaz lacrymogĂšnes aux habitants de la ville de Cottbus ».

Arte parle de « groupuscules xĂ©nophobes contre des migrants ». Avec un tel titre, le camp lĂ©gitime ne fait plus de doutes. Un sociologue interrogĂ© par la chaine parle d’une manipulation visant Ă  ethniciser la violence. Le journaliste indique cependant que la ville a annoncĂ© suspendre les nouvelles arrivĂ©es de migrants.

Le Monde titre sur « En Allemagne, Cottbus s’échauffe sur les rĂ©fugiĂ©s ». Le dĂ©veloppement est le plus fourni par rapport Ă  l’article et au reportage prĂ©cĂ©dents : « Ces derniĂšres semaines, le climat s’y est fortement dĂ©gradĂ©. Le 1er janvier, des militants d’extrĂȘme droite armĂ©s de poings amĂ©ricains ont attaquĂ© trois Afghans devant un foyer de rĂ©fugiĂ©s. Onze jours plus tard, un couple d’Allemands a Ă©tĂ© agressĂ© au couteau par trois Syriens Ă  l’entrĂ©e d’un centre commercial ». « Depuis, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue, les unes pour rĂ©clamer « la fermeture des frontiĂšres » et dĂ©noncer « l’islamisation de l’Allemagne », les autres pour dĂ©fendre « une sociĂ©tĂ© de toutes les couleurs » et appeler à « vivre sans cĂ©der Ă  la haine ».

La couverture en Grande Bretagne

MĂȘme constat en Grande Bretagne sur la faible couverture de la manifestation du 3 fĂ©vrier Ă  Cottbus, comme des autres qui suivront dans cette ville comme ailleurs.

Yahoo! News reprend la dĂ©pĂȘche de l’agence Reuters : « Des rĂ©fugiĂ©s arabes ont marchĂ© contre la haine dans un ville allemande en proie Ă  des tensions croissantes ». « Des rĂ©fugiĂ©s arabes et des allemands pro migrants ont dĂ©filĂ© Ă  Cottbus samedi pour dĂ©noncer ce qu’ils appellent des tentatives de groupes d’extrĂȘme droite pour attiser les tensions aprĂšs deux attaques au couteau par des adolescents syriens ». La manifestation contre la politique migratoire du gouvernement et l’insĂ©curitĂ© n’est Ă©voquĂ©e que dans la seconde partie de l’article.

Sputniknews UK titre son article sur « L’Allemagne montre une “grand potentiel de violence” contre les rĂ©fugiĂ©s ». « Une manifestation contre les migrants a eu lieu dans la ville allemande de Cottbus suite Ă  deux agressions contre des habitants, celles-ci ayant probablement pour auteurs des rĂ©fugiĂ©s syriens. Sputnik s’est entretenu avec des Ă©lus locaux (d’oĂč le titre de l’article) ».

Press TV rĂ©sume les Ă©vĂ©nements : « Des groupes d’extrĂȘme droite et des manifestants favorables aux rĂ©fugiĂ©s ont manifestĂ© dans la petite ville allemande. Une ville oĂč le sentiment anti rĂ©fugiĂ© a beaucoup augmentĂ© et oĂč une manifestation et une contre-manifestation ont eu lieu pour tĂ©moigner soutien et opposition Ă  la politique migratoire du gouvernement ».

Le site Breitbart titre « Environ 2 000 allemands manifestent contre l’immigration de masse dans une ville qui fait face Ă  une vague d’agressions de la part de migrants ». « La manifestation a rĂ©uni 2 000 participants (
) selon Deutsche Welle. Parmi les manifestants, Monsieur tout le monde, des jeunes et des vieux, ainsi que des militants de droite. »

Exhaustivité

La palme de l’exhaustivitĂ© dans la couverture des manifestations revient à
 Fdesouche. L’agrĂ©gateur de contenu a en effet publiĂ© des articles des mĂ©dias allemands (DW.com, Online.De, Epochtime.de ) au sujet des manifestations, quand parfois aucun mĂ©dia français et anglais ne relatait les Ă©vĂ©nements. Alors que le black-out est total dans de nombreux mĂ©dias français et anglais, Le Monde a consacrĂ© deux articles assez fournis aux manifestations à Cottbus et à Kandel. Globalement, on est loin de la couverture des manifestations du mouvement Pegida des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.

Légitimité / disqualification

Pour la grande majoritĂ© des mĂ©dias qui ont couvert ces manifestations, la proximitĂ© spatiale (dans les manifestations) ou temporelle des « groupuscules d’extrĂȘme droite » aux manifestants est un Ă©lĂ©ment clef. Elle semble ĂȘtre utilisĂ©e comme une machine Ă  disqualifier les motifs Ă  manifester. La distribution de gaz lacrymogĂšnes par des militants d’extrĂȘme droite, l’agression de migrants dans un foyer Ă  Cottbus sont parfois associĂ©s Ă  la relation des manifestations Ă  Cottbus. La palme revient à Arte dont le reportage vise Ă  minimiser des problĂšmes de dĂ©linquance liĂ©s aux migrants.

Contextualisation

Le Monde donne bien un Ă©lĂ©ment de contexte : « L’attaque de militants d’extrĂȘme droite armĂ©s de poings amĂ©ricains de trois Afghans devant un foyer de rĂ©fugiĂ©s ». Euronews évoque la distribution par « un groupuscule d’extrĂȘme-droite (de) gaz lacrymogĂšnes aux habitants de la ville de Cottbus ». Il en rĂ©sulte que l’on ne sait plus trĂšs bien quel est l’élĂ©ment dĂ©clencheur des manifestations : l’activisme de groupuscules ou la violence d’étrangers.

Plus globalement, en avril 2017, le journal allemand Die Zeit attribuait l’augmentation de la criminalitĂ© violente en Allemagne essentiellement aux dĂ©lits commis par les migrants. Une Ă©tude corroborĂ©e par une Ă©tude d’experts commandĂ©e par le ministĂšre allemand de la Famille prĂ©sentĂ©e en janvier 2018 par le site Atlantico. La rĂ©cente loi allemande sur les mĂ©dias ne devrait pas inciter les journalistes allemands Ă  rappeler cet Ă©lĂ©ment de contexte Ă  prendre en compte dans la comprĂ©hension des manifestations


Article paru sur le site de l’OJIM.

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