Samedi 17 juin Ă  Paris (1 rue Maryse BastiĂ©, Paris 13) se dĂ©roulera une session intitulĂ©e « Une autre Europe est impĂ©rative ». Une journĂ©e organisĂ©e et prĂ©sentĂ©e par Gabriele Adinolfi, le plus Français des Italiens, militant nationaliste rĂ©volutionnaire historique qui reviendra notamment sur « l’avant garde en Europe ». (voir ici)

Gabriele Adinolfi a accepté de répondre à nos questions sur cette journée.

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Breizh-info.com : Vous organisez un colloque ce samedi 17 juin, pouvez-vous nous en présenter les grandes lignes ?

Gabriele Adinolfi : Samedi plutĂŽt qu’un colloque j’organise la communication au public de l’état de travaux que moi et d’autres personnes avons entrepris depuis un an et demi dans divers pays d’Europe.

Nous agissons dans les domaines culturel, Ă©conomique, politique et social, en structurant ce qu’on peut bien appeler un Conseil d’action et de la pensĂ©e (un Soviet si on veut sourire un peu).

Pour l’instant nous avons structurĂ© un rĂ©seau de centre d’études et de maisons d’édition dans des pays divers (Italie, France, Espagne, Portugal, Belgique etc) qui a donnĂ© naissance Ă  un Centre Etudes basĂ© Ă  Bruxelles, “EurHope”, qui actuellement a une rĂ©daction en 19 langues.

L’action a Ă©tĂ© reprise aussi Ă  l’est et surtout en Amerique Latine, oĂč d’autres centres d’études, revues, publications et mĂ©dias se sont mis en relation active avec nous. Un objectif commun sera la crĂ©ation des Etats GĂ©nĂ©raux pour l’actualisation de l’action, de la pensĂ©e et du langage.

Autour de ce rĂ©seau nous avons crĂ©Ă© une Ă©cole de formation politique (matiĂšres: communication, technologie, sociologie du pouvoir) qui existe en plusieurs langues. Cela nous a permis aussi de nouer des relations politiques assez importantes, de rĂ©aliser des connexions entre des partis de peuples divers qui trouvent souvent une certaine difficultĂ© Ă  nouer des relations entre eux. Il suffit de considĂ©rer que les partis d’une mĂȘme famille de pensĂ©e Ă  Bruxelles sont divisĂ©s en trois regroupements distincts et que nous avons rĂ©ussi Ă  les faire travailler ensemble en plusieurs occasions et on leur a parfois fourni des contacts importants Ă  divers niveau (institutionnel, journalistique etc).

Dans le mĂȘme temps, nous avons tissĂ© des relations internationales dans une logique Ă  la fois Ă©conomique et gĂ©opolitique au plus haut niveau dans les autres continents.

Nous avons aussi commencĂ© Ă  agir dans une perspective corporatiste dans ce qu’on appelle le stakeholders Ă  Frankfurt, et seule la mentalitĂ© trop individualiste des paysans nous a empĂȘchĂ©s de mettre Bruxelles sous la pression conjointe de la France, de l’Italie et de la GrĂšce.

Il s’agit dans ces cas specifiques (stakeholders et agriculteurs) d’actions purement politiques auxquelles il faut en ajouter d’autres, ponctuelles, telle celle que nous menons aujourd’hui contre l’introduction en Italie du Droit du Sol.

Tout ceci est en place et en Ă©volution permanente. Cela s’accompagne aussi de moments d’unitĂ© et de formation par ce que j’ai nommĂ© les Lansquenets (randonnĂ©es Ă  pied ou Ă  cheval etc).

Il s’agit donc non pas d’un colloque mais du rĂ©cit d’un projet qui veut Ă©quiper une famille de pensĂ©e d’un centre nĂ©vralgique.

J’ai du limiter les invitĂ©s et donc les choisir surtout en fonction de la langue. En regardant la liste des intervenants de la GrĂšce, de l’Italie, de la Belgique il est trĂšs aisĂ© de comprendre que ceux qui viendront sont des personnages politiques, pas des intellectuels en quĂȘte d’images.

Ce colloque aura lieu dans une salle de l’hĂŽtel Lodge In, 1 rue Maryse BastiĂ©, mĂ©tro Porte d’Ivry, de 14h Ă  18h le samedi 17 juin.

Breizh-info.com : Quelles analyses faites vous des élections législatives au R-U et en France ?

Gabriele Adinolfi : Les anglais sont prisonniers de leur ambiguĂŻtĂ© historique vis-Ă -vis du continent. Il veulent en faire partie tout en restant dehors et vice-versa. Ils vont chercher une issue sur mesure mais dans l’attente ils ne peuvent pas trancher.

En France le systĂšme de pouvoir est en pleine offensive, ce qui pour l’instant lui a rĂ©ussi: Macron s’est imposĂ© et a fascinĂ©.

De l’autre cĂŽtĂ© la moitiĂ© des français, qui se sentent rĂ©voltĂ©s, est déçue et en grande partie s’abstient de voter.

Breizh-info.com : Une autre Europe est donc selon vous possible, vraiment ? Comment unir les EuropĂ©ens , mĂ©fiants Ă  l’égard des institutions europĂ©ennes ?

Gabriele Adinolfi : Je crois qu’il faut ĂȘtre clair. Nous avons l’habitude de regarder le pouvoir et la politique du dehors (c’est un vieux rĂ©flexe de ghetto). Pourtant pouvoir, politique, sociĂ©tĂ©, Ă©conomie et technologie s’ entrelacent et se conditionnent mutuellement.

Notre regard est celui que nous lançons depuis le trottoir du pub oĂč nous refaisons tous les soirs le monde autour d’une biĂšre.

Or c’est un regard biaisĂ© et schizophrĂšne selon lequel il existerait un systĂšme institutionnel qui serait Ă©tranger, indĂ©pendant du reste, et purement et simplement remplaçable par quelque chose d’autre, par le biais d’une Ă©lection qui mettrait hors jeu celui que nous dĂ©crivons par ailleurs comme le banquier franc-maçon tout-puissant.

Mise Ă  part que si cela Ă©tait le cas je ne vois pas comment on pourrait rĂȘver qu’il quitte sa place sans avoir d’abord perdu son pouvoir ; nous commettons une erreur grossiĂšre.

C’est justement en agissant sur les rapports de force, sur les dynamiques, avec une stratĂ©gie et un mĂ©thodologie, qu’on se bat. On le fait dans le sens de l’histoire, en lui changeant le signe et les symboles. Le consensus Ă©lectoral est fondamental mais il va avec, il ne peut pas prendre la place.

Il ne reste que les gens de la droite nationale Ă  croire encore dans l’imaginaire dĂ©mocratique sans comprendre que cette enveloppe couvre un pouvoir rĂ©el qu’on ne peut attaquer que par des pouvoirs rĂ©els.

Il s’agit donc d’attaquer ce pouvoir rĂ©el, Ă  la pĂ©riphĂ©rie comme au coeur, par la crĂ©ation d’autres pouvoirs rĂ©els qui sont l’expression de l’organisation des forces productrices et de fortes individualitĂ©s.

C’est cela qu’il faut faire plutĂŽt que de critiquer en permanence Bruxelles, qui n’est pas la cause mais la consĂ©quence des pouvoirs et des cultures dominantes.

La question n’est enfin pas de savoir comment unifier les europĂ©ens qui, que l’on veuille ou non ne sont pas si eurosceptiques qu’on le dit, mais comment les protĂ©ger de leur extinction et comment les rendre forts et puissants plutĂŽt que soumis Ă  une invasion horizontale et verticale.

La question n’est donc pas quel imaginaire abstrait opposer aux institutions europĂ©ennes et nationales (parce que l’Union EuropĂ©enne est bien le fruit de l’actuel compromis entre nos classes dirigeantes locales) mais comment livrer bataille et changer les rapports de force.

Breizh-info.com : Les Pays de l’Est de l’Europe semblent se heurter au mur de l’Europe de l’Ouest. Est-ce que le vent peut tourner ?

Gabriele Adinolfi : C’est bien que certains pays de l’Est s’engagent sur les fronts de l’immigration et des moeurs. Cela peut contribuer Ă  produire un Ă©quilibre Ă  venir. Mais n’oubliez pas, que l’Ouest c’est aussi vous, moi, Dominique Venner et l’Aube DorĂ©e, et que l’Est ce sont aussi Soros et Abramovich. Ces deux mondes sont complexes et en devenir, il ne faut pas trop exagĂ©rer avec les schĂ©mas.

Ceci dit, si Visegrad est l’AntithĂšse de Bruxelles, c’est trĂšs bien, surtout dans l’optique d’obtenir une synthĂšse, cette grande dĂ©couverte politique de Mussolini.

Il ne faut pas jouer les supporters de foot entre deux Ă©quipes mais regarder toujours avant en capitalisant tout ce qu’il faut capitaliser pour tout changer dans le sens que nous voulons. C’est la mentalitĂ© rĂ©volutionnaire qui le demande.

Breizh-info.com : Comment analysez vous l’échec du Front national en France ?

Gabriele Adinolfi : Aux lĂ©gislatives? Par la dĂ©ception de l’électorat face Ă  la grande affirmation du pouvoir renouvelĂ© et par la dĂ©couverte, consciente ou inconsciente, du fait que renverser un systĂšme par une Ă©lection et sans y avoir travaillĂ© dans tous les domaines, jour aprĂšs jour, pendant des annĂ©es, est impossible.

Si par contre vous me demandez pour la prĂ©sidentielle, il y a eu effectivement certaines erreurs de fond, dont la principale Ă  mon avis a Ă©tĂ© l’abandon de toute radicalitĂ© troquĂ©e pour un extrĂ©misme amateur qui s’est perdu dans le dĂ©bat sur l’Euro. Mais tout cela n’a pas Ă©tĂ© si dĂ©terminant que l’on croit, mĂȘme le dĂ©bat qui a vu succomber Marine face Ă  Macron n’a comptĂ© que pour quelques points en pourcentage.

A mon avis le Front, comme presque tous les partis politiques de la famille “nationale”, subit l’absence d’une stratĂ©gie et des structures nĂ©cessaires Ă  la fournir. Ce qui est exactement ce Ă  quoi je travaille. Les partis de la droite nationale sont trop tactiques ou vouĂ©s Ă  l’improvisation, ce qui les rend trĂšs vulnĂ©rables aux victoires manquĂ©es.

Ceci dit et retenu, on ne peut pas vraiment parler d’échec quand il s’agit de presque onze milions de personnes qui ont « mal votĂ© » si l’on se place du cĂŽtĂ© du nouveau pensionnaire de l’ElysĂ©e. MĂȘme en pleine dĂ©ception, la “dĂ©bĂącle” a rĂ©uni trois millions d’électeurs. J’estime qu’il faut ĂȘtre humble et constructif dans la critique, autrement on tombe dans le grotesque et dans l’ingrat.

Breizh-info.com : Et quelle est la situation actuellement en Italie, en premiĂšre ligne de l’immigration qui ne tarit pas ? Comment rĂ©agissent les pouvoirs publics ? Et le peuple ?

Gabriele Adinolfi : En Italie le “populisme” de droite a Ă©chouĂ© en gouvernant trĂšs mal et il a cĂ©dĂ© la place Ă  la gauche modĂ©rĂ©e qui s’enrichit par les associations et, en particulier, par les fonds pour les immigrĂ©s. Nous assistons aujourd’hui Ă  un paradoxe qui mĂ©rite rĂ©flexion. L’Italie impose son “souverainisme” pour submerger l’Europe d’immigrĂ©s et c’est Bruxelles qui essaye de la contenir.

Comment rĂ©agit le peuple? En s’amusant sur facebook, instagram et tweeter.

Le peuple rĂ©agit seulement s’il existe une avant-garde et lĂ  nous revenons Ă  la case dĂ©part qui Ă©tait celle de mon meeting de samedi Ă  Paris. Non parce que je prĂ©tend ĂȘtre cette avant-garde mais parce que ce que je prĂ©sente constitue un chantier en action vers ce but.

Propos recueillis par Yann Vallerie de Breizh-info.com | Source

Retrouvez Gabriele Adinolfi dans l’Ă©mission « SynthĂšse », sur Radio LibertĂ©s (cliquez ici)

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