par Francis Bergeron

Theresa May travaille sur un plan B pour un retrait de l’Union europĂ©enne acceptable par une majoritĂ© de Britanniques. Mais l’exercice est difficile, et contrairement Ă  ce que l’on nous a serinĂ©, les difficultĂ©s sont aussi – et peut-ĂȘtre d’abord – pour les pays qui restent dans l’Europe, singuliĂšrement pour la France.

Depuis le vote des Britanniques pour une sortie de l’UE, il nous a bien Ă©tĂ© expliquĂ© que la perfide Albion allait souffrir, que les siĂšges des grands groupes internationaux quitteraient Londres en masse et que la France serait d’ailleurs l’un des pays qui bĂ©nĂ©ficieraient de ces transferts. Des dizaines de milliers d’emplois seraient crĂ©Ă©s ou du moins localisĂ©s dans l’Hexagone. Ce serait une bonne nouvelle pour l’emploi, la consommation, la croissance. DĂ©jĂ  des banques se renseignaient, pour installer leurs siĂšges du cĂŽtĂ© des Champs-ElysĂ©es ou de l’avenue Foch.

Pourtant le « Brexit dur » qui s’annonce, et qui pourrait entrer en vigueur dĂšs le 31 mars, semble poser davantage de problĂšmes aux pays europĂ©ens qu’au Royaume-Uni. D’un cĂŽtĂ© (Royaume-Uni) nous avons une majoritĂ© qui dĂ©savoue Theresa May parce qu’elle fait trop de concessions Ă  l’ex-partenaire europĂ©en, et nous avons une opposition (travailliste) dont les dĂ©putĂ©s sont devenus majoritairement anti-Brexit, mais qui ont peur de s’afficher contre le Brexit, car ils risquent de perdent des pans entiers de leur Ă©lectorat. La rĂ©alitĂ©, c’est que les Britanniques veulent le Brexit, et ils le veulent at all costs. Inutile de leur parler de risque de rĂ©cession, de chĂŽmage, de baisse de la Bourse. Ils veulent qu’on rĂ©tablisse les frontiĂšres, ils veulent conserver leur souverainetĂ©, contrĂŽler comme ils l’entendent l’immigration. Qui leur jetterait la pierre ?

Un divorce peu amiable

De l’autre nous avons un gouvernement français qui se met en alerte rouge, et annonce cinq mesures d’urgence, au cas oĂč l’on en resterait au « Brexit dur », Ă  un divorce peu amiable.

Bien sĂ»r il y a la possibilitĂ© (il ne faut pas exclure une dĂ©cision en ce sens) de prolonger d’un commun accord le dĂ©lai de rĂ©flexion, dans la limite de deux ans, pour permettre Ă  Theresa May de peaufiner un plan C. Mais on sait dĂ©jĂ  que ce plan C serait acceptĂ© par l’Union europĂ©enne Ă  condition que les Britanniques s’engagent Ă  lancer un nouveau rĂ©fĂ©rendum. Ce qui n’a pas de sens.

De l’autre cĂŽtĂ© nous avons cette fĂ©brilitĂ© qui saisit soudain le gouvernement français. Les mesures d’urgence sont annoncĂ©es, en cas de maintien d’un « Brexit dur » avec effet au 31 mars, ce qui semble bien parti. Edouard Philippe prĂ©voit un investissement de 50 millions d’euros pour rĂ©tablir des douanes. Et cinq ordonnances vont ĂȘtre prises au plus vite, puisque nous sommes Ă  72 jours de l’échĂ©ance.

Pour l’essentiel, ces ordonnances ont pour but de nous permettre de fonctionner normalement avec le Royaume-Uni dans les mois qui suivront :

  • les Britanniques pourront continuer Ă  habiter en France sans permis de sĂ©jour ;
  • des infrastructures vont ĂȘtre rĂ©alisĂ©es pour rĂ©tablir une frontiĂšre ;
  • les entreprises travaillant en Grande-Bretagne pourront continuer Ă  transporter leurs marchandises en France par camion ;
  • les transferts de matĂ©riels de dĂ©fense pourront se poursuivre aprĂšs le 31 mars ;
  • il en sera de mĂȘme concernant les activitĂ©s financiĂšres en matiĂšre d’assurance.

Le gouvernement britannique ayant rĂ©affirmĂ© sa volontĂ© de retrouver trĂšs vite sa pleine souverainetĂ© pour conclure des accords commerciaux internationaux, le Royaume-Uni ne restera donc pas dans l’union douaniĂšre europĂ©enne, ce qui aurait pu ĂȘtre un compromis.

Le plan B de Theresa May va ĂȘtre soumis aux parlementaires britanniques le 29 janvier. Mais il risque ne pas emporter davantage l’adhĂ©sion des Britanniques, car ceux-ci semblent dĂ©cidĂ©s Ă  ne revenir en aucun cas en arriĂšre.

Article paru dans les colonnes du quotidien Présent.

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A propos de l'auteur

Philippe Randa

Directeur du site EuroLibertĂ©s. Ancien auditeur de l’Institut des Hautes Études de DĂ©fense Nationale, chroniqueur politique, Ă©diteur (Ă©ditions Dualpha, DĂ©terna et L'Æncre) et auteur de plus d’une centaine de livres. SociĂ©taire de l’émission « Bistrot LibertĂ© » sur TVLibertĂ©s, il co-anime avec Roland HĂ©lie l'Ă©mission « SynthĂšse » sur Radio LibertĂ©s tous les jeudi. Ses chroniques politiques sont publiĂ©es chaque annĂ©e en recueil sous le titre : « Chroniques barbares ».

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