La nouvelle agriculture « agro-Ă©cologique » signe-t-elle la fin de l’agriculture industrielle ?

En tout cas, c’est ce qu’avance Madame Hillal Elver, juriste de nationalitĂ© turque, rapporteur(e) spĂ©cial(e) sur le droit Ă  l’alimentation de l’ONU. Elle s’insurge contre les consĂ©quences catastrophiques des pesticides sur les animaux, la nature et l’ĂȘtre humain.

Et pourtant ce dĂ©bat est dĂ©jĂ  vieux de 30 ans lorsque Madame Brundtland donnait la dĂ©finition du dĂ©veloppement durable dans son rapport. C’est ainsi que Madame Elver dira : « Être tributaire de pesticides dangereux est une solution Ă  court terme qui porte atteinte au droit Ă  une alimentation suffisante et au droit Ă  la santĂ© des gĂ©nĂ©rations actuelles et des gĂ©nĂ©rations futures. »

Donc, n’hypothĂ©quons pas la santĂ© des gĂ©nĂ©rations futures au profit d’une Ă©conomie productiviste qui ne fait qu’appauvrir les sols !

La santĂ© humaine et l’environnement sont en danger. 200 000 personnes meurent chaque annĂ©e d’intoxication dans nos pays de grande consommation. Les maladies se dĂ©veloppent : parkinson, alzheimer ou encore les troubles hormonaux. Et les États ne bougent pas


Le principe de prĂ©caution s’appliquerait-il dĂšs maintenant ? Il semblerait que oui car la DĂ©claration universelle des droits de l’homme subodore le droit de chacun Ă  vivre dans un environnement sain (principe d’ailleurs rĂ©affirmĂ© dans notre charte constitutionnelle pour l’environnement). Ce principe de prĂ©caution considĂšre que le droit Ă  une nourriture saine s’applique dĂšs aujourd’hui
 pour demain, dixit l’ONU.

Les diverses pollutions dĂ©stabilisent les Ă©cosystĂšmes et les rendements s’effondrent. Il faut donc conclure que ceci va forcĂ©ment lĂ©ser nos gĂ©nĂ©rations futures.

Il faudra revoir la maniĂšre dont les comptables et les responsables de ces agissements (les industriels du pesticide !) vont ĂȘtre poursuivis ! Et plus particuliĂšrement pour les pesticides qui sont hors champ rĂ©glementaire, car ce qui est interdit chez nous se retrouve souvent dans les pays en voie de dĂ©veloppement (non rĂ©glementĂ©s) et nous retrouvons tout ceci dans nos assiettes !

Les adeptes du productivisme se verront contrariĂ©s par le fait que le problĂšme de la famine ne pourra se rĂ©gler Ă  coups de pesticides ! Ils s’opposeront aux soutiens d’une nouvelle « agroculture-Ă©cologique ».

« Réglementer ne suffit plus », concluait Madame Elver.

En France, le ministre de la transition Ă©cologique et solidaire, Nicolas Hulot, s’engageait sur quatre dĂ©fis durant les Ă©tats gĂ©nĂ©raux de l’alimentation qui furent lancĂ©s le 20 juillet. Les agriculteurs, dont une bonne moitiĂ© gagne environ 300 euros par mois attendent en effet beaucoup sur la redistribution des 5 milliards d’euros promis lors de la campagne d’Emmanuel Macron pour l’aide Ă  la modernisation de l’agriculture.

Le premier des quatre dĂ©fis, pour rester en cohĂ©rence avec l’ONU, est de rĂ©duire l’utilisation des pesticides en France de 30 % sans modifier les rendements. L’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) dit avoir des solutions.

Viennent ensuite la lutte contre le gaspillage (30 % de ce que nous vendons dans le monde ne sont pas consommĂ©s), pour l’amĂ©lioration de la qualitĂ© des eaux, des sols et de l’air, l’empreinte climatique (avec la rĂ©duction des gaz Ă  effet de serre du secteur agricole), puis la pollinisation.

Vous pouvez donner votre avis et participer car un nouveau site internet est Ă  votre disposition. Une partie de vos propositions seront reprises dans « l’agenda des solutions » que le ministre de l’agriculture (eh oui ! Le fameux qui s’opposait Ă  Nicolas !) StĂ©phane Travert a annoncĂ© pour la fin de l’annĂ©e.

Pour consulter ce site : www.egalimentation.gouv.fr

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