En France, et surtout dans les milieux de droite, identitaires ou pas, nombreux sont ceux Ă  s’ĂȘtre rĂ©jouis de l’élection de Donald Trump. Pour souvent de bonnes raisons, de plus mauvaises, parfois, fondĂ©es sur des renvois massifs d’immigrĂ©s plus ou moins clandestins ou de remise Ă  l’honneur d’une « identitĂ© amĂ©ricaine » dont les contours flous demandent encore Ă  ĂȘtre dĂ©finis.

Plus sĂ©rieusement, Jean-Michel Quatrepoint, ancien journaliste du Monde, de La Tribune et du Nouvel Ă©conomiste, analyse cette situation inĂ©dite, Ă  l’occasion d’un entretien accordĂ© Ă  nos confrĂšres du Figarovox. En 2008, il publiait un essai alors passĂ© Ă  peu prĂšs inaperçu, intitulĂ© La crise globale et de la sorte sous-titrĂ©, « On n’en finit pas d’achever les classes moyennes et d’enrichir les Ă©lites ». Globalement, et globalisation mondialisĂ©e oblige, tout est Ă  peu prĂšs dit


À condition, toutefois, d’expliciter le phĂ©nomĂšne en y voyant autre chose que conspirations brumeuses et complots d’arriĂšre-cour. De fait, Jean-Michel Quatrepoint rĂ©sume assez bien l’affaire en ces quelques lignes : « La dĂ©sindustrialisation aux États-Unis, mais aussi au Royaume-Uni et en France est la consĂ©quence directe des dĂ©localisations massives, notamment en Chine, et de cette alliance contre nature nouĂ©e Ă  la fin des annĂ©es quatre-vingt entre Wall Street, Walmart [Ă©quivalent amĂ©ricain du Carrefour français. NDLR] et le Parti communiste chinois. On a voulu faire croire et on a voulu nous faire croire que le libre-Ă©change Ă©tait gagnant pour tout le monde. Il ne l’était pas. »

Pour qui l’était-il, alors ? À celui de « cette petite fraction d’élite mondialisĂ©e des pays occidentaux et surtout au profit des multinationales, de la finance, des marchĂ©s. Bref, de tous ceux qui pouvaient profiter au maximum des flux commerciaux et financiers ». Et aux dĂ©pens de qui ? Des autres, c’est-Ă -dire d’une large majoritĂ© de la population planĂ©taire : « On ne s’est pas occupĂ© des perdants, toujours trĂšs nombreux dans le Tiers-Monde et de ces bataillons de classes moyennes paupĂ©risĂ©es en Occident. Ce sont eux qui se rĂ©veillent aujourd’hui, en utilisant le moyen pacifique qu’ils ont encore : le bulletin de vote. »

Nous y voilĂ . Trop de rĂ©gulation a peut-ĂȘtre naguĂšre menacĂ© l’indispensable commerce entre les nations. Mais une dĂ©rĂ©gulation sans garde-fou est aussi en train de tuer ce mĂȘme commerce. La France, qui a souvent quelques trains de retards sur ces questions, se retrouve dĂ©sormais avec un potentiel PrĂ©sident – François Fillon – qui tente de se refaire la cerise avec un programme libĂ©ral reagano-thatchĂ©rien, lequel remonte au dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt du siĂšcle dernier. Le tout mĂątinĂ© de conservatisme sociĂ©tal. Main invisible du marché ? Oui, peut-ĂȘtre, mais dans la culotte de Jeanne d’Arc. Tout cela est-il vraiment sĂ©rieux ? Il est Ă  craindre que non.

Quitte Ă  espĂ©rer que d’autres candidats Ă  la magistrature suprĂȘme aient une vision plus claire des enjeux Ă  venir.

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